110 kilomètres de sable et de chaleur

Julien Daucourt (2e depuis la gauche), en plein effort! © HMDS Fuerteventura
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BURE Septembre 2019. Julien Daucourt vient tout juste de boucler, avec les honneurs, une course qui ferait froid dans le dos à presque n’importe qui: le Semi Marathon des Sables de Fuerteventura. Mais au-delà de la souffrance et de l’effort, Julien Daucourt a vécu ce qu’il dit être la plus belle et incroyable expérience sportive de sa vie. Rencontre!

Là où certains auraient les jambes qui grincent de douleur, Julien Daucourt a les yeux qui brillent de bonheur. Et là où beaucoup auraient renoncé, le coureur de Bure a découvert le truc qui le fait vibrer. «J’ai vécu quelque chose d’incroyable. À une autre époque, on dirait que j’ai vu la Vierge, rigole l’intéressé. Non mais, sérieusement, c’était dingue! À tous points de vue.» Ce truc de dingue que vient de vivre Julien Daucourt, c’est le Semi Marathon des Sables de Fuerteventura. Une course de 110 kilomètres en trois étapes, en autonomie quasi-complète et, pour pimenter encore un peu plus les choses, sous un soleil de plomb. Une épreuve de classe internationale, réservée aux coureuses et aux coureurs aguerris, qui n’épargne ni le corps, ni l’esprit.

Titiller les limites

Traileur accompli, accro aux longues distances et aux dénivelés vertigineux, Julien Daucourt s’est lancé dans cette aventure sportive de manière plutôt naturelle et réfléchie. «J’en avais pas mal discuté avec un ami qui l’avait faite. Pour moi, c’était une suite logique dans mon parcours de coureur et cela colle assez bien à l’idée que je me fais de la course à pied.» Car pour Julien Daucourt, et sans jugement aucun pour le reste du peloton, chausser les baskets n’est pas quelque chose que l’on fait le dimanche matin pour s’aérer ou pour évacuer le gras excédentaire accumulé la veille au soir. «Je me rends compte que ça peut faire peur, mais  j’aime bien aller le plus loin possible, tenter de me dépasser, trouver de nouveaux challenges, titiller mes limites.»

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Une tente et cinq litres d’eau

Après, il faut quand même dire ce qui est: les trois jours de course et les 110 kilomètres, dont une majorité dans le sable et sur des chemins traîtres et caillouteux, n’ont pas été de tout repos pour l’Ajoulot. «La course et la gestion de l’effort sur un tel parcours, c’est déjà un gros morceau», concède Julien Daucourt, avant de poursuivre: «Mais le fait d’évoluer en autonomie quasi totale, ça c’était nouveau pour moi.» Pour faire court, durant la course, le Buret n’a eu droit qu’à une tente et cinq litres d’eau par jour. Point barre. Le reste, soit ses vêtements, sa nourriture et ses effets personnels, il a dû les porter sur son dos. «J’avais un sac d’environ 9 kilos (soit 15% de son poids total, ndlr). Mais, maintenant que c’est derrière, j’aurais pu partir avec moins. Au final, j’ai distribué pas mal de nourriture à d’autres concurrents qui étaient partis avec moins. Mais gérer son effort et ce qu’il faut pour pouvoir le fournir, c’était vraiment un gros, gros challenge.»

Une vraie claque

Avant le départ, en bon compétiteur qui se respecte, Julien Daucourt s’était dit que finir la course serait déjà pas mal. Petit à petit, un kilomètre après l’autre, son objectif s’est affiné gentiment mais sûrement pour le mener à la 49e position, sur 450 coureurs au départ. «Je m’étais dit qu’un top 100 serait la grande classe. Là, je suis vraiment heureux!» Au-delà de la performance sportive, physique et mentale et des «paysages incroyables dans lesquels on a évolué», Julien Daucourt a pris une véritable claque lors de ce Semi Marathon des Sables. «Je le redis, c’était incroyable. Je suis tellement enthousiaste que j’ai envie de convaincre toutes les coureuses et tous les coureurs que je connais de tenter ce genre d’aventure», s’enflamme le membre du comité des courses du Mont-Terrible.

C’est donc sans surprise qu’il poursuivra en 2020 son chemin de traileur: «Je vais faire mon premier ultra à Verbier début juillet, soit 120 kilomètres avec environ 8000 mètres de dénivelé positif», note Julien Daucourt, avant d’ajouter, avec toujours autant de passion dans la voix: «Et j’ai plein d’autres projets! Le GR20 en Corse ou, pourquoi pas, le véritable Marathon des Sables au Sahara…»

Sébastien Fasnacht

Article paru dans notre édition abonnés n° 515 du 3 octobre 2019

En 2021, l’appétit de course de Julien Daucourt est intact, mais une dimension supplémentaires s’est ajoutée au sport proprement dit. Découvrez laquelle et pourquoi dans notre édition abonnés n° 587 du 1er avril 2021.

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