A la mouche ou au lancer, la pêche s’apprend au fil de l’eau

À l'école de pêche de la FCPJ, on apprend directement sur le terrain. © Christian Theuvenat

DISTRICT Quel rapport y a-t-il entre une mouche, un rapala ou un streamer? Quelle différence y a-t-il entre la pêche à la mouche ou au lancer, en rivière ou en étang? Autant de questions qui seront abordées la semaine prochaine dans le cadre de l’école de pêche de la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens (FCPJ).

Il est fini le temps où il suffisait de tremper son hameçon dans l’eau pour ramener du poisson. Aujourd’hui, il faut faire preuve de technique, mais surtout de ténacité pour ferrer une truite ou un brochet. «Depuis une quinzaine d’années, les populations de poissons diminuent, constate Christian Theuvenat, responsable de la formation à la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens (FCPJ). Les pêcheurs de l’ancienne génération ont été un peu dégoûtés et ont arrêté de pêcher. On se retrouve aujourd’hui avec des jeunes qui aimeraient pêcher, mais qui n’ont pas forcément d’accompagnants dans leur entourage.» C’est pour cela que la FCPJ a lancé il y a quelques années son école de pêche dont l’édition 2018 se déroulera du 16 au 20 juillet. Ouverte aux enfants de 10 à 16 ans, cette semaine d’initiation – gratuite et qui se compose en fait de cinq matinées sur le terrain -, permet aux participants de découvrir les différentes techniques, le matériel, les réglementations, mais aussi le fonctionnement de la nature et le mode de vie des poissons.

Deux jeunes passionnés

Jules Theuvenat et Loïc Strahm, respectivement 12 et 13 ans, sont des amoureux de la pêche. Tous les deux ont déjà participé à l’école de la FCPJ. Le premier, qui n’est autre que le fils du formateur précité, taquine le poisson depuis sa plus tendre enfance. «Petit déjà, nous allions à l’Allaine», se souvient-il. Parmi les multiples types de pêches, c’est la mouche qui a sa préférence. Loïc aussi a choisi de se perfectionner dans cette discipline, après avoir fait ses débuts en France. «J’ai commencé par le lancer lorsque j’étais en vacances avec mon papy, relate-t-il. A côté du camping, il y avait des étangs. J’ai adoré, surtout le combat!» C’est à dire? «Quand le poisson mord, c’est difficile de le ramener, il faut travailler pour qu’il ne se décroche pas.»

Une fois les vacances terminées, Loïc, de retour à Porrentruy, recherche un club pour s’adonner à sa passion. «Je connaissais déjà le papa de Jules. Avec eux, j’ai commencé la pêche à la mouche et ça m’a tout de suite plu! On dit que la pêche, c’est pour les gens patients, mais à la mouche, il y a plus de sport qu’au bouchon.» «On a le cerveau toujours en alerte», souligne son compère qui ajoute: «C’est dur comme technique. Mais quand on a compris le truc, il y a comme un déclic. En fait, il ne faut pas penser que c’est la mouche qui doit aller vers l’avant, mais que c’est la soie qui doit pousser la mouche.» Voilà, voilà. «La soie, c’est un fil qui se trouve dans le moulinet auquel est attaché le fil nylon puis la mouche» complète le jeune homme.

Jules et Loïc, de gauche à droite. © Christian Theuvenat

Le partage plutôt que la prise

Bien que ramener du poisson reste le but ultime, l’intérêt pour la pêche réside en bien d’autres choses. «Déjà j’aime bien être dans la nature, ça me détend. Bon, sauf quand je rate un poisson, là ça m’énerve!, rigole Jules. Mais j’aime surtout partager ce temps avec quelqu’un, ma mère, mon père…» «Je ne suis jamais allé pêcher seul, poursuit Loïc. Pas par inquiétude, mais parce que je n’aime pas si il n’y a personne pour partager.» Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas nécessaire de se taire au bord de la rivière. «Quand on est deux, on peut très bien discuter, confirme Jules. Ce qu’il faut, c’est surtout rester calme, posé. Ce que les poissons n’aiment pas, ce sont les vibrations dans le sol ou quand ils nous voient.» Vous l’aurez compris, une seule chose compte finalement: «La meilleure qualité que doit avoir un pêcheur, c’est d’avoir du plaisir. Sans ça, il faut tout de suite arrêter!»

Un reportage d’Élise Choulat, publié le 12 juillet 2018, N°457

L’école de pêche de la FCPJ est limitée à 15 participants et les places partent très vite! Informations au 079 286 03 26 ou sur le site www.lespecheursjurassiens.ch