Accidents dans les tunnels: quelle conduite adopter?

tunnels
Les tunnels (ici celui du Mont-Terri), sont témoins de passablement d’accidents. Crédit: Kathleen Brosy, Editions L’Ajoie
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DISTRICT Le nombre d’accidents dans les tunnels est en augmentation ces dernières années, en raison notamment d’une certaine inattention et d’un non-respect des distances entre les véhicules. Mais comment ces tunnels sont-ils gérés et comment réagir en cas d’accident? Le point avec la Police cantonale. 

«Nous constatons une augmentation des accidents dans les tunnels. La densité du trafic en hausse, qui conduit à une réduction de la vitesse, amène à plus de cas, mais ils sont moins graves ou stables», relève Daniel Affolter, responsable de la prévention et de la communication à la Police cantonale jurassienne. L’inattention et le non-respect des distances entre les véhicules sont les principales causes d’accidents dans les tunnels. «Il faut rester attentif, ne pas utiliser un téléphone portable ou tout autre moyen distrayant comme lire, manger, fumer, discuter, régler la radio», partage Daniel Affolter. Des flèches et des panneaux aident au respect des distances entre les véhicules en mouvement. «Deux secondes entre chaque engin sont nécessaires», rappelle le responsable. Notons que l’état physique (alcool, drogue, médicaments, fatigue) intervient dans une part plus petite d’accidents dans les tunnels. «Prendre égard à soi et aux autres en étant attentif à sa capacité à conduire reste un impératif», mentionne toutefois le Jurassien.

Comment les accidents sont-ils pris en charge ? «Immédiatement, un système de détection automatique à la Centrale d’engagement et de télécommunication (CET) indique que la circulation est  à l’arrêt ou qu’une voiture a circulé, par exemple, sur la voie inverse», souligne Daniel Affolter. Toujours au CET, des écrans sont automatiquement affectés à la zone concernée. Les opérateurs sont informés de la situation. De manière automatique également, les feux clignotants sont allumés et la vitesse réduite à 60km/h. Les moyens de secours prioritaires sont de suite alertés et mis en œuvre, soit patrouille(s) de police, pompiers, ambulance(s) et /ou partenaires  «techniques» comme voirie, personnel gérant l’infrastructure ou dépanneurs. «Le tunnel peut être fermé avec des signaux lumineux et également le secteur d’autoroute clôturé physiquement par des barrières et des sorties forcées.».

Daniel Affolter
Daniel Affolter, de la
Police cantonale jurassienne.
© POLICE CANTONALE
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Évaluer la situation pour la police

Les secours interviennent en utilisant la chaussée et en passant entre les colonnes de voitures qui auront été immobilisées en laissant un large passage entre les voies. «Il est important de se garer le plus à droite possible, insiste Daniel Affolter. L’arrivée des secours est facilitée si les usagers respectent la signalisation comme les feux rouges, qui éviteront d’avoir des véhicules superflus dans le tunnel.» Quant au délai d’intervention, il est court selon le responsable: «Les différentes patrouilles sur le canton sont dépêchées de suite. La police intervient prioritairement, mais doit préalablement sécuriser l’environnement pour empêcher, par exemple, un sur-accident.»

A quoi d’autre la police fait-elle attention? «Nous veillons à évaluer la situation pour agir juste. L’événement, ses conséquences, l’accès, la densité du trafic, les bouchons, le positionnement de l’événement dans le tunnel influent sur la méthode d’intervention. Les objectifs sont les suivants: sécuriser pour éviter une péjoration, sauver les personnes et les biens, enquêter pour établir les causes, rétablir pour permettre un usage de l’infrastructure le plus rapidement possible.»

Plusieurs conduites à tenir pour les automobilistes

Qu’en est-il des automobilistes non-accidentés? «Lorsqu’un accident surgit, les usagers apporteront un important service en appelant le 117 ou, idéalement, en utilisant une borne SOS qui permet de localiser l’appelant», note dans un premier temps Daniel Affolter. Plusieurs autres conduites sont à adopter. D’abord, comme mentionné précédemment, il est important de laisser un passage entre les voies de circulation pour les secours qui pourront intervenir rapidement et éviter une péjoration de la situation. Les automobilistes doivent aussi se conformer à la signalisation lumineuse et aux indications des agents de police, pompiers ou de la radio, sur n’importe quelle fréquence. «La police procède à une intercalation qui permet de pousser un message radio automatique sur les ondes dans les tunnels pour informer les usagers sur l’événement et le comportement à adopter. Il peut s’agir d’un incident (piétons dans le tunnel, objet sur la chaussée), d’un accident, de la présence de produits dangereux, d’un incendie, ou d’une panne», explique Daniel Affolter

Sur la route
© POLICE CANTONALE

En plus, ne pas faire demi-tour ou marche arrière. «Ce geste bloque assurément la circulation, retarde les secours et les soins aux blessés», avertit le responsable. Les automobilistes sont également priés d’éteindre le moteur et les phares de leurs véhicules. Avec un cas particulier: «Si nous devons quitter notre véhicule en raison d’un danger, éteindre le moteur et les phares, couper le contact, laisser la clé sur le contact ou la télécommande sur le tableau de bord et ne pas verrouiller la voiture. Se diriger à l’inverse du danger ou selon les indications des secours, s’orienter avec les informations vers les issues de secours vertes.» Daniel Affolter conclut en indiquant qu’il ne faut pas rester vers la borne SOS ou dans la niche en cas d’incendie, et «si nous avons dû quitter notre automobile, s’annoncer sans tarder à la police en se regroupant avec les autres personnes évacuées».

Une nouvelle campagne de prévention

Entre 2011 et 2021 dans le canton du Jura, 722 accidents ont trouvé leur origine dans un manque d’attention porté à la circulation. Les sources de distractions au volant potentiellement les plus dangereuses sont principalement liées à l’usage de terminaux numériques, à commencer par les smartphones. Une campagne de sensibilisation est à nouveau mise en œuvre cette année. Des affiches «Sur la route, soit tu conduis, soit tu conduis» sont depuis la mi-septembre visibles le long des grands axes routiers du canton. Les infractions constatées seront sanctionnées.

Kathleen Brosy

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