Au paradis des nains de jardin

Monique Siegenthaler et son compagnon Michel Schaffner avec une (toute petite) partie de leurs compagnons de jardin. Claire Jeannerat © Éditions L'Ajoie
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DAMPHREUX Dans le jardin devant chez Monique Siegenthaler et Michel Schaffner se tient tout un peuple de petits bonshommes barbus et coiffés d’un bonnet. Un échantillon de la collection de nains de jardin de Monique, qui rassemble 300 pièces. Ou peut-être plus? Quand on aime, on ne compte pas. Et Dieu sait qu’elle les aime, Monique, ses nains.

«C’est à l’ancienne cure, sous l’église. Je guetterai pour vous faire signe, si jamais.» Elle est prévenante, Monique. Prendre soin des autres, c’est une seconde nature chez elle. D’ailleurs elle en a fait son métier. Voilà dix ans qu’elle s’occupe de personnes âgées, à leur domicile ou au sien, où elle a même équipé une chambre à cet effet. «Mais en ce moment je n’ai personne, d’ailleurs si vous connaissez quelqu’un qui aurait besoin de quelqu’un…» Moi non, mais le message est passé.

Mais c’est autre chose qui justifie, en ce matin frisquet, notre visite à l’ancienne cure de Damphreux. Car Monique Siegenthaler, voyez-vous, est nanomane. Un drôle de mot pour une bien innocente occupation: elle collectionne les nains de jardin. «J’ai commencé à Saint-Brais, où j’étais mariée, dans les années 1980. Je mettais des fleurs, mais ça fait vite un prix. Et ces nains, c’est de la couleur, ça vit, c’est joli!»

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Alors, 300 ou 400?

Après le décès de son mari, Monique s’établit à Saint-Ursanne et travaille au Fil du Doubs. C’est là que les choses s’emballent, grâce à une connaissance qui lui déniche des trouvailles sur internet. «Des lots, il y a même des gens qui les donnent, rendez-vous compte!» Désormais la collection de Monique compte 300 nains, estime-t-elle. «Oh non, il y en a plus que ça! Je dirais 400.» C’est Michel qui s’exclame ainsi au bout de la table, Michel qui a adopté gentiment la cohorte de petits bonshommes qui réjouissent tant le cœur de sa compagne.

Car d’autres objets peuplent la maison, des peluches, des moutons et des ânes en céramique, un arlequin… Mais «ce n’est pas la même chose», estime Monique en grimpant les escaliers qui mènent au galetas. Les nains du printemps, de l’été et de l’hiver sont rangés là, attendant sagement que leur tour vienne d’aller orner le jardin qui se trouve devant la maison pour le plus grand plaisir des locataires et des gens de passage qui photographient volontiers le tableau.

Dans l’ordre des saisons

En ce moment, vous l’avez compris, ce sont les nains d’automne qui sont à l’honneur: l’un porte des pommes, l’autre des champignons, celui-ci termine les travaux du jardin avec sa pelle, celui-là est accompagné d’un écureuil… «Il y a aussi celui-là avec sa pipe qui contrôle, et mes nains chasseurs bien sûr», poursuit Monique. Bientôt ce sera le tour des nains de la Saint-Martin de prendre l’air pour un moment, juste le temps qu’il faut. Car ici, on ne badine pas avec le rythme de saisons: «Je ne mettrais pas un nain avec une bouée en hiver, ça n’irait pas!», se récrie Monique. Les trois petits derniers trouvés dans un grand magasin de la région feront en revanche merveille dans le jardin quand la neige sera venue: des nains skieurs!

Car la collection continue de s’agrandir. «Mais il faut que ça me plaise, et que je ne l’aie pas déjà», précise notre nanomane, qui a fêté ses 60 ans il y a quelque temps. Et devinez quoi? «Je n’ai reçu aucun nain, s’amuse-t-elle. Les gens étaient tellement sûrs que j’allais en recevoir de partout qu’ils ont tous décidé de m’offrir autre chose!» Ils auraient pourtant dû savoir que des nains de jardin, elle n’en aura jamais trop, Monique: son cœur est assez grand pour les aimer tous.

Claire Jeannerat

Article paru dans notre édition abonnés n° 565 du 15 octobre 2020

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