Auprès des personnes malades ou en fin de vie

© ATC FUTURE MEDIAS
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DISTRICT Accompagner une personne en fin de vie ou qui fait face à une longue
maladie, c’est être à son écoute, avec des compétences bien spécifiques qui peuvent s’acquérir. Caritas propose une formation pour devenir cette présence aidante, dont nous parle Claire Cerna, responsable du secteur «Accompagnements et deuils».

Ils sont dix-sept à avoir suivi cette année la formation proposée par le secteur «Accompagnements et deuils» de Caritas Jura. Avec des cours sur une quinzaine de jours,
ces personnes ont pu acquérir les aptitudes nécessaires à l’accompagnement de malades et personnes âgées, quelle que soit leur situation: soins palliatifs, fin de vie, situation
isolée ou maladie d’Alzheimer.

Trois profils représentés

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«Notre formation n’est pas académique, mais elle offre un vrai apport théorique», explique Claire Cerna, responsable du secteur «Accompagnements et deuils». Qui sont les personnes qui souhaitent devenir accompagnants, dans les homes ou chez les particuliers? «Dans cette formation, les gens viennent de différents horizons. Soit ils veulent faire du bénévolat, soit ils sont touchés par la problématique de la fin de vie ou de la longue maladie d’un point de vue personnel, soit enfin, il peut s’agir de professionnels qui souhaitent faire de la formation continue pour améliorer leur pratique.»

Utile dans la pratique professionnelle

Pour Nathalie Maillard, coiffeuse indépendante installée à Courgenay, il était important de suivre cette formation pour acquérir les bons outils «pour la communication
mais surtout pour l’écoute active». Celle qui pratique la socio-coiffure, à savoir la coiffure comme soin à toute personne fragilisée, par un handicap, une maladie ou par l’âge, pourra ainsi utiliser ses nouvelles connaissances dans son activité professionnelle. «L’objectif de la socio-coiffure est d’aider des personnes souffrantes, tant dans leur corps que dans leur vie sociale afin de leur apporter une relation d‘aide adaptée et un soin technique compétent. Tout ce que j‘ai appris dans cette formation va donc m’être très utile pour la socio-coiffure.» Et si Nathalie Maillard n’envisage pas de se lancer dans le bénévolat immédiatement, elle y songe pour le futur. Au final, un tiers de ces personnes formées feront du bénévolat, après avoir suivi une nouvelle journée de formation dédiée à cet accompagnement au sein de Caritas.

Devenir bénévole, une nouvelle vie

Pour Didier Cuenin, nouvel accompagnant en Ajoie, c’est un AVC qui a été le déclencheur, en septembre 2016. «Je me suis dit que j’avais quelque chose à donner, avec mes nouveaux moyens, aux personnes qui souffrent dans leur intériorité, explique le sexagénaire bruntrutain. Tout naturellement, je me suis tourné vers une institution
caritative.» Et le pari a fonctionné. «Tout au long de cette formation, j’ai senti que c’était un “dialogue” de cœur à cœur entre la personne et l’accompagnant, peu importe si j’ai
du mal à exprimer.» L’ancien indépendant fiduciaire entend désormais donner son temps comme bénévole Caritas.

Écoute, présence et émotions

Accompagner en tant que bénévole, cela veut dire aider… mais comment? «Il y a un cadre très précis du bénévolat avec une charte, avec des gestes que l’on fait ou pas, détaille Claire Cerna. On écoute de manière active, on est présent, on fait émerger les émotions. Mais nous n’entrons pas en matière s’il y a des demandes pour faire des courses ou des soins physiques, par exemple. Ponctuellement, le bénévole peut faire une sortie avec la
personne accompagnée mais il faut alors signer une décharge. En fait, le bénévole est dans une compétence d’écoute, de reformulation des émotions. Il n’est pas un auxiliaire de santé.»

Les nouveaux bénévoles formés pourront intervenir à domicile ou dans les homes. «Les demandes de bénévolat en Ajoie fluctuent selon les années, précise la responsable.
Avec ou sans pandémie, les contextes peuvent être différents… Globalement, pour le Jura, les accompagnements se font surtout en institutions, alors qu’à Neuchâtel, par exemple,
les visites se font majoritairement à domicile. Mais depuis un an et demi environ, il y a une hausse des demandes pour des accompagnements hors institutions.»

Se protéger, aussi

Si ces accompagnants doivent suivre la charte de bénévolat et disposent des clés théoriques pour écouter activement les personnes en demande, il ne faut pas pour autant qu’ils se laissent dépasser par certaines situations difficiles. Ainsi, pour les accompagnements de longue durée, les bénévoles présentent la situation à leur groupe et
une décision peut alors être prise. Est-ce que ce bénévole se sent capable de continuer l’accompagnement? Doit-il se faire remplacer par quelqu’un d’autre, si la situation
fait écho à quelque chose de trop douloureux pour lui? «Nous faisons très attention à l’épuisement, il faut que chaque bénévole puisse confier au groupe “J’ai besoin d’arrêter” ou “Cette personne me prend pour son fils et c’est trop difficile”… Il y a une supervision qui est organisée, personne n’est laissé en rade.» Une garantie rassurante pour les nouveaux bénévoles, qui ne sont évidemment «pas à l’abri de vivre des choses avec leurs propres émotions, leurs propres jugements.»

Une forte demande

Pour garder en tête leurs droits et devoirs vis-à-vis des personnes accompagnées, chaque groupe de bénévoles bénéficie de deux supervisions dans l’année et de deux formations continues, en plus des réunions mensuelles en présence de la responsable du secteur. Une évaluation personnelle lors d’un entretien individuel est aussi menée entre le bénévole et la responsable du secteur pendant le bénévolat. Ce cadre sécurisant a de quoi séduire. Pour
preuve, la toute prochaine session de formation proposée par le secteur «Accompagnements et deuils» de l’institution affiche déjà complet. Mais pour les prochaines années, Claire Cerna aimerait lancer un petit appel à la gent masculine. «C’est peut-être plus complexe pour les hommes, encore aujourd’hui, d’aborder toutes ces émotions? Ils sont un à deux par session… Ils sont les bienvenus en tout cas!»

Des accompagnants ajoulots

Dix-sept nouveaux accompagnants ont été formés par Caritas Jura. © Caritas Jura

Parmi la nouvelle volée de personnes formées par Caritas Jura à l’accompagnement des personnes en fin de vie ou souffrant d’une longue maladie, huit sont Ajoulotes. Il s’agit de Christine Boner de Montmelon, Lydia Brahier-Maggionni de Coeuve, Nathalie Maillard de Courgenay, Didier Cuenin de Porrentruy, Géraldine ChristeLongchamp de Boncourt, Maricica Parpala de Courtételle, Josiane Pachoud de Damvant et Brigitte Klaus de Boncourt. Autant de nouveaux accompagnants qui pourront œuvrer auprès des personnes malades ou en fin de vie à l’avenir dans notre district.

Alice Lehmann

Plus d’informations sur cette formation: https://www.caritas-jura.ch/prestations/accompagnements-et-deuils/ formation-des-benevoles-a-l-accompagnement

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