«Avec Starlight, on a envie de créer la surprise, de casser la routine»

Christopher Gasser, le metteur en scène de la tournée 2019 du Cirque Starlight.© Cirque Starlight

PORRENTRUY Après une année de pause, le cirque ajoulot Starlight revient avec une nouvelle production baptisée Perspective et mise en scène par Christopher Gasser, le «mouton noir» de la famille circassienne bruntrutaine, comme il se définit positivement lui-même. Rencontre.

Journal L’Ajoie: Christopher Gasser, vous êtes l’un des enfants de Jocelyne et Heinrich Gasser, les fondateurs du cirque Starlight et vous aviez un an à peine lorsqu’ils se sont lancés dans cette aventure. Vous avez donc toujours baigné dans le monde du cirque…

Christopher Gasser: Absolument. Par contre, j’ai très vite compris que j’avais besoin de prendre mes distances par rapport à cet univers. Lorsque j’avais dix ans, je suis parti en internat et j’ai ensuite fait pas mal de choses: un CFC de commerce, mon service militaire et j’ai même été gérant d’un bar…

… mais tout en gardant malgré tout un lien avec le cirque…

Lorsque j’avais 12 ou 13 ans, lors d’un séjour sur la tournée de Starlight durant mes vacances, j’ai eu la chance de rencontrer Iurii Mikhailik, un clown qui se produisait dans le spectacle. Il a toujours dit que j’étais le «mouton noir» de la famille! Que je ne serais pas un acrobate comme mon frère ou ma sœur, mais que j’avais autre chose à exprimer. C’est lui qui m’a convaincu de revenir vers le monde du cirque. Il m’a même, à un moment donné et entre d’autres projets sur lesquels on a travaillé ensemble, intégré à l’un des numéros qu’il faisait avec Starlight. Je lui dois beaucoup, il m’a tout appris.

Aujourd’hui, vous signez donc la mise en scène du nouveau spectacle de Starlight Perspective. Qu’avez-vous ressenti lorsque vous parents vous ont demandé de vous en charger?

En fait, ils ne m’ont rien demandé! (rires) Je me suis battu pendant presque cinq ans pour enfin pouvoir le faire! Mais au final, ils m’ont donné carte blanche pour ce nouveau spectacle… Maintenant, j’ai la pression (rires)! Il faut que ça leur plaise et que ça plaise au public!

Justement, que peut-on s’attendre à voir sous le chapiteau de Starlight cette année?

Starlight a été le premier cirque en Suisse, notamment grâce à mes parents et à mon frère Johnny, à casser les codes du cirque traditionnel et à abandonner les animaux pour se tourner petit à petit vers le théâtre. Lorsque j’ai arrêté de faire le clown, j’ai intégré l’École internationale de théâtre Jacques Lecoq à Paris. Là, j’y ai appris à travailler sur l’expression des émotions, l’expression corporelle. Dans le nouveau spectacle de Starlight, j’ai eu envie de bousculer encore plus les genres, de prendre les spectateurs au dépourvu…

Cela risque donc d’être plutôt surprenant…

On a travaillé énormément là-dessus. Vous savez, aujourd’hui, si vous voulez voir un numéro de trapèze, il vous suffit d’aller sur Youtube… Nous, avec Starlight, on a envie de créer la surprise, d’intégrer complètement le spectateur, de proposer quelque chose qui casse la routine. C’est un Mais c’est comme ça que j’ai envie de travailler!

Propos recueillis par Sébastien Fasnacht, publiés le 7 mars 2019, N°487

La tournée 2019 du cirque Starlight débute le 29 mars à Porrentruy. Infos et réservations www.cirquestarlight.ch