Bastien Pouilly: un sacré vent dans le dos

Bastien Pouilly dans ses œuvres. © Colin Girard
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DISTRICT Fin 2019: alors que le HC Ajoie fait toujours cavalier seul en tête du championnat de Swiss League, un jeune défenseur de son premier bloc se fait l’auteur d’un début de saison particulièrement solide. Mais pas question pour autant pour l’Ajoulot Bastien Pouilly de se prendre la tête. «L’important, c’est l’équipe», et c’est lui qui le dit!

Il le reconnaît lui-même volontiers, la période que vit actuellement Bastien Pouilly est plutôt… excitante! Aligné dans le premier bloc aux côtés de Philip-Michaël Devos et de Jonathan Hazen, le jeune Ajoulot tourne à 2,1 points par match et aligne les bonnes performances. Ceci dans une formation qui, au moment d’écrire ces lignes, s’apprête à affronter le HC Sierre et caracole toujours en tête du championnat de Swiss League. «C’est vrai que ça se passe plutôt bien depuis le début de la saison, rigole Bastien Pouilly. L’équipe va bien, je vais bien, la confiance est là et la dynamique du groupe est parfaite, ce serait difficile de demander plus, non?»

Mais, en grattant un peu la surface de ce tableau presque parfait, on tombe rapidement sur quelques solides couches de sueur, de larmes et de travail. «En arriver là n’a pas été facile, c’est vrai. J’ai vraiment travaillé pour être prêt, pour gagner la confiance du coach et des coéquipiers. Par le passé, j’ai été pas mal blessé aussi, donc je sais que ce que je vis aujourd’hui peut s’arrêter à tout moment. Je me rends également bien compte que je peux m’améliorer sur beaucoup d’aspects, que ce soit au niveau de mon jeu, de mon engagement, de mon physique. Il y a encore beaucoup de travail…»

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Un numéro 8 comme idole

À 23 ans, le défenseur ajoulot garde donc les pieds sur terre, malgré un magnifique début de saison, cela a été dit. «Mon objectif actuel, c’est de tout faire pour rester dans cette dynamique, pour continuer à offrir le meilleur de moi-même à l’équipe. J’y vais match après match, entraînement après entraînement. Je n’ai surtout pas envie d’aller trop vite, de brûler les étapes ou de me prendre la tête.»

Concentration. © Colin Girard

Élément important de l’échiquier actuel de Gary Sheehan, Bastien Pouilly a le hockey dans la tête depuis pas mal d’années maintenant. Formé au club, il se souvient comme si c’était hier de ses premiers coups de patins au Voyebœuf et de ses premières idoles. «Yann Voillat, c’était le mec qui me faisait rêver. Il m’a énormément inspiré. Quand il était sur la glace, qu’il faisait le boulot, je voyais un gars d’ici qui avait réussi dans le hockey, qui vivait de sa passion. C’est là que je me suis dit que c’était peut-être possible pour moi aussi», se rappelle Bastien Pouilly, avant de poursuivre: «Après les matches, j’allais discuter avec lui, lui demander des cannes. J’étais un vrai groupie.»  Aujourd’hui, les rôles se sont inversés: c’est au tour du numéro 8 jaune et noir, retraité depuis 2006, de venir demander au jeune numéro 18 comment se passe sa saison, comment va son jeu. «Bon, je sais pas si on peut vraiment comparer… Yann Voillat ne m’a encore jamais demandé de canne!», se marre Bastien Pouilly.

Tenir le rythme

On l’a dit, sous la bonne humeur apparente du défenseur ajoulot se cache un solide bosseur, un hockeyeur sérieux et talentueux. «J’avais envie de jouer en LNB depuis que je suis en juniors. C’est la cinquième saison pour moi maintenant et le travail commence à payer.» Et pour la suite? «Je ne me pose pas la question, pour l’instant, d’un éventuel passage en National League. Si j’arrive à tenir le rythme que j’ai actuellement et finir la saison positivement, ce sera déjà très bien. Pour le reste, on verra. On a encore de belles choses à vivre cette année avec le groupe, pour moi c’est ça le principal!»

Sébastien Fasnacht

Article paru dans notre édition abonnés n° 522 du 21 novembre 2019

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