«Cela fait plus de dix ans que je rêvais d’un endroit comme celui-ci»

Marianne Tournier devant le cabanon de ses rêves. Crédit: Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

PORRENTRUY Au Cabanon est un lieu qui donne le sourire. Une oasis sur laquelle Marianne Tournier, de Fontenais, règne avec bienveillance et simplicité. Un endroit convivial qui offre aux passants de quoi se restaurer, même si ce n’est de loin pas l’unique ambition de la patronne. Rencontre.

Quand Marianne Tournier parle de son petit cabanon, elle a les yeux qui brillent. Et pourtant, il est juste là, à moins de deux mètres d’elle. «Ce cabanon, c’était mon rêve. Cela fait plus de dix ans que je m’imaginais tenir un endroit comme celui-là. Je pense que, d’une certaine manière, il m’attendait.» Planté juste devant le magasin COOP, sur une zone de passage, la cabanon est devenu le sanctuaire de Marianne depuis le début de l’année. «J’ai commencé le 29 janvier. J’ai repris l’endroit suite à la cessation d’activité des précédents patrons», raconte-t-elle. Et dès ses premiers jours derrière le petit comptoir en bois, elle a voulu en faire un lieu à son image, un lieu simple et convivial d’où les gens repartent avec le sourire et le ventre plein.

Au Cabanon, un lieu de rencontres et d’échange pour toutes et tous. Crédit: Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

Donner du sens

«J’ai envie que les gens s’arrêtent, qu’on prenne le temps d’échanger quelques mots, sans se prendre la tête.» Et pour illustrer ses dires, Marianne raconte l’histoire de ces gens, l’autre jour à l’heure de l’apéro, qui semblaient ne pas se connaître. Quelques phrases plus tard, «ils se sont rendus compte que l’une était la nounou de la fille des autres, il y a 14 ans. C’est dans ce genre de moments que mon petit cabanon prend tout son sens!» note Marianne, son éternel et joyeux sourire aux lèvres. 

Rompue à l’art de la restauration – en plus d’être sommelière depuis plus de 25 ans, c’est elle qui fait les pizzas à la Halle des expositions lors de la Foire du Jura – Marianne Tournier ne pouvait pas imaginer une autre perspective professionnelle et personnelle que celle de proposer à manger aux gens. Et là aussi, pas question de se moquer du client. «Je propose des choses simples mais faites avec le cœur et, surtout, avec des produits frais et de saison!»

Des soupes très populaires

Durant l’hiver, elle a proposé des soupes qui ont connu un succès fou, notamment chez les retraités du quartier. «Avec les portions que je fais, ils en avaient pour en tout cas deux fois», rigole la cuisinière. Aujourd’hui, les salades ont remplacé les potages et viennent compléter une carte qui fait envie. «J’essaie au maximum de cuisiner sur place. J’ouvre à 9h30, les gens viennent prendre un petit café, et pendant que je mets tout en place, on discute. Ces temps, avec les beaux jours qui reviennent, c’est vraiment le top. Je ne me verrais pas ailleurs! Vraiment pas!» Et le samedi, cerise sur le gâteau, son mari cuisinier – cela ne s’invente pas – cuisine un menu du jour qui est à prendre à l’emporter ou à déguster sur place.

Mais faire vivre, développer et entretenir la petite cahute de bois n’est pas une mince affaire. Et Marianne Tournier ne cache pas son engagement: «C’est vrai que j’y passe presque tout mon temps. Sauf le dimanche, que je réserve à la famille. Mais en même temps, ici, c’est chez moi aussi! Donc cela ne me dérange pas! Je vous le dis encore une fois, ce cabanon, c’est un rêve qui s’est réalisé… alors j’en profite!»  

Sébastien Fasnacht, 19.04.2018, N°445

 


Tout à moins de 10 francs!
Le cabanon de Marianne se veut avant tout, et c’est elle qui le dit, «un lieu de convivialité, un endroit où les gens s’arrêtent, discutent et passent un moment agréable.» Mais c’est aussi un endroit qui «doit être accessible et où n’importe qui, de l’ouvrier au chef d’entreprise, de l’étudiant à la jeune maman, doit pouvoir s’offrir un petit quelque chose à manger.» C’est ainsi qu’Au Cabanon, vous ne trouverez rien qui coûte plus de 10 francs! Et Marianne Tournier de conclure, dans un grand sourire: «c’est comme ça, point barre!» SF