Claudine Arisi-Christinaz, peintre autodidacte et passionnée

Son sujet de prédilection: les animaux. © C. Arisi-Christinaz

FAHY / RÉCLÈRE C’est une passion qui lui est venue sur le tard: Claudine Arisi-Christinaz aime peindre. Depuis 18 ans maintenant, l’artiste ajoulote prend ses pinceaux quasiment chaque jour. De ses œuvres, vous pouvez en découvrir une sélection au restaurant des Grottes à Réclère jusqu’à la fin du mois.

Les deux poyas accrochées à la façade de la maison annoncent qu’on est arrivé: Claudine Arisi-Christinaz nous accueille chez elle, à Fahy. Enfant de Belfort, son parcours de vie l’aura emmenée de France voisine jusqu’en Haute-Savoie, avant qu’elle ne décide avec son époux Philippe de redescendre en plaine et de se rapprocher de sa région natale. C’est finalement en Ajoie, à Fahy donc, que le couple vit depuis maintenant douze ans.

Le déclic de la poya

La peinture, Claudine s’y est mise il y a une petite vingtaine d’années. «En Haute-Savoie, je tenais une pâtisserie-boulangerie-salon de thé, relate-t-elle. J’étais très occupée et lorsque j’ai pris ma retraite, je ne savais plus que faire de mes dix doigts… Une amie m’a alors suggéré de faire de la peinture.» Elle commence donc des cours, mais la jeune retraitée n’a jamais dessiné de sa vie. «Je n’en avais pas le temps! Toutefois, ça n’a pas été un problème, car ma prof avait une méthode pour décalquer les motifs. Et à force, c’est venu.» Ces motifs, ce seront essentiellement des fleurs, que Claudine peindra sur différents supports jusqu’à n’en plus pouvoir! «J’en avais marre, se souvient-elle. Un jour, nous sommes allés mon mari et moi au Musée gruyérien, à Bulle. J’ai vu des poyas (peintures traditionnelles de vaches montant à l’alpage, ndlr), et ça a été comme un déclic. J’ai dit à ma prof: je veux faire ça. Elle m’a répondu: tu n’y arriveras pas. Je l’ai quittée

Une poya réalisée en 2006 par Claudine Arisi. © C. Arisi-Christinaz

«Je fais ce qui me plaît»

Depuis ce temps, Claudine Arisi-Christinaz – qui signe simplement Cl. Arisi, «car nous n’étions pas encore mariés lorsque j’ai commencé» – a également suivi quelques années de cours chez Josette Mercier, à Saignelégier, et a fortement élargi sa palette de thèmes. «Je fais de l’acrylique sur toile ou sur bois; je peins beaucoup d’animaux, des paysages, mais pas de portraits.» Ainsi, vaches, oies, écureuils, poules, mais aussi la vue depuis le Säntis, le désert rouge de Jordanie, les falaises de Bonifacio, la Brévine ou le mont Fuji ont déjà été croqués par l’artiste. «Je ne travaille que sur photos, précise-t-elle. Des clichés que l’on m’envoie, que je fais moi-même ou des cartes postales.» Son style? Ça dépend. Parfois naïf, parfois réaliste, parfois plus stylisé… «Je fais ce qui me plaît sur le moment, il faut que j’aie un coup de cœur pour la photo», sourit-elle. Et cette voiture ancienne aux pare-chocs chromés? «C’est la passion de mon mari, alors à une certaine époque j’en ai fait pas mal, des vieille belles voitures. Les toiles se sont d’ailleurs très bien vendues.» Tout comme ses poyas notamment qui, généralement, rencontrent un certain succès. «On m’en a même commandé une de six mètres de long! Ça a été un peu compliqué pour trouver la planche… Avec mon mari, nous récupérons du bois comme des morceaux d’armoire par exemple; nous allons aussi dans les scieries chercher des planches qui nous paraissent intéressantes. Ensuite, il faut les poncer, les laisser sécher deux à trois ans..» Un vrai travail d’équipe!

Des expositions, Claudine Arisi-Christinaz en a déjà un bon nombre à son actif: à Genève, Courtedoux, Miécourt… et aujourd’hui au restaurant des Grottes, à Réclère. «J’y expose 38 tableaux, certains ont déjà trouvé preneur. Je vends souvent, ça fait plaisir. C’est surtout autant de toiles qui partent et que je peux remplacer par d’autres!»

Un article d’Élise Choulat, publié le 18 octobre 2018, N°469

Exposition de Claudine Arisi-Christinaz, Restaurant des Grottes de Réclère, à voir jusqu’au 28 octobre.