David Eschenlohr: apprendre, encore et toujours!

David Eschenlohr, photographe et réalisateur plein de projets. © David Eschenlohr
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PORRENTRUY On ne le dira jamais assez, le district fourmille de gens talentueux qui, à défaut de parler fort, travaillent dur. Le photographe et réalisateur David Eschenlohr fait partie de cette catégorie. Animé par une éthique de travail aiguisée, le Bruntrutain développe des projets à la fois personnels et collectifs, mais toujours avec l’image en ligne de mire.

Lorsqu’il était plus jeune, pendant que ses copains restaient scotchés durant des heures devant les Tortues Ninja, David Eschenlohr passait ses après-midi dehors, dans la nature. Non pas qu’il détestait les aventures des célèbres reptiles mutants, c’est juste que les grands espaces, les cabanes dans la forêt et les sports d’extérieur lui semblaient bien plus intéressants. Aujourd’hui encore, et même si pas mal d’années se sont écoulées depuis, cette jeunesse à l’air libre contribue à inspirer le photographe et réalisateur bruntrutain qu’il est devenu.

Apprendre sur le tas

Artiste autodidacte, président de l’association de la Galerie du Sauvage et gérant de sa propre structure baptisée Urban Lords Studios, David Eschenlohr pratique aujourd’hui en pur passionné, en parallèle à son métier de garde-frontière. «C’est à la fois un vrai luxe, puisque cela veut dire que je suis libre de faire ce que je veux, mais c’est aussi une vraie contrainte puisque c’est souvent difficile de trouver assez de temps pour réaliser tous les projets que j’ai en tête.» Au point que, de manière récurrente, revient l’idée de finalement faire de l’image son unique métier.

Une photographie présentée lors d’une exposition collective en 2019. © David Eschenlohr
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«C’est vrai que je me repose parfois la question», note l’intéressé sur un ton rêveur. «Repose» car, avant de choisir de porter l’uniforme, le Bruntrutain a longtemps envisagé d’apprendre le métier de photographe de manière traditionnelle et académique. «À la base, je voulais faire du sport de manière professionnelle. Du basket pour être exact. Mais je me suis blessé et ça a été très dur de revenir. Ensuite, j’ai tenté le droit à l’université, mais ce n’était pas mon truc.» Finalement, après avoir longuement hésité entre l’École de photographie de Vevey et la douane, il choisit la sécurité. «Je savais que, de toute manière, je pourrais continuer à faire de la photo à côté. Et puis, je suis plutôt convaincu que le travail, la passion et l’engagement peuvent remplacer les diplômes si on y met assez de cœur. Après, je dois dire aussi que j’ai eu beaucoup de chance dans mon parcours, j’ai fait des rencontres qui m’ont vraiment fait évoluer positivement.»

Parmi elles, on retrouve notamment Romain Guélat, réalisateur ajoulot de renommée nationale, et Géraud Siegenthaler, l’initiateur et animateur principal de la Galerie du Sauvage à Porrentruy. «Je devais faire un stage d’une semaine avec Géraud, pour voir un peu de quoi était fait le métier, pour apprendre quelques ficelles… mais finalement, j’y suis resté dix mois. Il m’a montré plein de choses, j’ai énormément appris et on est devenus potes!»

Une expo, un clip et des projets à la pelle

Aujourd’hui encore, David Eschenlohr donne une importance toute particulière à l’apprentissage. «C’est fondamental pour moi: afin de pouvoir évoluer il faut être au clair sur ce que l’on sait faire mais surtout sur ce que l’on ne sait pas faire! Ensuite, il ne reste qu’à s’investir autant qu’on le peut et faire les choses à sa manière.» Photographe mais aussi réalisateur depuis peu, l’Ajoulot utilise cette envie sans limite pour avancer, petit à petit. «Je le disais avant, c’est aussi une question de rencontres. Dernièrement, Massar Dieng que je connais personnellement, m’a demandé de réaliser le clip de sa dernière chanson. C’est la première fois que je menais un tel projet de bout en bout et, même si tout n’est pas parfait, je suis plutôt fier du résultat.»

Une photographie présentée lors d’une exposition collective en 2019. © David Eschenlohr

Entre autres partie prenante d’une exposition collective en 2019, à la Galerie du Sauvage justement, David Eschenlohr poursuit son chemin artistique et audiovisuel, sans se prendre la tête mais toujours avec sérieux. «On verra pour la suite, je prends les choses les unes après les autres. La pandémie offre toute une série de nouvelles opportunités, notamment au niveau de la vidéo. Et comme je suis plutôt du genre à ne pas trop dormir, j’ai encore plein de projets qui vont, je l’espère, voir le jour prochainement.» Affaire à suivre, donc!

Sébastien Fasnacht

Article paru dans notre édition abonnés n° 577 du 21 janvier 2021

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