Découvrir la métamorphose du Fil du Doubs

Lumineux et spacieux, tel est le nouveau Fil du Doubs. © Au Fil du Doubs

SAINT-URSANNE C’est une maison rose aux volets bleus, vaste et lumineuse, moderne et chaleureuse. C’est la maison de vacances pour personnes handicapées Au Fil du Doubs, fraîchement rénovée et agrandie. La population est invitée à visiter cette institution unique en Suisse le samedi 5 mai lors d’une journée portes ouvertes.

«Le but c’est que toute personne qui franchira le seuil de la maison, handicapée ou non, ait envie d’y passer une nuit», annonçaient Anne Desse et Sébastien Defer, les directeurs d’Au Fil du Doubs, à l’été 2016. La maison de vacances pour personnes handicapées de Saint-Ursanne était alors fermée depuis un an et demi et le Conseil de Fondation avait réuni la presse pour annoncer la bonne nouvelle: les travaux de rénovation et d’agrandissement allaient pouvoir commencer, 70% du budget de 3,05 millions de francs ayant été réunis.

Un an et demi plus tard, la promesse a été tenue. Plus grande, plus lumineuse, mieux équipée et adaptée aux normes incendie de l’Établissement cantonal d’assurance, la maison a reçu ses premiers vacanciers à la période de Noël. Les crues du Doubs s’en sont mêlées au mois de janvier, mais la seconde réouverture a eu lieu le 1er février et depuis lors les 11 chambres sont régulièrement occupées. «Les habitués reviennent et sont enchantés, et nous accueillons aussi une nouvelle clientèle», se réjouit Anne Desse.

Avec ses murs roses et ses volets bleus, la maison évoque irrésistiblement les vacances et la gaieté. © Au Fil du Doubs

Au service de la personne handicapée

Samedi 5 mai cependant, il n’y aura aucun résident au Fil du Doubs. Ce jour-là, c’est la population qui est invitée dans la maison rose aux volets bleus pour une journées porte ouvertes. L’occasion de découvrir le salon, vaste et lumineux, la véranda à la vue plongeante sur le Doubs, la cuisine «énorme mais familiale», les chambres à la décoration soignée, la salle polyvalente et l’espace bien-être au sous-sol, le jardin… Une maison où oui, on s’octroierait volontiers quelques jours de vacances.

Le Fil du Doubs est pourtant réservé à une clientèle spécifique, même s’il n’y paraît pas au premier coup d’œil. Des lits médicalisés aux vastes espaces qui facilitent les déplacements en fauteuil roulant, tout a été pensé pour les personnes en situation de handicap. Et ce sont des professionnels des soins qui s’occupent des résidents. L’équipe se compose pour l’instant d’un poste et demi, sans compter les codirecteurs et le cuisinier.

S’ils ne s’inquiètent pas pour le taux de remplissage de leur maison, unique en Suisse, Anne Desse et Sébastien Defer connaissent la réalité des chiffres: «Une nuit en pension complète coûte 185 francs, un prix relativement bas compte tenu de tout ce qu’il comprend mais que nous voulons maintenir à ce niveau pour que le séjour soit accessible au plus grand nombre, explique Anne Desse. Néanmoins les pensions couvrent deux tiers des dépenses, nous avons donc toujours besoin de dons pour le fonctionnement de la maison.» «Et nous devons trouver encore un peu d’argent pour payer les dernières factures des travaux», complète Sébastien Defer. Voilà qui est dit.

Pour un don ou pour des informations, tout est sur www.aufildudoubs.com

Article rédigé par Claire Jeannerat, publié dans le N°445 du 19 avril 2018


S’ouvrir sur l’extérieur
Deux rendez-vous publics sont à l’agenda du Fil du Doubs ces prochains temps. Le 29 avril, l’institution propose une conférence de Philippe de Lachapelle, ancien collaborateur de L’Arche, aujourd’hui directeur de l’Office chrétien des personnes handicapées et de la revue Ombres et Lumière, et également chroniqueur radio. Il s’exprimera sur le thème «Fragilité et bonheur, est-ce compatible?» Dimanche 29 avril à 16 heures à la Collégiale de Saint-Ursanne, entrée libre, chapeau à la sortie.
Le second rendez-vous, ce sont les portes ouvertes du samedi 5 mai, de 10 heures à 17 heures. Hormis des expositions temporaires et le verre de l’amitié, aucune animation n’est prévue: la vedette, c’est la maison elle-même. «Nous avons reçu des soutiens de toutes parts pour la rénovation. Nous disons aux gens: « Venez voir à quoi a servi votre argent »», explique Anne Desse.
Ces rendez-vous reflètent aussi la volonté des deux codirecteurs d’ouvrir leur établissement, à l’image des cours de qi gong où se mêlent résidents et tout-public: «On voudrait que les gens de l’extérieur rentrent dans la maison, qu’il n’y ait pas de barrière, et je crois que ça passe par nous», conclut Anne Desse.   CLJ

© Au Fil du Doubs