Des contes d’Ajoie et d’ailleurs mis en valeur au Musée jurassien

«Le diable et l’huissier,» un conte ajoulot à retrouver, parmi bien d’autres, au Musée jurassien de Delémont. Crédit: © Nicolas Sjöstedt

DELÉMONT Entre la fin du 19e et le début du 20e siècle, l’instituteur ajoulot Jules Surdez a retranscrit plus d’un millier de contes en patois, un patrimoine local d’une richesse inestimable, à découvrir jusqu’au mois de mai au Musée jurassien d’art et d’histoire de Delémont.

Jules Surdez, instituteur et folkloriste, a retranscrit entre la fin du 19e et le début du 20e siècle plus d’un millier de contes.

Il était une fois Jules Surdez. Né à Saint-Ursanne en 1878, il passe sa jeunesse à Ocourt, où sa mère tient un restaurant. Fou amoureux de sa région et de son patois, il va devenir l’un de ses plus grand défenseurs. Mieux, il lui prend un jour l’envie de récolter, puis de retranscrire les contes racontés à l’époque au coin du feu, à la table du bistrot ou dans les fêtes populaires. Sa quête des histoires locales, des proverbes du cru et des mots patois le mènera aux quatre coins du canton. Aujourd’hui, le Musée jurassien de Delémont lui rend hommage en mettant en valeur une partie du millier de contes locaux recueillis durant sa vie. «C’est un fonds important, d’une grande valeur et d’une rare diversité. Il y a des contes à rire, des contes qui font peur, des contes fantastique. Cela a été un vrai bonheur de les mettre en scène», explique Nathalie Fleury, conservatrice du Musée jurassien d’art et d’histoire.

S’amuser avec les contes

Des contes traduits du patois, illustrés et avec lesquels le visiteur peut s’amuser. «Dans un conte, on parle de la vouivre, le visiteur est alors amené à créer son propre animal fantastique. Dans un autre, il est question du château de Pleujouse, nous avons installé une maquette pour montrer les lieux», poursuit Nathalie Fleury. Une manière donc de redécouvrir la région sous un autre angle, avec une autre perspective. «Il nous a également semblé important de remettre les contes dans leurs contextes régionaux respectifs», note Nathalie Fleury. C’est ainsi que les enfants de l’école primaire de Vendlincourt ont été invités à lire une histoire qui se déroule dans leur région. Idem pour les enfants d’Epauvillers. Un bon moyen de lier le présent avec le passé.

Comprendre ce patrimoine

Et la démarche du Musée jurassien ne s’arrête pas là. Afin de mieux encore comprendre ce patrimoine local, une rencontre avec les patoisants, une conférence d’une historienne et un après-midi de contes seront organisés en marge de l’exposition durant le mois d’avril.

Sébastien Fasnacht, 29 mars 2018, N° 442

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