Des rues pavées d’art

Forgé, l’une des deux pièces de Wiggli que Porrentruy peut s’enorgueillir d’avoir sur son territoire, au collège Thurmann en l’occurrence. Claire Jeannerat @ Éditions L'Ajoie
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PORRENTRUY Est-ce parce qu’elles sont trop familières? Mal mises en valeur? Toujours est-il que même les Bruntrutains méconnaissent souvent les sculptures qui jalonnent les espaces publics de leur ville. Sauf Mathilde Schaffter, qui nous a suggéré cette idée d’article!

Ne cherchez pas d’inventaire officiel, il n’y en a pas. Pour recenser les sculptures disséminées aux quatre coins de la ville de Porrentruy, le plus sûr moyen est de s’adresser aux fins connaisseurs que sont Vital Schaffter et Michel Cerf. Le premier est architecte, amateur d’art, ancien président du Musée de l’Hôtel-Dieu et de l’association des Amis de la Galerie Courant d’art, à Chevenez; le second, amateur d’art également, lui-même sculpteur à ses heures, a créé il y a dix ans un site internet (www.allaine.com) justement consacré à la sculpture en ville de Porrentruy.

Tous les deux partagent le même double – ou plutôt triple – constat. D’abord, il y a de nombreuses œuvres sculptées dans l’espace public bruntrutain, «beaucoup plus qu’on ne l’imagine», remarque Vital Schaffter. Difficile de donner un chiffre précis, car tout dépend de ce que l’on choisit d’inclure dans la liste. Mais disons une bonne vingtaine, et nous serons aussi proches de la réalité que possible.

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Seconde observation: plusieurs grands noms de l’art jurassien figurent dans cette collection. «Il y a à Porrentruy deux grandes pièces de Wiggli, au Château et au collège Thurmann. Peu de villes peuvent en dire autant», relève par exemple Vital Schaffter. Angi, Gérard Bregnard, Veralli, Myrha, Camillo ou encore Fürst ont également signé des œuvres visibles en plein air à Porrentruy et ici dans notre rubrique En images.

Un appel à la Municipalité

La qualité se conjugue donc avec la quantité dans ce domaine. Mais… il y a un «mais», et c’est le troisième constat partagé par nos deux interlocuteurs: ce patrimoine artistique contemporain est insuffisamment valorisé. «À la Poste vers la gare, la sculpture de Gigon mériterait un bon nettoyage!, s’exclame Michel Cerf. Et puis elle a été collée au bâtiment, c’est dommage. Sans compter que le nom sur la plaque n’est pas conforme au titre original de l’œuvre…» 

Au moins en a-t-elle une, de plaque, ce qui n’est pas le cas de la plupart des autres pièces, déplore Vital Schaffter. «Ce serait bien que la Commission culturelle fasse le nécessaire. On pourrait imaginer un parcours avec un plan, ce serait un plus pour le tourisme… Moi en tout cas, cela m’intéresserait!» Michel Cerf évoque de son côté des QR codes qui renverraient à des informations sur les œuvres… Ce ne sont donc pas les idées qui manquent.

Bientôt une nouvelle œuvre

En attendant, les amateurs d’art se réjouiront d’apprendre qu’une nouvelle sculpture a été érigée dernièrement vers l’entrée du Centre de rééducation de l’Hôpital du Jura. D’une hauteur de 5.5 mètres, elle a été financée par les Amis de la Galerie Courant d’art. Quant au suivi du projet, il a été confié à un certain Vital Schaffter: «C’est Longovarda, un artiste de La Ferrière, qui la réalise. Et… ce sera bien!», sourit-il. On lui fait totale confiance!

Claire Jeannerat

Article paru dans notre édition abonnés n° 500 du 6 juin 2019

Poursuivez la balade en découvrant dans notre édition abonnés n° 572 du 3 décembre 2020 les œuvres d’art visibles dans les villages d’Ajoie et du Clos du Doubs!

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