Des travaux à la ferme contre le gîte et le couvert

volontariat, caritas suisse
Le volontariat à la ferme, ou comment revenir à la terre, tout en se rendant utile. © Caritas Suisse
Publicité

ÉPIQUEREZ Propriétaire d’une petite exploitation depuis 2012, le couple Marchand manquait de personnel. Grâce à Caritas Montagnards, les jeunes agriculteurs ont pu profiter d’un précieux renfort de bénévoles.

Le travail à la ferme, il y en a tout au long de l’année. À deux, difficile de faire tourner une exploitation de 26 hectares. Propriétaire d’une ferme située à Épiquerez, le couple Marchand est exposé à des difficultés d’autant plus grandes qu’il se trouve en région montagneuse. Acquise en 2012, leur ferme a nécessité de lourds travaux. Sans oublier la vingtaine de vaches laitières qui demandent de l’attention 365 jours par an. Bref, pas de répit pour Élodie et Martin Marchand, par ailleurs parents de trois jeunes enfants. Comment faire pour assumer de front toutes ces responsabilités? Et si la réponse tenait en un mot: Caritas.

Un échange de bons procédés

Publicité

Caritas Suisse a mis en place un dispositif d’entraide au début des années 1980, à la suite de grosses intempéries qui ont touché la Suisse alémanique. Le programme Caritas-Montagnards est né pour mettre en relation des volontaires et des paysans montagnards en grande difficulté. Pendant une semaine ou plus, une personne motivée vient vivre sur l’exploitation, elle y travaille en échange du gîte et du couvert. C’est en 2014 que le couple Marchand s’est rapproché de Caritas: «Les volontaires font ce qu’ils peuvent, selon nos besoins et selon leurs envies. Une personne retraitée n’aura peut-être pas les mêmes capacités physiques qu’un jeune de 18 ans. Travaux dans les bâtiments, entretien extérieur dans les champs, coupes de bois, jardinage… Ce sont des tâches simples et variées, souvent manuelles, mais indispensables!», explique Martin Marchand.

Jessica Pillet, chargée de projets Caritas-Montagnards, note un intérêt croissant pour l’agriculture locale: «Beaucoup de gens se sont inscrits lors de la crise sanitaire. Ils veulent savoir d’où vient la nourriture, comment on s’occupe des animaux… Bref, revenir à l’essentiel tout en se rendant utiles!» Le bilan est plus que positif: 1206 bénévoles se sont engagés via Caritas-Montagnards en 2021, ce qui correspond à l’équivalent de 30 personnes travaillant à temps plein pendant un an.

La magie des rencontres

Au-delà de l’aspect pratique, il y a toute une dimension humaine. «La personne vit avec nous, elle fait partie de notre foyer, prend ses repas avec nous, il faut que la confiance s’installe. Ça s’est toujours bien passé! De tous milieux et de tous âges, Les gens ont des profils très différents. Par exemple, on a reçu un bénévole qui est venu en moto depuis la Belgique. Il était très motivé. Avec ma femme, on arrêtait de travailler en fin de journée, et lui continuait! Des liens se tissent», apprécie l’agriculteur qui a momentanément renoncé aux bénévoles depuis qu’il accueille des apprentis.

En ce moment, aucune famille ajoulote ne participe au dispositif Caritas-Montagnards. «Notre dispositif ne demande qu’à être sollicité, les bénévoles sont là, prêts à donner un coup de main, précise Jessica Pillet, chargée de projets Caritas-Montagnards. N’hésitez pas à faire appel à nous, si vous êtes en difficulté en ce moment, si vous avez un pic de travail». À bon entendeur!

Caroline Libbrecht

 

Publicité