Elle termine son premier Ironman avec le sourire

Delphine Riat
Delphine Riat a été confrontée à quelques obstacles durant son entraînement. «En plus des craintes et des remises en question, c’est difficile de trouver tous les jours la motivation, et d’être régulier.» © Sportograf
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CHEVENEZ Delphine Riat a pris part à son premier Ironman au mois de juillet, à Thoune. L’athlète a terminé au 13e rang de l’épreuve bernoise de triathlon, la bouclant en 12 heures. Cette expérience a été une réelle victoire pour l’Ajoulote, qui a travaillé dur et qui en a tiré une belle leçon.

Dans son jardin de Chevenez, dans lequel a été installée une barre de traction, la sportive ajoulote indique en souriant s’être mise à la discipline «très tard», pendant la crise sanitaire, en 2020: «J’avais un peu plus de temps pour moi, j’ai alors commencé la marche
à pied. Puis, dans la continuité je me suis dit que je pourrais aussi courir. J’ai toujours fait du sport. Je savais nager, faire du vélo et de la course à pied, donc pourquoi pas?»
En 2021, l’enseignante et nouvelle directrice du cercle scolaire de Haute-Ajoie s’entraîne pour prendre part au demi-Ironman – dont la distance correspond à la moitié de cexlle d’un Ironman – de Graz, en Autriche. «Pendant l’épreuve, j’ai pris du plaisir. Mais à la fin, j’étais
vraiment fatiguée. Je n’avais plus envie de faire du triathlon, c’était difficile. Toutefois, après m’être posée et avoir un peu réfléchi, je me suis rendu compte que j’avais cette envie de participer à une épreuve plus grande.»

Remises en question permanentes

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Elle se lance alors le défi de l’Ironman de Thoune, pour cette année. Coachée, elle commence son entraînement fin 2021. L’enseignante s’attelle à toutes les disciplines deux-trois fois par semaine, «mais pas le même jour. En vélo et en course à pied par exemple, je réalise des séances courtes avec de hautes intensités en hiver, avec un peu de renforcement musculaire. Puis quand les beaux jours arrivent, ce sont des sorties plus longues». Alors qu’elle se fixe comme objectif de boucler les 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de cyclisme et le marathon en 14h, elle termine l’épreuve en deux de moins et finit à la 13e position. Une victoire pour la Jurassienne qui possédait de réelles craintes durant toute la durée de son entraînement: «Je me suis passablement remise en question. J’avais peur. Je ne savais pas si j’étais capable d’arriver au bout.»
Finalement, tout se passe pour le mieux: «Le jour J, je me suis lancée et j’ai remarqué que ça se passait bien. Et là, ça n’a été que du plaisir. Pas une seule fois je n’ai regretté de
m’être lancée dans cette aventure. J’ai toujours eu un esprit positif, et je pense que ce trait de caractère forge la combativité, tout comme avoir des projets un peu fous comme celui-là.»

Un amour pour les défis

Mais pourquoi cette discipline? Lasportive de 44 ans qui a été championne suisse de motocross et enseignante de plongée au Vietnam répond: «J’aime quand les choses sont
difficiles, j’apprécie particulièrement les challenges. Mais aussi pour me prouver que je suis capable de le faire. J’ai l’habitude de mettre la barre assez haut, assez vite. Je me donne
les moyens qui ne me permettent pas de gagner mais d’atteindre mon but, celui d’arriver au bout.» Elle partage une anecdote, en riant: «Je n’ai pas le physique d’une triathlète, mais d’une personne qui pratique des sports plus durs. Quand j’arrive dans ces courses,
je vois toutes ces filles fines, longues, et je me demande ce que je fais là. Plus nous avons de poids à porter et plus c’est difficile.» La maman de deux enfants a tiré une leçon de cette expérience: «Si nous avons envie d’atteindre un objectif et si nous nous donnons les moyens d’y arriver, nous avons la possibilité de réaliser ce que nous désirons.»

Kathleen Brosy

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