Ènne quèchtion de point de beuye

La vue, depuis la Faux D’Enson. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie
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DISTRICT Alors que les examens approchent à grands pas pour les élèves ajoulots, L’micou a choisi aujourd’hui de nous parler d’une chose fondamentale et essentielle: le droit à la différence et au bonheur qui, souvent, n’est tout simplement qu’une question de point de vue! On vous laisse savourer.

Pai ïn bé djoué de tchâtemps, che te montes en lai Fâ d’Enson, â detchus de Roétche d’Oûe, te détieuvres ïn ïnaittendu panorama aivô, tot â fond, lés Alpes que s’décopant dains lo bieû di cie. Ç’ât li qu’mon raicodgère m’é aippris l’nom de cés ennadgis boquats… èt que pu taid, i ne trove encoé ran de meu que de raibaîtchie en més p’tèts l’afaints: l’Eiger, lo Mönch èt lai Jungfrau…. Tiaind, â long d’ïn viaidge, i m’seus trovè â pie de cés che bèlles montaignes, i aivô de lai poinne è m’seuv’ni de ç’te véjion de mon afaince, de cés p’tètes deints que fromïnt c’ment ènne raisse dains l’cie de l’Oberland. Ç’ât qu’en me raippreutchaint, lo point de beuye avait tchaindgie èt, aivô lu, tote lai mainiere de voûere lo paiyisaidge.

Çoli m’aimoéne è vos bèyie ïn âtre ésempye de lai diffreince qu’è peut y aivoi dains lai compregnoure dés situachions. Ïn diridgeou d’écôle diait és poirents de sés éyeuves : lés ésamens v’lant bïntôt c’mencie. I sais que vôs étes tus en tieusain po lai grôte de vôs afaints, mains i voérôs vôs raippelaie çoci: dains tos cés éyeuves que s’rïnt sietès ci djoué-li, è y airé ïn artichte que n’airé’pe fâte de tot compare és mathématitçhes. È y veut aivoi ïn entrepregnou que n’airé ran è diaignie de se seuv’ni dés daites de l’hichtoire o dés grants noms de lai littérature. È y airé achi ïn dyïndiaire que ne f’ré ran de lai chemie, èt ïn dgymnaste qu’airait moyou temps de pare soin de sai saintè physique que dés lois de lai dgénrâ physique.

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Che vot’ afaint eur’cit de boénnes notes, ç’ât po l’meu. Mains che ç’n’ât’pe lo cas po vot’ bouebe o vot’ baichatte, ch’ vôs piaît ne lés gronc’nèz pe, mains dites putôt que ç’n’ât’pe lai fïn di monde… èt que çoli n’ât ran qu’ïn ésamen èt que, tot â long de yôt’ vétiaince, ès v’lant faire dés tchôses bïn pu ïmpoétchaintes. Ainmèz vôs afaints c’ment qu’ès sont èt ne lés djudjèz pe !

Mitnaint, ravoétèz tos cés djûenes que pregnant lo monde dains yôs mains ! Ènne croûeye note o ïn maintçhè l’ésamen ne sairaint aibéchie yôt’ valou.
Èt peu ne rébiètes pe: lés grants sciençous èt lés grants médecïns ne sont’pe dés dgens hèyerous tot de pai lés dains ci monde! Che vôs n’me craites pe, amis de l’AIDJOÛE… montèz ïn djoué en lai Fâ d’Enson, ç’ât che bé… èt peu, craibïn qu’ès v’lant reuvie lo cabarèt aiprés ç’te pandémie !

L’micou

TRADUCTION

Une question de point/de vue

Par un beau jour d’été, si tu montes à la Faux d’Enson, au dessus de Roche d’Or, tu découvres un panorama inattendu, avec, tout au fond, les Alpes qui se découpent dans le bleu du ciel. C’est là que mon instituteur m’a appris le nom de ces sommets enneigés… et que plus tard, je ne trouve encore rien de mieux que de rabâcher à mes petits-enfants : l’Eiger, le Mönch et la Jugfrau… Quand, à l’occasion d’un voyage, je me suis trouvé au pied de ces si belles montagnes, j’avais de la peine à me souvenir de cette vision de mon enfance, de ces petites dents qui formaient comme une scie dans le ciel de l’Oberland. C’est qu’en me rapprochant le point de vue avait changé et, avec lui, toute la manière de voir le paysage.

Cela m’amène à vous donner un autre exemple de la différence qu’il peut y avoir dans la compréhension des situations. Un directeur d’école disait aux parents de ses élèves : les examens veulent bientôt commencer. Je sais que vous êtes tous en souci pour la réussite de vos enfants, mais je voudrais vous rappeler ceci : dans tous ces élèves qui seront assis ce jour-là, il y aura un artiste qui n’aura pas besoin de tout comprendre aux mathématiques. Il veut y avoir un entrepreneur qui n’aura rien à gagner de se souvenir des dates de l’histoire ou des grands noms de la littérature. Il y aura aussi un musicien qui ne fera rien de la chimie, et un gymnaste qui aurait meilleur temps de prendre soin de sa santé physique que des lois de la physique en général.

Si votre enfant reçoit de bonnes notes, c’est tant mieux. Mais si ce n’est pas le cas pour votre garçon ou votre fille, s’il vous plaît, ne les blâmez pas, mais dites plutôt que ce n’est pas la fin du monde… et que cela n’est rien qu’un examen, et que, tout au long de leur existence, ils vont faire des choses bien plus importantes. Aimez vos enfants comme ils sont, et surtout ne les jugez pas ! Maintenant, regardez tous ces jeunes qui prennent le monde dans leurs mains ! Une mauvaise note ou un examen manqué ne saurait abaisser leur valeur.

Et puis, n’oubliez pas : les grands savants et les grands médecins ne sont pas les seuls gens heureux dans ce monde !

Si vous ne me croyez pas, amis de L’AJOIE… montez un jour à la Faux d’Enson, c’est si beau… et puis, peut-être qu’ils veulent rouvrir le restaurant après cette pandémie !

L’micou

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