Entre montagne et engagement associatif

Pour Agnès Brahier, que l'on voit ici sur un sommet à 3905 mètres dans le Sud-Tyrol, la montagne se pratique en groupe, toujours. © Agnès Brahier
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PORRENTRUY Agnès Brahier aime la montagne, certes. Mais si elle est devenue présidente de la section Jura du Club alpin suisse (CAS) il y a quatre ans, c’est d’abord par envie de s’engager bénévolement. En septembre 2020, alors qu’elle s’apprêtait à quitter son poste, elle revenait sur cette période qui a permis d’ouvrir la porte à d’époustouflantes expériences.

Le sport a toujours fait partie de sa vie. Vélo, course à pied, de tout temps Agnès Brahier a travaillé son endurance en pratiquant «ces disciplines que l’on peut faire facilement aux Franches-Montagnes», ce haut plateau qui la vit naître voilà un peu plus d’un demi-siècle. «La montagne m’a toujours intéressée, mais la vie ne m’a pas donné l’occasion de m’y consacrer plus tôt», se souvient-elle. Ce sera donc le hasard, s’il existe, qui, il y a une dizaine d’années, lui fera chausser des crampons pour la première fois.

Une évasion rafraîchissante

Appelée à remplacer un participant lors d’une course de haute montagne, Agnès Brahier profite de sa bonne condition physique pour se lancer. Et après une semaine d’itinérance sac au dos, notre Jurassienne est conquise. «J’adore quand on part depuis la plaine où c’est vert et chaud et qu’on monte passer plusieurs jours dans le blanc de la neige. J’arrive facilement à me déconnecter dès le premier jour, c’est comme une évasion très rafraîchissante», confie-t-elle. Portée par le groupe qui l’accompagne, Agnès prend immédiatement conscience de l’importance d’être entourée. «On ne fait pas de la montagne seul. Dans ces moments-là, c’est primordial de partager, de se soucier des autres, de s’adapter au rythme aussi. Mais surtout, on apprend constamment», relève-t-elle.

Près de la Blümlisaphütte, août 2020. © Agnès Brahier
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S’engager pour un club

Forte de ce constat, elle s’approche du Club alpin suisse et, bruntrutaine depuis maintenant une vingtaine d’années, elle entre rapidement au comité de la section Jura, qui n’est autre que l’antenne ajoulote du CAS. «Au-delà de mon attrait pour la montagne, j’avais envie de consacrer un peu de mon temps à une association, de m’engager pour ce club qui m’apportait tant de choses.» Elle en deviendra la présidente en 2016.

Depuis, Agnès Brahier partage son temps entre son emploi de formatrice, les multiples tâches inhérentes à son poste de responsable au CAS et la montagne. «J’en fais autant que je peux, surtout en hiver car j’aime beaucoup la randonnée à ski. Mais c’est vrai que les distances pour se rendre dans les Alpes sont parfois un frein et limitent les possibilités

Des entraînements régionaux

Par chance, l’Ajoie et le Jura en général offrent un terrain propice aux entraînements, dont les quelque 330 membres de la section régionale profitent allègrement. «Au CAS, on propose plusieurs types d’activités: marche en plaine, moyenne et haute montagne, via ferrata, escalade ou ski de randonnée. On essaie de proposer en principe au moins une sortie par week-end, parfois davantage en été et en hiver, dont une bonne partie dans la région. Et si on prend par exemple la course qui part des Enfers aux Franches-Montagnes et qui va jusqu’à la ferme du Paradis près de Bure en passant par les côtes du Doubs, on voit qu’il y a vraiment de quoi entraîner son endurance et sa résistance par ici», se réjouit-elle avant d’ajouter: «Mais on profite aussi de bons moments de convivialité à notre chalet des Ordons. On fait par exemple chaque année une petite Saint-Martin, c’est toujours très sympa

Aux Sommêtres (Agnès Brahier est ici à gauche). © Agnès Brahier

Profiter davantage

Après quatre ans de présidence, Agnès Brahier passera le témoin à la fin de l’année. Un changement dont elle se réjouit: «Ça va me libérer du temps, j’aurai surtout moins de contraintes. Je pense que je vais davantage me consacrer à la lecture et à la montagne, mais aussi aux activités proposées aux membres du CAS dans la région.» Autant dire que le programme de l’année 2021, actuellement en cours d’élaboration, aura une saveur tout à fait particulière!

Élise Choulat

Article paru dans notre édition abonnés n° 562 du 24 septembre 2020

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