Être chrétien, une posture d’avenir?

Einsiedeln, un haut-lieu du christianisme en Suisse.
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En 1960, 99% de la population de notre pays se disait catholique, protestante ou catholique chrétienne. Selon une enquête de 2013, nous n’étions plus que 67%. Les sociologues distinguent quatre catégories de chrétiens chez nous: les distanciés (64%) appartiennent à une confession mais n’ont de lien que pour les grands moments de la vie. Les institutionnels (17%) dont la moitié pratique hebdomadairement. Les séculiers (10%) dont une moitié sont indifférents à l’Eglise et l’autre hostile. Et enfin les alternatifs (9%) qui s’intéressent davantage au New Age, à l’ésotérisme, à la méditation qu’à l’institution à laquelle ils appartiennent. La pratique hebdomadaire fondant comme neige au soleil, les 2/3 des Suisses demeurent étonnement inscrits dans leur confession:

  • pour bénéficier des services de l’Eglise (baptême, mariage, première communion, funérailles)
  • parce qu’ils reconnaissent le rôle social que jouent les institutions religieuses particulièrement auprès des démunis
  • pour que l’institution transmette des valeurs morales à leurs enfants
  • par souci identitaire: « dans notre famille on a toujours été catholiques », disent-ils
  • pour sauvegarder le patrimoine bâti, culturel et artistique chrétien de notre pays
  • enfin par adhésion de foi à la personne du Christ, vrai homme et vrai Dieu, mort et ressuscité

Actuellement 53% des migrants sont chrétiens, 13% musulmans, et 1 catholique sur 4 en Suisse a un passeport étranger. Le profil du chrétien dans notre pays est donc en mutation. En 2030, 33% de notre population sera sans confession. Sachant que la pratique va encore diminuer, qu’il n’y aura pas de conversion massive, que la croyance « à la carte » va augmenter, comment tiendra le socle chrétien sur lequel est construit notre société helvétique ? (Drapeau, fêtes chômées, valeurs chrétiennes, impôts, respect du dimanche, art, culture, littérature…). Notre défi est celui de la transmission et du rayonnement. Et pour le relever, seul une cohérence entre ce que le chrétien annonce et ce qu’il vit est parlant. Passer en fait d’un christianisme de tradition à un christianisme de conviction. Tout le reste n’est que du « remue-méninges »!

Philippe Charmillot, Saint Gilles-Clos du Doubs

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