«Etre parents, un dur métier auquel on est pas préparé!»

Légende photos : Autour d’un jeu ou d’un café, la Bulle verte est un lieu où l’on échange. Benoît Monnin © Editions L’Ajoie

PORRENTRUY  Née en 2015, la Bulle verte est un lieu ouvert aux enfants de 0 à 5 ans et à leurs parents. Un lieu d’échanges et de rencontre, pour apprendre à être parent et se préparer à affronter la vie.

Une bulle. Hors du temps. Loin des difficultés quotidiennes. Une sorte de sanctuaire où l’on peut venir avec ses enfants passer un moment de manière informelle mais structurée. Un lieu d’écoute et de partage, sans jugement et sans pressions. La Bulle verte à Porrentruy, c’est tout ça à la fois. Elle est ouverte les lundis, mercredis et vendredis matin aux enfants âgés de 0 à 5 ans, à condition qu’ils soient accompagnés de leur maman, de leur papa ou d’un autre adulte de leur connaissance.

A la Bulle verte, on joue, on découvre, on parle. On se prépare à affronter l’inévitable séparation qui attend chaque enfant et chaque parent. Et tout ceci naturellement, autour d’un bac à sable, d’un jeu de société ou d’un café. «Lorsque l’on est parent, ce n’est pas forcément facile de trouver un endroit adapté pour son enfant, où l’on peut être avec lui sans déranger, tout en échangeant avec d’autres parents dans la même situation», note Stéphanie Malnati, l’une des cinq accueillantes de la Bulle verte. Située dans les anciens locaux de la ludothèque, à deux pas du Séminaire, la structure d’accueil a vu le jour en 2015, après plusieurs péripéties. L’an dernier, elle a accueilli 650 enfants issus de 528 familles ajoulotes.

Partager ses expériences

Si le lieu est principalement centré sur l’enfant, il est aussi une île au milieu de l’océan pour les parents. «Parent, c’est un dur métier! Un métier auquel on est pas préparé et dans lequel on peut rapidement se retrouver isolé si on est pas soutenu d’une manière ou d’une autre», constate Stéphanie Malnati.

La Bulle verte permet donc aux parents de venir partager leurs expériences avec d’autres parents et aux enfants de s’ouvrir gentiment au monde. «Nous ne sommes pas là pour donner des conseils ou pour trouver LA solution à chaque problème, poursuit Stéphanie Malnati, nous voulons juste proposer un lieu riche et ordonné dans lequel chacun peut trouver sa place.»

Des portes ouvertes le 3 mars

Reconnue d’utilité publique depuis peu, l’association Familles d’Ajoie qui gère la Bulle verte peut compter sur le soutien financier du canton, également depuis peu, sur celui de la commune de Porrentruy et sur celui, ponctuel, de la Loterie romande. «La situation est meilleure que lorsque l’on a commencé mais on doit chercher sans arrêt d’autres financements. On espère qu’à terme les communes ajoulotes autres que Porrentruy pourront également nous soutenir». L’appel est lancé. En attendant, afin de se faire connaître, la Bulle verte organise des portes ouvertes le 3 mars prochain. Contes pour enfants, visite des lieux et rencontre avec l’équipe sont au programme de 10 heures à 16 heures.

Sébastien Fasnacht, 22 février 2018, N°437


Lâcher les écrans au profit du jeu

Le concept de Maison verte a vu le jour en France en 1979, sous l’impulsion de Françoise Dolto. Pédiatre et psychanalyste, elle constate alors que la télévision a remplacé les discussions au coin du feu, que les gens ne prennent plus le temps de se parler et que cette situation a un impact sur le développement et l’éducation des enfants.

Nous sommes en 2018 et Françoise Dolto trouverait dans notre société un certain nombre de points communs avec ce qu’elle observait à l’époque: «La télévision perd gentiment du terrain au profit des appareils connectés, mais la logique est la même», explique Stéphanie Malnati, présidente de l’association Familles d’Ajoie. «A la Bulle verte, nous essayons de casser cette dynamique. L’un de nos buts est de remplacer le temps d’écran par des jeux simples, de donner ou de redonner le goût du jeu. Le nom de notre maison verte n’est pas dû au hasard. Nous souhaitons créer une bulle, dans laquelle parents et enfants peuvent retrouver du temps pour eux.» Du temps pour jouer, tout simplement.  SF