Faire de la glace, une science précise et complexe

Johann Possin et la toute nouvelle surfaceuse... électrique. Sébastien Fasnacht © Éditions L'Ajoie

PORRENTRUY/COURTEDOUX Sans lui et sans son équipe, pas de glace. Et du coup, pas de hockey sur glace, de curling ou de patinage artistique. Johann Possin est maître de glace à la patinoire de Porrentruy, un job complexe, exigeant et méconnu.

Carrure de hockeyeur, barbe de playoffs toute l’année… À la patinoire de Porrentruy, Johann Possin est dans son élément. Et pour cause, l’ancien maçon et contremaître a grandi avec le hockey comme passion. À bientôt 40 ans, s’il taquine encore le puck avec les vétérans, il passe littéralement la plus grande partie de sa vie professionnelle au bord du champ de glace ajoulot.

Une glace différente pour chaque sport

Engagé il y a 3 ans par la Municipalité de Porrentruy en tant que responsable de l’Espace loisirs (patinoire, camping, piscine et skatepark), Johann Possin est secondé par trois collaborateurs. À peine l’été terminé, ils doivent être aux petits soins de la surface de glace. Une mission fondamentale de laquelle dépend non seulement le bon déroulement des entraînements et des matches de l’ensemble des équipes du HC Ajoie, mais également ceux des membres du club des patineurs et des curleurs. «C’est assez complexe car on ne fait pas la glace de la même manière pour ces trois sports. Pour le patinage artistique, par exemple, il faut que la glace soit assez molle afin qu’elle ne se brise pas lors de la réception des sauts.»

Une vraie science que l’Ajoulot de Courtedoux a apprise sur le tas et lors de cours de perfectionnement. Un savoir-faire complexe, rendu plus difficile encore en raison de l’utilisation intensive du champ de glace. «A Berne, avant un match de la première équipe, la glace est fermée au minimum en début d’après-midi pour avoir le temps de la faire correctement. Nous, si on a deux heures pour la faire, c’est déjà le luxe», explique Johann Possin.

Si la glace est le souci principal de Johann Possin et de son équipe actuellement, il faut également gérer le planning des utilisateurs, la répartition des vestiaires pour les équipes locales et les visiteurs. Un travail de l’ombre et de passionné, que Johann Possin fait avec plaisir. «Quand j’étais contremaître, l’idée me travaillait déjà. J’avais toujours dit que si un jour le poste se libérait, je postulerais. Et maintenant que j’y suis, je ne regrette vraiment pas

Un article de Sébastien Fasnacht, publié dans l’édition du 30 août 2018, N°462