Georges Pélégry, l’art en héritage

Jojo Pélégry dans "son" Caveau. Claire Jeannerat © Éditions L'Ajoie
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SAINT-URSANNE Infatigable promoteur des artistes jurassiens depuis plusieurs décennies, Georges Pélégry déploie maintenant ses talents de galeriste dans la ville qui l’a vu naître. Avec une poignée de passionnés, il gère la Galerie du Caveau, celle-là même que son père a cofondée dans les années 70. C’est dire s’il a le métier dans le sang.

L’expression est tellement éculée qu’on hésite à s’en servir. Mais faute d’en trouver une autre plus adéquate, résignons-nous: l’art, Georges Pélégry est tombé dedans quand il était petit. «J’avais 13 ans quand j’ai fait mon premier vernissage», sourit-il. C’est sur le ton de la boutade qu’il le raconte, pourtant l’anecdote en dit long: «C’était en 1959, mon père, Léon Pélégry, avait organisé une exposition avec d’autres peintres dans la salle de l’école enfantine, juste ici au-dessus (de la Galerie du Caveau à Saint-Ursanne, ndlr). C’est la première fois que j’ai aidé à monter une exposition.»

Si c’est à ce moment-là que sa vocation de galeriste a sans doute germé, elle aura fait quelques détours avant d’éclore véritablement. Jojo – car c’est ainsi que tout le monde l’appelle – Pélégry a en effet travaillé pendant plusieurs années sur des chantiers, puis dans les bureaux de son employeur: «Je dessinais des cuisines et je calculais des devis! Mais je m’occupais déjà un peu de peinture.» Ce n’est donc évidemment pas un hasard si en 1985, on lui propose de devenir coordinateur de la section jurassienne de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses (SPSAS), rebaptisée par la suite visarte.jura.

D’une galerie à l’autre

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Quatre ans plus tard, il est nommé animateur du Centre culturel régional de Delémont. Il y passera vingt ans et y trouvera un espace propice à l’expression de ses talents de galeriste: «On a créé la galerie Focale 18 dans les locaux du Photo-Club de Delémont. On y a organisé, oh, bien 70 à 80 expositions de peintres amateurs régionaux. C’est là que j’ai appris le métier de l’accrochage.» Également membre des comités de la Galerie Bovée et de l’ARTsenal, Jojo Pélégry aura même un temps sa propre galerie à Delémont, baptisée Or, l’art?.   

Rien d’étonnant donc à ce qu’un beau jour, alors qu’il coulait depuis quelques années une retraite paisible dans la ville qui l’a vu naître, le label culturel Ursinia lui propose la responsabilité de sa commission des expositions, et plus spécifiquement celle de la Galerie du Caveau. Il dit oui, «mais à la condition qu’on en fasse une vraie galerie, c’est-à-dire qu’on sélectionne les artistes et qu’on adopte une ligne graphique qui se tient.»

«Mon père n’exposerait pas ici» 

C’est ainsi qu’en 2015, Jojo Pélégry, avec à ses côtés une petite équipe d’artistes et d’amateurs d’art, redevient galeriste. Clin d’œil de l’histoire: c’est son père qui, avec une poignée d’autres artistes, avait créé la Galerie du Caveau dans les années 70. Mais le fils l’affirme sans ambages: «Mon père, qui faisait de superbes aquarelles, n’exposerait pas ici.» Car le Caveau se focalise désormais sur la peinture moderne et contemporaine, du Jura (il ne manque pas beaucoup d’artistes du cru dans le carnet d’adresses de Jojo Pélégry) ou d’ailleurs, avec une ouverture privilégiée vers la France voisine.

Et les résultats sont là: en 2016 la galerie a accueilli 2470 visiteurs; en 2017, 2600; et l’an dernier, 3400! «Soyons honnêtes, c’est aussi grâce à la météo et aux autres expositions qui ont eu lieu l’été dernier à Saint-Ursanne», commente Jojo Pélégry avec sa modestie coutumière. Peut-être, mais deux ans plus tôt l’été culturel avait déjà été foisonnant à Saint-Ursanne, et pourtant la fréquentation du Caveau avait été inférieure de presque 1000 visiteurs. C’est donc que le travail de Jojo et de sa commission porte ses fruits. Du travail, il y en a d’ailleurs «énormément», remarque l’intéressé, qui ne semble pourtant pas s’en plaindre. La retraite, ce sera donc pour une autre vie…

Claire Jeannerat

Article paru dans notre éditions abonnés n° 494 du 25 avril 2019

D’autres galeries dans le district de Porrentruy? Elles ne manquent pas. Le Journal L’Ajoie leur avait consacré une série en 2019 à l’enseigne de « Portraits de galeries ». Retrouvez ces cinq articles ici:

La Galerie du Faubourg, à Porrentruy

La Galerie des Annonciades, à Saint-Ursanne

La Galerie-Artothèque Le LAC, à Porrentruy

Le Château de Miécourt

La Galerie du Sauvage, à Porrentruy

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