«Il y a beaucoup d’attente sur ces appartements»

Julien Loichat, directeur des Pénates SA. © porrentruy.ch
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PORRENTRUY L’EMS des Planchettes, le centre de jour Au Bois Husson et les 48 futurs appartements protégés en construction à la place des Bennelats sont réunis dans une nouvelle société, Les Pénates SA. Rencontre avec son nouveau directeur, Julien Loichat.

Quel est le parcours professionnel qui vous a amené à prendre ces fonctions?

J’ai été baigné dans ce domaine de la gérontologie depuis 2009 avec mon mandat de conseiller municipal à la ville de Porrentruy, pendant lequel j’ai présidé la commission de
gestion du foyer Les Planchettes. En 2012, il y a eu une révolution dans le domaine de la prise en charge des personnes âgées dans le Jura, avec la loi sur l’organisation gérontologique. On a transformé Les Planchettes en lui donnant un statut de société anonyme, détenue exclusivement par une collectivité publique. Ensuite, on a développé la prise en charge gérontologique, dès 2014.

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Pourquoi avoir mis en place cette organisation particulière, ce regroupement d’entités qui restent pourtant indépendantes?

La création des appartements protégés est vraiment un gros morceau. Alors évidemment, on a fait tous nos calculs. Il n’y a pas de risque majeur, mais une situation compliquée peut
toujours arriver. Donc on a décidé de créer une société dans laquelle les différentes institutions sont séparées les unes des autres. Ceci afin que si jamais l’une d’entre elles venait à avoir un problème, cela n’affecte pas l’ensemble des autres sociétés.

Pouvons-nous rappeler le projet de la place des Bennelats?

Le bâtiment se composera de plusieurs espaces, dont ces 48 appartements protégés, gérés par notre groupe. Ils sont réservés pour les personnes âgées qui nécessitent un léger
accompagnement socio-sanitaire, soit légèrement médical, soit en matière socioculturelle, donc de l’animation. Pour le futur, la planification médico-sociale prévoit un besoin important sur le district de Porrentruy car c’est le plus âgé des trois. Il y a beaucoup d’attente sur ces appartements: on a plus de demandes en liste d’attente que d’appartements disponibles.

Quelle est la méthode de calcul pour identifier le besoin des aînés en matière d’hébergement?

En 2012, la planification médico-sociale a déterminé, sur un horizon à dix ans, le besoin de lits en fonction de la typologie des personnes âgées de la population jurassienne.
Ce plan a permis aussi de mettre les bonnes personnes au bon endroit, au bon moment. Alors on verra après dix ans que tout n’était pas tout à fait juste dans les prévisions. Ça, c’est une autre question.

Comment peut-on être sûr d’éviter des scandales comme ceux des EHPAD en France?

Si l’objectif de l’établissement est de verser des dividendes à des actionnaires qui se fichent de savoir comment la prestation est fournie, on aura tendance à toucher à la dignité des personnes, à la qualité des repas et des soins, mettre la pression sur le personnel, etc. Dans le canton du Jura, on doit montrer patte blanche sur un certain nombre d’éléments: le quota d’infirmiers, les niveaux de formation requis, les processus de plaintes, etc. Il y a aussi des contrôles, annoncés ou pas. Enfin, clairement, une institution qui veut faire du chiffre, et donc réduire la qualité de ses prestations, va être
montrée du doigt.

Propos recueillis par Clément Charles

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