Julien Berbier: «On ne s’attendait pas du tout à être premiers!»

Julien Berbier photographié dans le cadre des Swiss Skills. © Société suisse des entrepreneurs / © Ben Zurbriggen Fotografie, Mattenstrasse 81, 2503 Biel / Bienne

ROCOURT Il aime son métier et il y excelle. La preuve, il y a un mois l’Ajoulot Julien Berbier a remporté le Championnat suisse 2018 des constructeurs de route lors des Swiss Skills, à Berne. Entretien avec un jeune homme modeste mais volontaire, qui pour l’heure effectue son service militaire.

Journal L’Ajoie: Julien Berbier, en quoi consiste votre métier de constructeur de routes?

Julien Berbier: On fait tout ce qui est infrastructure d’une route, les canalisations, le coffrage, puis la superstructure, le pavage, l’enrobé, etc. Comme le nom l’indique, on construit des routes, ce qu’il y a dessous et ce qu’il y a dessus.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette profession?

J’aime être beaucoup dehors et je voulais faire un métier manuel. J’aime aussi beaucoup les machines de chantier. J’ai fait un stage de paysagiste et ça m’a plu, mais je voulais un peu plus de variété et plus de travail avec des machines. En discutant avec des ouvriers et après un stage, cette profession de constructeur de route m’a plu. Et ça s’est confirmé durant l’apprentissage, que j’ai terminé il y a un an.

Qu’est-ce qui vous a motivé à participer au Championnat des constructeurs de route? C’est important de savoir ou de montrer qu’on est le meilleur dans son travail?

C’est le prof à la halle des maçons, à Moutier, où on fait les cours pratiques, qui nous en a parlé et qui nous a demandé à Éric Estevez (de Tavannes, son coéquipier pour ces Swiss Skills, ndlr) et à moi si on était intéressés. On a réfléchi et on a dit oui, parce que c’était un joli défi à relever.

Comment vous êtes-vous préparés pour l’échéance?

On a d’abord reçu les plans d’un objet qu’on a dû faire pour l’éliminatoire. Après la qualification, on s’est entraînés pendant deux-trois jours à la halle des maçons, à côté de nos cours pratiques.

Dans quel état d’esprit étiez-vous le jour J?

Je me suis dit que ça ne servait à rien de stresser, j’étais bien plus calme qu’Eric. Mais le premier matin, quand les gens ont commencé à arriver et qu’ils nous regardaient travailler, c’était quand même un peu particulier!

Et comment s’est déroulée l’épreuve?

Le premier soir, on nous a donné les plans, on a déjà pu un peu s’organiser, savoir qui ferait quoi et par quoi on allait commencer. Ensuite on a travaillé du jeudi matin au samedi à midi: le terrassement, la pose d’enrobé, les alentours, l’évacuation de la matière, parce qu’on a dû beaucoup creuser, etc. L’entente était bonne avec les équipes à côté de nous, on s’est même prêté du matériel. Et avec toutes les autres équipes aussi. Le soir on allait boire un verre ensemble, il y avait vraiment une bonne ambiance.

Et l’annonce des résultats alors? Qu’est-ce que vous avez ressenti?

Vers 17 heures le samedi, on nous a annoncé quelles étaient les trois équipes qui seraient sur le podium. Mais à ce moment-là, on ne savait pas encore à quelle place. On ne s’attendait pas du tout à être premiers, mais on était vraiment heureux, et fiers aussi.

Qu’est-ce que ça change dans la vie quotidienne, une médaille d’or?

Je ne sais pas trop, vu que je suis à l’armée depuis le 25 juin, je n’ai pas vu beaucoup de monde. Je sais que mon patron est très fier, ça donne aussi une bonne image de l’entreprise.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière?

Je vais commencer une formation de technicien en génie civil sur quatre ans, en cours d’emploi. Il y a pas mal d’administratif, ça permet ensuite de gérer du personnel, de faire des offres… Ça complétera bien ma formation initiale. Ouvrir ma propre boîte un jour? Je ne sais vraiment pas. Pour le moment, je suis bien en entreprise, mais on ne peut pas savoir ce qui va arriver.

Propos recueillis par Claire Jeannerat, publiés dans le N°469 du 18 octobre 2018

CARTE D’IDENTITÉ
Âge: 20 ans
État-civil: célibataire
Domicile: Rocourt
Formation: CFC de constructeur de route
Emploi actuel: constructeur de route chez François Donzé SA à Courgenay
Hobbies: «J’aime être dehors, m’occuper des chevaux à la maison, faire du bois, etc. Et aussi un peu de ski l’hiver»