La Clef des Champs a un petit frère

Ivan, Maud et Pauline (de gauche à droite) et leurs futurs légumes, encore à l'état de plantons. Claire Jeannerat © Éditions L'Ajoie
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COURTEMAUTRUY Si l’on vous dit paniers de légumes bio, cultivés en Ajoie et livrés chaque semaine, vous répondez bien entendu La Clef des Champs? Eh bien, pas cette fois. Car un nouveau projet sort de terre ce printemps.

Cela s’appelle de l’agriculture contractuelle de proximité. Plus simplement dit, il s’agit de paniers de légumes livrés régulièrement et remplis de légumes cultivés localement. «Le grand avantage pour le producteur, explique Maud Godat, de la ferme des Romains à Courtemautruy, c’est qu’il sait à l’avance ce qu’il doit produire suivant le nombre de paniers.» Mais comme le maraîchage n’est pas une science exacte, le système veut aussi que le consommateur soit solidaire du producteur: le contenu du panier peut varier, en quantité et en variété, selon les aléas du climat. «On a quand même pris une assurance grêle, poursuit Maud, histoire d’éviter que les clients se retrouvent avec des paniers vides. Mais une chose est sûre, on n’ira pas acheter dans le Seeland les légumes qui nous manquent!»

«On», c’est Maud, l’agricultrice, son frère Ivan et sa sœur Pauline, associés dans ce projet de maraîchage bio qui démarre en ce moment à Courtemautruy. Les plantons de tomates, aubergines, poivrons, etc, sortent hardiment de terre sous les serres. Les oignons et pommes de terre ont pris place dans le jardin. Cette année, les premiers paniers ne seront livrés qu’au mois de juin. Mais ensuite, ça ne s’arrêtera plus: jusqu’en décembre les clients recevront un panier par semaine garni de légumes de saison, salades, herbes aromatiques, voire fruits du verger pour ceux qui auront pris cette option; et en janvier et février, un panier par mois, comprenant de la choucroute, des légumes de garde et, à l’avenir, des conserves.

Objectif: 35 paniers par semaine

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Nés à Movelier, Maud, Pauline et Ivan ne sont pas issus d’une famille d’agriculteurs. La première a fait une formation d’éducatrice sociale avant son CFC d’agricultrice, la seconde est psychologue et le troisième enseignant secondaire. Mais «on a toujours eu quelques animaux à la maison, on aimait bien s’en occuper», note Maud. Ivan fait la moue: «Moi pas tellement. Mais j’ai fait mon service civil à La Clef des Champs et je crois que c’est là que j’ai pris goût à ça.» À ce propos, la collaboration entre la ferme des Romains et La Clef des Champs est excellente: «On se prête des machines et on pratique ensemble la rotation des cultures, c’est-à-dire que par exemple cette année ils font pousser leurs pommes de terre chez nous et nous faisons pousser nos carottes chez eux», détaille Maud.

Il y a trois ans, Ivan a développé à Saint-Brais un premier projet d’agriculture contractuelle de proximité qui produisait une vingtaine de paniers hebdomadaires. A Courtemautruy, où ils sont propriétaires depuis que Maud a racheté la ferme des Romains, mi-décembre, et «où le climat est plus favorable au maraîchage», glisse Pauline, le frère et les deux sœurs visent 35 abonnements pour cette première année. Ils sont déjà bien partis pour les atteindre, mais on peut toujours s’inscrire, qu’on se le dise!

Dans le prolongement du jardinage, le trio fourmille de projets. Maud exploite la ferme, qui compte une vingtaine d’hectares (dont 12 en propriété) et détient déjà le lable bio. Des vaches, des moutons, des porcs et des poules fourniront lait, viande et œufs pour la vente directe mais également pour la fabrication de produits transformés tels que des pâtes «maison». La jeune femme cultivera également des légumineuses telles que des lentilles qui compléteront parfaitement les paniers. Bref: on ne va pas chômer ces prochains temps à la ferme des Romains!

www.fermedesromains.ch

Un reportage de Claire Jeannerat publié le 26 avril 2018, N°446

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