La Confédération n’a «pas changé d’avis» sur le chantier du siècle

Le trottoir entre le restaurant du Bœuf et le bouquiniste, que la commune voulait abaisser et aplanir, sera reconstruit à l'identique selon le vœu de l'Office fédéral de la culture. Claire Jeannerat © Editions L'Ajoie

SAINT-URSANNE Le projet de réfection de la vieille ville sera modifié à la demande de l’Office fédéral de la culture, qui a pourtant octroyé des subventions à ce même projet il y a deux ans. Mais il ne s’agit pas d’un revirement, assure Berne.

«La rénovation de la vieille ville de Saint-Ursanne est un grand projet pour nous, comme en témoigne le subventionnement accordé. La valeur patrimoniale de Saint-Ursanne est connue. Il s’agit d’un objet d’importance nationale, d’une grande authenticité, et à ce titre la Confédération est depuis longtemps un partenaire fiable de la commune.»

Ainsi s’exprime Oliver Martin, le chef de la section Patrimoine culturel et monuments historiques à l’Office fédéral de la culture (OFC). S’il réaffirme ainsi l’importance de la cité médiévale aux yeux de Berne, c’est que des tiraillements se sont faits sentir ces derniers mois entre la commune de Clos du Doubs et l’OFC. Motif: les corrections demandées par ce dernier au projet de rénovation de la vieille ville, souvent appelé le chantier du siècle.

Le patrimoine prime

Ces modifications, détaillées début décembre devant l’assemblée communale, concernent surtout la rue du 23-Juin. Ainsi, le trottoir devant le restaurant de la Cigogne, dont la commune voulait supprimer une partie, sera maintenu. Plus loin, entre le bouquiniste et le restaurant du Bœuf, le trottoir sera reconstruit à l’identique, alors que la commune souhaitait l’abaisser et l’aplanir. Même chose entre le Bœuf et le restaurant du Jura: ce sera un trottoir, et pas un pavage de façade à façade. Enfin, à la rue de la Tour (devant la Collégiale), les seuils devant les entrées subsisteront également.

Une seule et même raison à tous ces changements: c’est l’aspect patrimonial qui prime sur tout le reste. On peut cependant, comme l’a fait le désormais ex-maire de Clos du Doubs Albert Piquerez devant l’assemblée communale, s’étonner que l’Office fédéral de la culture fasse modifier un projet qu’il semblait pourtant avoir approuvé puisqu’il lui a octroyé 681 000 francs de subventions il y a deux ans. Mais «c’est normal, affirme Oliver Martin. On attribue les subventions sur la base d’un dossier, avant que l’on ait tous les détails d’exécution du projet. Et même si on les a, on ne s’en occupe pas à ce moment-là. C’est plus tard, lors de visites sur le terrain, qu’il est apparu que certains détails d’exécution ne prenaient pas suffisamment en compte la valeur patrimoniale de Saint-Ursanne.» Aucun ouvrage terminé ne sera toutefois déconstruit. Quant aux coûts supplémentaires, s’il devait y en avoir, la Confédération prendra en charge ce qui peut l’être dans sa clé de répartition habituelle.

Claire Jeannerat, 11 janvier 2018, N° 431