La maison de la dîme toujours aussi belle

maison de la dîme
La maison de la dîme, toujours aussi belle. Crédit: Michel Cerf
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Il n’y certainement, dans notre belle Ajoie, pas un village qui ne saurait s’enorgueillir
d’un château, d’un monument ou d’une vieille maison qui a traversé les siècles et nous
rappelle le bon vieux temps. Un village conserve les ruines d’un château-fort, l’autre
entretient le souvenir avec un mémorial ou tout simplement une borne historique, un
autre encore attire les visiteurs avec une pierre percée ou le buste d’un patriote…
Les gens qui passent par Miécourt, dans la Baroche fleurie, s’arrêtent souvent devant
bien belle ferme avec un porche monumental en pierre de taille.

Une solide maison bourgeoise

Construite en 1771, sur les possessions de l’Abbayie de Lucelle, ce batiment
s’appelait plutôt une grange en ce temps-là. Il faut rappeler toute l’importance de cette
Abbaye, qui a compté jusqu’à deux cents moines dans ses plus belles années et qui
détenait tout plein de terres aussi bien en Alsace que dans le Jura. Pour entretenir tous
ses biens et payer le clergé, on payait un impôt correspondant à dix pour cent des
récoltes des paysans de nos contrées. Cet impôt, qu’on appelait la dîme, était partagé
en quatre : trois parts pour Lucelle et la dernière pour l’évêque de Bâle. Dès lors, les
paysans apportaient du blé, de l’avoine, des pommes de terre et toutes sortes de fruits
dans les « maisons de la dîme ». Les moines de Lucelle en avaient quatre-vingts un
peu partout dans leurs possessions.

Tuile_maison de la dîme_Miécourt
Des anciennes tuiles, quelques-unes ont été conservées. On y voit des dessins faits avec le doigt dans la terre avant la cuisson.
Crédit: Michel Cerf
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Lucelle passe dans les mains de l’Etat

A Miécourt, quand la maison de la dîme fut construite, par l’abbé Grégoire Girardin,
l’Abbaye n’avait plus la même importance. Il comptait encore une cinquantaine de
moines, mais elle fut fermée en 1792 et ses biens passèrent dans les mains de l’Etat.
Pourtant, le batiment a toujours été bien entretenu. Avec ses dix-huit mètres de haut,
c’est la plus grande maison du village après l’église. Des étables, une vaste grange,
une cave voûtée et deux logements en font sans doute la plus belle maison du coin.
On ne saurait suivre toutes les péripéties au long des siècles… Maintenant en mains
de Claude Petignat, elle a été héritée par son grand-père voilà plus de cent ans. Avec
sa femme Josiane, ils ont à coeur de maintenir ce patrimoine dans le meilleur état.
Déjà rénovée en 1809 et 1830, ils en assument la troisième rénovation.

Une nouvelle rénovation en 2022

Après le toit en 1950, les façades en 1971, c’est à nouveau le toit qui donnait du
souci. Il a fallu 26520 tuiles pour couvrir 685 mètres carrés de surface de ce toit. Cela
représente un poids de 25 tonnes. Dès lors, le charpentier a tout contrôlé et remplacé
deux trois poutres.

Des anciennes tuiles, quelques-unes ont été conservées. On y voit des dessins faits
avec le doigt dans la terre avant la cuisson. C’est émouvant de penser aux ouvriers qui
ont laissé ce touchant message voilà plus de deux cents ans.

L’micou


TRADUCTION

La maison de la dîme toujours aussi belle

Il n’y certainement, dans notre belle Ajoie, pas un village qui ne saurait s’enorgueillir
d’un château, d’un monument ou d’une vieille maison qui a traversé les siècles et nous
rappelle le bon vieux temps. Un village conserve les ruines d’un château-fort, l’autre
entretient le souvenir avec un mémorial ou tout simplement une borne historique, un
autre encore attire les visiteurs avec une pierre percée ou le buste d’un patriote…
Les personnes qui passent par Miécourt, dans la Baroche fleurie, s’arrêtent souvent devant une bien belle ferme avec un porche monumental en pierre de taille.

Une solide maison bourgeoise

Construite en 1771, sur les possessions de l’Abbayie de Lucelle, ce bâtiment
s’appelait plutôt une grange en ce temps-là. Il faut rappeler toute l’importance de cette
Abbaye, qui a compté jusqu’à 200 moines dans ses plus belles années et qui
détenait tout plein de terres aussi bien en Alsace que dans le Jura. Pour entretenir tous
ces biens et payer le clergé, on prélevait un impôt correspondant à dix pour cent des
récoltes des paysans de nos contrées. Cet impôt, qu’on appelait la dîme, était partagé
en quatre: trois parts pour Lucelle et la dernière pour l’évêque de Bâle. Dès lors, les
paysans apportaient du blé, de l’avoine, des pommes de terre et toutes sortes de fruits
dans les «maisons de la dîme». Les moines de Lucelle en avaient quatre-vingts un
peu partout dans leurs possessions.

Lucelle passe dans les mains de l’Etat

A Miécourt, quand la maison de la dîme fut construite, par l’abbé Grégoire Girardin,
l’Abbaye n’avait plus la même importance. Il comptait encore une cinquantaine de
moines, mais elle fut fermée en 1792 et ses biens passèrent dans les mains de l’Etat.
Pourtant, le bâtiment a toujours été bien entretenu. Avec ses dix-huit mètres de haut,
c’est la plus grande maison du village après l’église. Des étables, une vaste grange,
une cave voûtée et deux logements en font sans doute la plus belle maison du coin.
On ne saurait suivre toutes les péripéties au long des siècles… Maintenant en mains
de Claude Petignat, elle a été héritée par son grand-père voilà plus de cent ans. Avec
sa femme Josiane, ils ont à coeur de maintenir ce patrimoine dans le meilleur état.
Déjà rénovée en 1809 et 1830, ils en assument la troisième rénovation.

Une nouvelle rénovation en 2022

Après le toit en 1950, les façades en 1971, c’est à nouveau le toit qui donnait du
souci. Il a fallu 26 520 tuiles pour couvrir 685 mètres carrés de surface. Cela
représente un poids de 25 tonnes. Dès lors, le charpentier a tout contrôlé et remplacé
deux-trois poutres. Des anciennes tuiles, quelques-unes ont été conservées. On y voit des dessins faits avec le doigt dans la terre avant la cuisson. C’est toujours émouvant de penser aux ouvriers qui ont laissé ce touchant message voilà plus de deux cents ans.

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