La mort ne nous ratera pas

© Jura Pastoral
Publicité

Il y a des morts brutales. Des accidents, des crises cardiaques. On ne s’y attend pas, on est surpris par la mort. C’est très douloureux. Nous sommes dans une société où domine la culture de la réussite. Elle nous éloigne de la mort que tout le monde cherche à cacher ou du moins, à se cacher à soi-même. La personne handicapée, le vieillard, le malade nous gênent et nous dérangent.

Seul ce qui est beau, bon, performant est intéressant. Tout le reste est rejeté, on refuse l’échec et la faiblesse. C’est pourquoi la mort nous choque, qu’elle soit brutale ou programmée depuis plusieurs semaines, puisque pour beaucoup elle est l’ultime impuissance dans la vie. La pandémie, devenue psychose, révèle quotidiennement ce malaise. Les progrès de la médecine prolongent certes notre espérance de vie, mais acceptons qu’ils ne vaincront jamais la mort.

Alors, tout le monde se pose un jour ou l’autre la question de l’après-mort. Certains pensent qu’il existe peut-être quelque chose: «On verra bien» disent-ils. D’autres suivent la philosophie hindoue qui punit l’être humain imparfait en le réincarnant en végétal, en animal ou en une nouvelle personne.

Publicité

Pour les chrétiens, Jésus est vainqueur de la mort. C’est la puissance du christianisme. D’où la question: «Et si la mort était de me plonger enfin dans l’Amour absolu?» Alors pourrait-t-on peut-être énoncer cette folie: le croyant ne peut vivre que dans la joie de rencontrer enfin Celui qu’il a essayé de suivre jour après jour.
J’aime beaucoup cette phrase: «Vis sur terre comme si tu devais partir ce soir ou comme si tu devais vivre mille ans». Vivre chaque jour les valeurs les plus hautes possibles dans la construction de soi-même et des autres. C’est une joie terrestre qui annonce l’allégresse finale et prodigieuse où l’on vivra éternellement.

Philippe Charmillot, Unité pastorale Saint Gilles-Clos du Doubs

Publicité