La «slackline», un défi contre soi-même et contre la pesanteur

«Highline» au phare de Saint-Ursanne. © JuraSlack
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PORRENTRUY La slackline, vous connaissez? Si oui, n’hésitez pas à rejoindre l’association JuraSlack, qui a vu le jour en Ajoie il y a deux mois à peine (à l’été 2018, ndlr). Et si non, n’hésitez pas à les contacter quand même, ils se feront une joie de vous faire découvrir leur sport!

Au bord du Doubs à Saint-Ursanne, au Banné à Porrentruy ou ailleurs, vous les avez peut-être déjà vus, marchant avec précaution sur une sangle de quelques centimètres de large tendue entre deux arbres. Si c’est le cas, vous avez certainement admiré leur concentration, leur sens de l’équilibre… et leur musculature. Les Bruntrutains Arnaud Périat, 29 ans, et Charles Comte, 25 ans, et leur pote d’Alle Grégory Voisard, 32 ans, sont des slackeurs, c’est-à-dire qu’ils pratiquent la slackline. Venu des États-Unis et en plein essor, ce sport (car c’en est un, et pas seulement un passe-temps pour funambules) fait de plus en plus d’adeptes, dans le Jura comme ailleurs.

Un autre coin bien connu des Ajoulots. © JuraSlack

Mais qu’est-ce qui les séduit donc au point que Charles Comte, par exemple, a complètement délaissé ses autres activités sportives depuis qu’il a essayé la slackline? «C’est quelque chose de spécial de parcourir 60 mètres sur une sangle de 2,5 centimètres de large, explique l’intéressé. C’est un challenge entre elle et nous.» «Il y a tellement de variantes qu’on peut explorer, s’enthousiasme Arnaud Périat. Faire demi-tour, s’asseoir, se coucher, surfer (se balancer, nldr), bouncer (c’est-à-dire rebondir sur la sangle, nldr)…» Et pourtant, se souvient-il en riant, «la première fois j’étais dégoûté, je n’arrivais à rien.» La persévérance, c’est le maître-mot en slackline. «Tout le monde peut en faire, à partir du moment où on sait marcher», assure Charles Comte. Mais personne n’y arrive du premier coup, et quand bien même ce serait le cas, la slackline est un défi permanent: toujours plus loin, toujours plus haut, telle pourrait être la devise des slackeurs.  

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Un groupe Facebook

La slackline se divise en trois disciplines principales: la longline, où l’objectif se mesure en mètres parcourus (au minimum 30 mètres); la highline, qui se pratique au-dessus du vide, à plusieurs dizaines ou centaines de mètres du sol – et n’allez pas croire que c’est la même chose: la hauteur change tout, «tout ton corps te dit que tu n’as rien à faire là, s’exclame Grégory Voisard, il faut vraiment se battre contre soi-même»; et la jumpline, qui consiste à réaliser pirouettes et autres figures sur la sangle. «Mais personne de notre équipe n’en fait», précise Charles Comte.

Au-dessus du Doubs, du côté de Clairbief. © JuraSlack

L’équipe dont il parle, ce sont une dizaine de personnes qui pratiquent régulièrement ensemble. Car «c’est un sport individuel mais convivial», souligne Arnaud Périat. Slacker à plusieurs, c’est plus sympa, et cela permet aussi de progresser en se conseillant mutuellement. Forts de ce constat, les trois amis ont fondé en juin dernier l’association JuraSlack avec deux objectifs principaux: regrouper les slackeurs et faire découvrir ce sport à tous les intéressés – et ils sont nombreux, selon l’expérience de nos interlocuteurs. Un groupe Facebook (JuraSlack CH) a d’ailleurs été créé pour annoncer les sorties.

«Il ne faut pas que les gens hésitent à nous contacter», insiste Arnaud Périat, qui préside l’association. Pour rassurer les indécis, précisons que les slackeurs ne sont pas des inconscients: à partir d’une certaine hauteur, la sangle est doublée et les highliners s’assurent avec un baudrier et une corde. Et puis, si le détenteur du record du monde a traversé une ligne de 1600 mètres suspendue à 300 mètres de haut, il a probablement commencé comme tout le monde, par une shortline (15 mètres maximum) à quelques centimètres du sol. Et vous, vous vous y mettez quand?

Claire Jeannerat

Article paru dans notre édition abonnés n° 462 du 30 août 2018

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