La ville la plus courue du district

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SAINT-URSANNE/PORRENTRUY Elle a inspiré peintres, poètes et photographes. Ville encore aujourd’hui la plus visitée du district, si ce n’est du canton, Saint-Ursanne est au centre d’une grande exposition au Musée de l’Hôtel-Dieu de Porrentruy. L’occasion de faire le point sur ce que l’on sait, et ce que l’on ne sait pas, de la célèbre cité médiévale.

La légende, maintes et maintes fois racontée ici et ailleurs, voudrait que Saint-Ursanne ait été édifiée et ait prospéré suite au passage sur ses terres du moine irlandais du même nom. Mort il y a 1400 ans, le religieux est cette année au centre d’un riche programme de festivités. Parmi elles, une grande exposition au Musée de l’Hôtel-Dieu de Porrentruy. «Cet anniversaire nous a semblé être une excellente occasion, voire même une très belle opportunité de mettre en valeur les nombreuses archives sur Saint-Ursanne qui dormaient dans nos collections», note Anne Schild, conservatrice du musée bruntrutain. Après quelques semaines de recherches complémentaires et de mise en place, l’exposition en question a ouvert ses portes au mois de décembre dernier.

Le pont Saint-Jean, l’un des passages obligés de la ville.
Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie

Déjà représentée au 16e siècle

En plusieurs tableaux bien distincts, elle retrace la vie de la cité médiévale à travers le temps, à travers les événements marquants de son histoire et à travers l’image. Il est ainsi possible de découvrir une vue, certes un peu naïve, mais ô combien intéressante de ce que devait être la capitale du Clos du Doubs au 16e siècle. Autres trésors visibles dans la salle principale du musée, un bâton de justice appartenant à la Commune et un Évangéliaire daté du 9e siècle. Plus contemporaines, les vues de la ville et du pont Saint-Jean signées d’artistes du cru tels que Wacongne, Tièche ou Perronne. «Saint-Ursanne est assez particulière à plusieurs titres, commente Anne Schild. Déjà parce qu’elle a attiré et inspiré une foule assez impressionnante d’artistes. D’autre part parce que l’industrialisation s’est faite à l’extérieur de ses remparts. Les portes anciennes de la ville et le centre ancien ont ainsi pu être conservés de manière assez incroyable.»

Cet évangéliaire du 9e siècle fait partie des trésors de la cité médiévale.
Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie
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Dompter l’ours païen

1400e anniversaire de sa mort oblige, le saint qui a donné son nom à la ville n’a pas été oublié. «C’est un passage obligé. Mais étonnamment, il n’existe pas énormément de représentations ou de statues de saint Ursanne», relève Anne Schild. En guise de clin d’œil et puisque le saint irlandais est toujours représenté en sa compagnie, un imposant ours brun a été placé de manière à accueillir le visiteur. «À l’époque, l’ours était un symbole païen. Représenter un moine avec un ours apprivoisé non pas par la force mais par la foi était une manière implacable de faire passer un message en ce temps-là», poursuit Anne Schild. L’exposition est à voir jusqu’au 19 avril prochain.

Sébastien Fasnacht

 

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