Lai laindye dés çhoés

cocatte, patois
Lai cocatte, tot ïn symbole - La cocatte, appelée chez nous jonquille. © ATC Future Medias
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«Èlle m’ainme ïn po, brâment, c’ment ènne dôbe, ran di tot!» Tiu ât-ce que n’é’p’ ïn côp o l’âtre, airraitchie lés pétas d’ènne maidieurite en répétaint cés mots, aivô lo chrèt èchpoi de tchoire, aivô lo drie pétâ, tchu lai confirmachion de l’aimoué taint èchpérè? 

Çhoé  di voiyïn, di bonhèye o de l’ainonceince, lai maidieurite, c’ment sai soeûratte lai paitçhratte dait trop s’vent léchie lai piaice en dés tiultures pu rètches,  tchairdgies d’engrain. Trichte décombre po ç’té qu’an namme achi lai reine dés tchaimps.

A paitchi feûs, totes soûetches de cieutchattes gairnéchant nôs tchaimpois. Lai premiere, lai nivaire, poiche bïn s’vent lai driere nadge po vouere lo s’raye. Bïntôt cheuyu pai lai cocatte, aippelèe djonquèye tchie nôs, èt lés  braitchus, totes cés cieutchattes ainnonçant lo voiyïn èt l’èchpoi.

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Ïn soudait meurt po ènne çhoé.

Lés çhoés aint tus ïn méssaidge è faire péssaie. En lés euffraint è ne fât p’ pare lo richque de dépiaire o de biassie ç’tu que lés r’cit. Lai violatte que pairfume  nos aidjes, ât lo symbole d’ïn chcrèt l’aimoué o d’ènne dgeinnè l’aidmirachion.

Lo « ne m’rébie p’ », ç’te p’tète çhoé seinsibye èt r’maintique ât dïnche nammèe en seuveni d’ïn soudait di Moyen-Aîdge. En v’lant tçheuyi çte çhieuratte po l’euffri en son aimoéreuse, è  choiyé de tchvâ â lon d’ïn lai, empoétché pai l’poids de son airmure. En s’nayaint, sés drieres pairôles feunent djeûtement «ne m’rébie p’!»

Aittaitchaine loûene que tot çoli…

Lai reine dés çhoés.

Lai rose ainnonce l’aimoué. An lai peut euffri pai dozainne, mains achi tot de pai lé, çoli dépend di méssaidge qu’an veut faire péssaie. Lai tieulèe de lai rose n’ât’pe ïndiffreinte. Rodge, ça ïn méssaidge d’aimoué. Biantche, èlle évoque lai çhiairtè èt vait bïn po ïn mairiaidge. Lai biantche rose aiccompaigne achi lés dus moments d’ènne vétçhiaince, c’ment lai séparachion o lo deûe. Lai reine dés çhoés, c’ment an l’aippeule, ât aivu tchoisi pai lés politicous de gâtche et ainnonce lai sochia yutte.

Lés çoés èt la polititçhe

L’euyât nos djase de passion, de signolate èt de çhiairtè. Lai libretè qu’èl évoque nôs raippelle lai yutte di Portugal po obteni lai démocratie. Çoci nôs aimoéne è raippelaie  que quasi totes lés çhoés sont aivus tchoisi po iyuchtraie dés polititçhes ambrues : lai rose raissembye lés sochialistes, lai djonquéye lai yutte contre lo cancer. Lo midyat feut è drète di temps dés rois de Fraince. Lo voici mitnaint putôt è gatche, dâs tiaind lai féte di premier de mai l’é pris po sïn. Meinme l’ainnoceinte toulipe que vayait ïn trésoû tiand lés dgens de Hollande l’aint détieuvi ât yutilijèe po iyuchtraie lo piain èt lai traiquiyitè.

An ne sairait faire lo toué de totes lés çhoés. È fat poétchaint tni compte qu’en pu di méssaidge qu’èlles ainonçant o de lai récupérachion de yot’ imaîdge po ènne pilititçhe case, lés çhoés tieumniquant achi pai yot’ seintou. Entre lai laidgiertè d’ènne violatte et lai foûeche d’ïn pairfum de djaismïn, an peut faire détieuvri lo fond de son tiûere en sés aimis et chutôt en sai bïn-aimée.                                                               

L’micou


TRADUCTION

Le langage des fleurs

«Elle m’aime, un peu, beaucoup à la folie, pas du tout!» Qui est-ce qui n’a pas, un jour ou l’autre, arraché les pétales d’une marguerite en répétant ces mots, avec le secret espoir, de tomber, avec le dernier pétale, sur la confirmation de l’amour tant espéré?

Au printemps, toutes sortes de petites clochettes garnissent nos pâturages. La première, la perce-neige, perce bien souvent la dernière neige pour voir le soleil. Bientôt suivi par la cocatte, appelée chez nous jonquille, et les primevères, toutes ces clochettes annoncent le renouveau et l’espoir.

Un soldat meurt pour une fleur
Les fleurs ont toutes un message à faire passer. En les offrant, il ne faut pas prendre le risque de déplaire ou de blesser celui qui les reçoit.
La violette qui parfume nos haies est le symbole d’un secret amour ou d’une timide admiration.
Le myosotis, cette petite fleur sensible et romantique est nommé ainsi en souvenir d’un soldat du Moyen- ge. En voulant cueillir cette fleurette pour l’offrir à son amoureuse, il tomba de cheval au bord d’un lac, emporté par le poids de son armure. En se noyant, ses dernières paroles furent justement «Ne m’oubliez pas!». Attachante légende que tout cela…

La reine des fleurs
La rose, la reine des fleurs, annonce l’amour. On peut l’offrir par douzaine ou seule, ça dépend du message qu’on veut faire passer. La couleur de la rose n’est pas indifférente. Rouge, c’est un message d’amour. Blanche, elle évoque la pureté et convient bien pour un mariage.
La rose blanche accompagne aussi les moments difficiles d’une vie, comme la séparation ou le deuil. La reine des fleurs, comme on l’appelle, a été choisie par les politiciens de gauche et annonce la lutte sociale.

Les fleurs et la politique
L’œillet nous parle de passion, de romantisme et de pureté. La liberté qu’il évoque rappelle la lutte du Portugal pour obtenir la démocratie. Ceci nous amène à rappeler que presque toutes les fleurs ont été choisies pour illustrer des engagements politiques: la rose rassemble les socialistes, la jonquille évoque la lutte contre le cancer. Le muguet fut à droite du temps des rois de France. Le voici maintenant plutôt à gauche, récupéré par la fête du premier mai. Même l’innocente tulipe, qui valait un trésor quand les gens de Hollande l’ont découverte, est utilisée pour illustrer le calme et la tranquillité.
On ne peut pas faire le tour de toutes les fleurs. Il faut pourtant tenir compte qu’en plus du message qu’elles apportent ou de la récupération de leur image pour une cause politique, les fleurs communiquent aussi par leur senteur. Entre la légèreté d’une violette et la force d’un parfum de jasmin, on peut faire découvrir le fond de son cœur à ses amis et surtout à sa bien-aimée.

 

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