L’année en demi-teinte de Lise-Marie Henzelin

Les soucis de santé de Lise-Marie Henzelin ont une nouvelle fois contrarié ses objectifs en cyclocross. © Lise-Marie Henzelin

Les douze derniers mois ont été bien contrastés pour Lise-Marie Henzelin. La cycliste de Damphreux a tout d’abord connu, sur la route, sa meilleure saison depuis son passage dans la catégorie élites, avant de vivre un millésime très compliqué en cyclocross.

Lise-Marie Henzelin n’est pas une cycliste tout à fait comme les autres. Elle court chez les élites sur la route, de mars à septembre, et chez les meilleures Suissesses en cyclocross, une discipline qui prend à peu près tous les autres mois de l’année. Si la saison 2017 a entièrement répondu à ses attentes sur la route, il n’en a pas été de même pour le cyclocross.

Présélectionnée pour les Championnats d’Europe

Sur la route, la saison de l’Ajoulote a été marquée par une victoire à Steinmaur, dans la région zurichoise, à l’occasion d’une course nationale. À Cham, dans la banlieue zougoise, la native de Damphreux s’est classée 6e d’une course classée UCI 2.2, qui rapportait donc des points au classement mondial de l’Union cycliste internationale. Enfin, «LMH» a terminé meilleure Suissesse lors d’une manche de Coupe de France, en prenant la 7e place à Izernore. «C’était ma meilleure saison sur route en catégorie élite», résume l’intéressée.

Dans une spirale positive, la cycliste jurassienne se voyait présélectionnée par l’équipe nationale pour disputer les Championnats d’Europe sur route au Danemark. Mais ses problèmes de santé récurrents sont réapparus, et elle n’a finalement pas été du voyage.

Un hiver pénible

C’était inéluctable, être au top pour la saison de cyclocross serait impossible. Au final, celle qui roule pour Saint-Blaise sur route et pour KTM Alchemist en cyclocross aura pu courir pendant un mois seulement cet hiver, de début décembre à début janvier. «Ça n’a pas été facile du tout, reconnaît Lise-Marie. La reprise a été bonne avec une 3e place à mon premier cyclocross international à Nyon. Mais je n’ai jamais réussi à améliorer ma condition physique malgré tout ce que j’ai mis en œuvre pour revenir à mon meilleur niveau.»

L’Ajoulote a manqué quelques grands rendez-vous, à l’image du Cyclocross international de Nommay, en France voisine, pour lequel elle a déclaré forfait: «Je ne voulais pas prendre le départ simplement pour participer, mais avant tout pour être compétitive. Cependant ma santé n’était pas au rendez-vous.» Aujourd’hui, Lise-Marie admet qu’elle aurait sans doute dû mettre un terme à sa saison plus tôt: «J’ai voulu continuer pour ne pas avoir de regret, mais avec le recul j’aurais peut-être dû arrêter afin de me préserver et de me soigner.»

Sa motivation est intacte

L’histoire semble se répéter année après année pour l’Ajoulote: le niveau est là mais c’est souvent une blessure qui vient tout gâcher. Néanmoins, sa motivation est intacte: «Je veux et j’ai toujours envie de faire des compétitions, mais l’écoute de mon corps est primordiale.»

Au crépuscule de cette saison de cyclocross, Lise-Marie va gentiment devoir se tourner vers la prochaine saison de route, qui débutera entre fin mars et début avril. Mais elle a encore un peu de temps et ne se fixe pour l’heure pas d’objectif précis: «Je n’ai pas encore retrouvé la totalité de mes capacités physiques. Ma priorité maintenant est de continuer à me soigner. Et par la suite si tout rentre dans l’ordre, ma motivation et ma détermination vont prendre le dessus et je pourrai à nouveau me fixer des objectifs réalisables», conclut-elle.

Maxime Rérat, 22 février 2018, N° 437