Laura Desboeufs poursuit son bonhomme de chemin au HC Lugano Ladies

Laura Desboeufs a bien failli arrêter le hockey, avant de rejoindre Lugano. Crédit: Giorgia Bazzuri

La dernière fois que L’Ajoie a rencontré Laura Desboeufs, c’était en en février 2016 et la jeune Ajoulote s’apprêtait à recevoir un mérite sportif jurassien. Deux ans plus tard, la native de Fontenais évolue toujours au plus haut niveau au sein du HC Lugano Ladies et voit même les portes de l’équipe nationale féminine s’entrouvrir.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Laura Desboeufs a un parcours atypique. Tout d’abord destinée à pratiquer le patinage artistique, l’attaquante du HCL Ladies s’est rapidement dirigée vers un sport nécessitant un autre type de patins. «Dès l’âge de 8 ans, j’ai commencé le skater. Lorsque j’avais 11 ou 12 ans, mon papa m’a emmenée au hockey et c’est ainsi que j’ai pris part à mon premier entraînement.»

Malgré son jeune âge – elle aura 22 ans cette année – la numéro 92 du HCL Ladies a déjà pas mal bourlingué. Comme toute bonne Ajoulote, ses débuts ont eu lieu au Voyeboeuf. Alors qu’elle était en minis, elle a également joué sous les couleurs de la Prévôté. A l’âge de 14 ans, elle connaît sa première expérience chez les femmes. «C’était en LNC. Pendant un camp de hockey, j’ai rencontré deux filles qui évoluaient avec Villars et qui m’ont proposé de jouer avec elles. Quasiment tous les week-ends, je prenais le train jusqu’à Lausanne où une maman de joueuse me récupérais et nous faisions le trajet ensemble.» Après cette première expérience en ligue nationale, Laura Desboeufs revient à Porrentruy. Durant la saison 2012-2013, elle jouera pour les Novices Top du HCA, le EV Buomo Thun (LNA) tout en faisant partie de la sélection helvétique U18. Pourtant, tout a failli s’arrêter. «Un jour, j’ai reçu un e-mail de Lugano qui me demandait si je voulais venir jouer avec elles. C’était un petit miracle car j’étais à deux doigts d’arrêter le hockey. J’étais dégoûtée de ce sport tant l’ambiance d’équipe était mauvaise à mon égard. Je n’avais plus l’envie. Cet e-mail de Lugano m’a reboostée. Les Luganais m’ont indiqué qu’il y avait une école à Tenero pour les sportifs d’élite. Le club m’a aussi dit qu’il y avait un appartement disponible si je voulais. C’était une occasion en or à ne surtout pas refuser.»

Pas professionnelle, mais parmi l’élite

A Lugano, les joueuses helvétiques sont liées au club par un contrat qui se renouvelle, en principe d’année en année. Ce contrat dispose d’une valeur symbolique et représente en quelque sorte une charte donnant les lignes directrices d’un partenariat à respecter. «Au contraire des joueuses étrangères, nous ne sommes pas rémunérées. On peut dire que nous pratiquons un hobby, mais que nous avons la chance de le faire dans la meilleure ligue du pays.»

Et comment se passe la saison actuelle? «J’ai super bien commencé. Mon entraîneuse est très contente de moi. Ensuite je me suis blessée à un genou et j’ai dû rester plus d’un mois à la maison. Pour l’instant, mon objectif est d’avoir ma place à Lugano, ne pas faire du banc et éviter des blessures.»

Aux portes de l’équipe suisse

Si Laura Desboeufs a régulièrement été sélectionnée en équipe suisse U18, elle vient de franchir un nouveau palier de sa carrière puisqu’elle fait maintenant partie du cadre élargi de l’équipe nationale féminine. Hélas pour l’Ajoulote, sa blessure est intervenue durant le premier camp d’entraînement de la nati, de sorte qu’elle n’a pas encore pu prouver sa valeur. Ce n’est donc pas cette année que l’on verra la jeune femme patiner sur la glace olympique. En revanche, vu son jeune âge et sa marge de progression, on pourrait bien prochainement la voir suivre les traces d’une certaine Sarah Forster en équipe nationale.

Un article d’Eric Moser, 11 janvier 2018, N°431