Le défi du pardon aujourd’hui

Culpabilité, rancune, jugement, jalousie, … tant de sentiments parfois profondément ancrés et qui nous pourrissent la vie. Aujourd’hui plus que jamais, à l’heure où « le bien-être » prend autant d’ampleur dans notre société, nous aimerions tant pouvoir nous en libérer réellement.

Redécouvrir la vraie profondeur libératrice du pardon devient pour nous, chrétiens, un réel enjeu, voir même un défi. En effet, à l’heure où foisonne multitude de méthodes et d’approches de la question, il peut être bon de redécouvrir la richesse de notre tradition chrétienne.

De tout temps, la notion de pardon est présente dans les différentes religions du monde. Chez les chrétiens, le pardon tire sa spécificité dans la figure du Christ. Tout au long de sa vie des signes de pardon sont présents, y compris lors de sa mort sur la croix. Il n’a de cesse distinguer entre les personnes et leurs actes, pour souligner que malgré ce que l’on fait, on reste des êtres aimés et capables d’aimer. « Tu vaux mieux que tes actes » ! Une manière non pas d’excuser ou de minimiser l’acte qui est commis, mais de ne pas enfermer la personne dans celui-ci, de ne pas faire d’amalgame. Il a ainsi mis en avant que c’est l’amour le vrai fondement du pardon. Pardonner ce n’est pas oublier ou faire comme si rien ne s’était passé, c’est ne pas garder de ressentiment ni tirer vengeance pour une offense ou une faute commise. C’est « laisser aller » pour nous délivrer d’une histoire, d’un passé qui ne passe pas. Le pardon est tout un processus qui demande du temps, de la patience, de la bienveillance envers soi-même et de la persévérance dans sa décision. Un vrai cheminement, une conversion, dans une réalité complexe. Parfois on y arrive, mais parfois le mal, la souffrance font que l’on n’y arrive pas, pas encore, pas maintenant… et parfois on a besoin d’aide…

Ce printemps, en Ajoie, l’Eglise catholique propose un nouveau parcours qui s’appelle « Vivre en pardonné ». L’occasion de se redécouvrir aimé de Dieu et dans cette lumière-là reconnaître nos manquements, nos limites, nos blessures. Une manière décomplexée d’appréhender le pardon en général, mais aussi l’Amour et le Pardon de Dieu. Prochain parcours en automne. www.cath-ajoie.ch/vivre-en-pardonne

Une chronique de Catherine Berret, théologienne, publiée le 18 mars 2019