Le géocaching, chasse au trésor des temps modernes

Le smartphone est l'outil indispensable du géocacheur. Claire Jeannerat © Éditions L'Ajoie
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DISTRICT Caches, boîtes, logbook, MPLC: si ce jargon vous est familier, c’est que vous pratiquez  le géocaching. Sinon, sachez que ce jeu grandeur nature fait de plus en plus d’adeptes, dans le district de Porrentruy aussi. Deux Ajoulots nous parlent de leur passion.

Ils se connaissent. Chacun pourrait même dire précisément où se trouvait l’autre certains jours. Pourtant Céline Michel, de Bure, et Alain Plomb, de Courtedoux, ne se sont jamais rencontrés. Leur point de contact, c’est www.geocaching.com, le rendez-vous mondial des adeptes de ce jeu qui allie technologie et sorties au grand air. Son but: trouver des objets dissimulés dans la nature ou en ville. La méthode: suivre les coordonnées GPS indiquées sur le site ou l’application du jeu. Elles guident le joueur jusqu’au bon endroit «dans un rayon de 5 mètres», précise Alain Plomb. À partir de là, la chasse au trésor démarre.

L’inconnu près de chez soi

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Céline Michel, assistante de formation en bureautique pour les demandeurs d’emploi, a découvert le géocaching début 2018 grâce à un collègue de travail. Elle affichait, lorsque nous l’avions rencontrée, 222 caches trouvées sur son profil, la plupart dans le Jura, mais aussi ailleurs en Suisse et même en Bourgogne. Ce qui lui plaît dans cette activité? «Je passe du temps dehors avec mon fils de 2 ans et on découvre des coins magnifiques qu’on ne connaissait pas, même autour de chez nous. Par exemple il y a un point de vue superbe entre Porrentruy et Courgenay,  je n’avais aucune idée que c’était là.» 

«C’est souvent comme ça, explique Alain Plomb. Les gens placent des caches dans des coins qu’ils veulent faire découvrir aux autres.» C’est exactement ce qu’il fait à Courtedoux, où il a entrepris de poser une trentaine de caches en suivant un tracé qui passe par le sentier des dinosaures et fait le tour du village: c’est ce qu’on appelle une série dans le jargon des géocacheurs.

Patron d’une entreprise de construction métallique à Boncourt, Alain Plomb s’est mis au géocaching sur les conseils d’un ami. «Au départ, c’était plutôt pour faire promener un peu les enfants», se rappelle-t-il. Mais deux ans plus tard, force est de constater que si les petits se sont lassés, le papa, lui, est mordu: à son actif (en juillet 2018, ndlr), 2104 caches découvertes et 50 posées! Il lui est même arrivé de passer la nuit à la recherche d’une cache en compagnie d’un autre joueur, en France voisine. «Certaines sont faciles d’accès, remarque-t-il, mais d’autres peuvent être dans un arbre à 30 mètres du sol ou dans une falaise qu’il faut descendre en rappel.» Heureusement, l’application renseigne sur la difficulté et sur le terrain avant le départ!

Logbook et MPLC

Après quelques mois de pratique, Céline Michel est elle aussi passée de l’autre côté du jeu en posant quatre caches sur la commune de Bure. «Elles marchent bien, il y a au moins une personne par semaine qui vient», se réjouit-elle. En effet, lorsqu’ils découvrent une cache, les joueurs doivent non seulement signer le logbook (un petit carnet) qui se trouve à l’intérieur, mais aussi l’annoncer en ligne. C’est ce qui permet à Céline de savoir combien de personnes ont trouvé ses caches, quel jour, et parfois dans quelles circonstances puisque les joueurs laissent souvent un «MPLC» (Merci pour la cache) assorti d’un commentaire. L’on apprend ainsi que certaines découvertes se font à la suite d’un repas au restaurant, d’une visite à la Place d’armes ou sur le chemin du travail, comme ce fut le cas pour Alain Plomb s’agissant de la cache «Bure – Forêt».

Le Graal du géocacheur: une boîte et son «logbook» présentés ici par Alain Plomb. Claire Jeannerat © Éditions L’Ajoie

Nos deux joueurs le constatent sur le terrain et sur internet, le géocaching fait de plus en plus d’adeptes. «Il y a pas mal de nouveaux venus ces temps en Ajoie», remarque Alain Plomb, qui note aussi un certain rajeunissement des joueurs. En parallèle, il observe «une évolution vers des séries, des multiples (une sorte de jeu de piste où la première cache contient une énigme qui conduit à la deuxième, et ainsi de suite, ndlr), etc. Avant c’était plutôt des caches isolées dissimulées dans des endroits insolites, comme des ruines ou des égouts. Maintenant c’est de plus en plus difficile.» Ce qui n’est pas pour lui déplaire, évidemment.

Reste une question: si le géocaching est une chasse au trésor, à quoi ressemble-t-il, ce trésor? Autrement dit, que contiennent ces fameuses caches? La réponse est… des boîtes. Grandes ou petites, tantôt vides (à l’exception du logbook), tantôt remplies de petits objets sans valeur que l’on est prié de laisser sur place, tel est le Graal tant convoité des adeptes du géocaching. Rien d’extraordinaire, donc. Mais vous l’avez compris, le plaisir est ailleurs.

Claire Jeannerat

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Comment rejoindre la communauté

Hormis un smartphone et un stylo (pour inscrire son nom sur le logbook, le registre de la cache), le géocaching ne demande aucun matériel ni aucune compétence particulière – à moins qu’on ne se lance à la recherche de caches spéciales qui impliquent la résolution d’énigmes, mais ceci est une autre histoire. Pour découvrir un peu mieux cet univers et, pourquoi pas, partir vous aussi à la chasse au trésor, c’est simple: il suffit de s’inscrire sur le site www.geocaching.com et de télécharger une application dédiée. En cliquant sur «Jouer» vous verrez apparaître une carte qui indique toutes les caches présentes autour de vous. Il n’y a plus ensuite qu’à suivre le GPS et à ouvrir les yeux! Le terrain de jeu est illimité: il y a plus de trois millions de géocaches dans 190 pays à travers le monde. Et le district de Porrentruy n’est pas en reste, avec de nombreuses caches autour de Courtedoux, Fontenais et Villars, dans le Clos du Doubs, et d’autres disséminées ici et là. À moins donc que vous passiez l’été en Corée du Nord, il est à peu près sûr que vous pourrez «géocacher» sur votre lieu de vacances, si le cœur vous en dit. CLJ

Article paru dans notre édition abonnés n° 458 du 19 juillet 2018

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