Le Lycée cantonal se bat toujours pour son option musique

Des élèves de l'option musique au Lycée cantonal lors de concerts. © Lycée cantonal

PORRENTRUY Il y a un an, mi-janvier pour être précis, le Lycée cantonal réunissait les anciens élèves de l’option spécifique musique pour un concert dont l’objectif, avoué, était de promouvoir cette filière. Hélas, l’opération s’est soldée par un échec: la classe n’a pas pu être ouverte à la rentrée. Mais le directeur Jean-Marc Scherrer et ses collègues ne baissent pas les bras.

Quatre: c’est le nombre de candidats qui s’étaient inscrits en option spécifique musique l’an dernier. Il en aurait fallu le double. La classe n’a donc pas été ouverte, au grand dam des étudiants concernés: «Leur première réaction? Ils sont fâchés, et on les comprend», note le directeur du Lycée cantonal Jean-Marc Scherrer. Bon gré mal gré, ils s’orientent ensuite vers d’autres filières, comme le droit, l’économie ou les langues, et prennent la musique en option complémentaire, ce qui fait tout de même une sensible différence: l’option spécifique s’étale sur les trois années de lycée, avec deux heures par semaine en 1re et en 2e et six heures en 3e année; l’option complémentaire ne débute qu’en 2e année et le pensum est restreint: deux heures par semaine en 2e et trois heures en 3e.

Ce n’était pas la première fois que la situation se présentait: «Les derniers élèves de l’option spécifique musique ont reçu leur certificat de maturité en 2016», indique Jean-Marc Scherrer. Pour encourager les vocations et sensibiliser le public, le Lycée cantonal, en particulier les enseignants de musique Gilles Jolissaint et Mark Kölliker, a organisé le 13 janvier 2017 un concert réunissant quatorze anciens élèves de l’option spécifique musique dont le Journal L’Ajoie s’était fait l’écho quelques jours plus tôt. La soirée fut belle, mais l’objectif n’a donc pas été atteint.

Le «Roi David» l’année prochaine

Et cette année? «C’est maintenant que se font les inscriptions, on verra d’ici la fin du mois ce qu’il en est», indique Jean-Marc Scherrer. Le directeur n’envisage en tout cas pas de supprimer cette option de la liste. «Traditionnellement on enseigne les arts au Lycée, ce serait un appauvrissement si on laissait tomber la musique», insiste-t-il. L’établissement n’a d’ailleurs pas dit son dernier mot: le concert de la chorale, ce printemps, permettra aux élèves de l’option musique (complémentaire, donc) de montrer ce qu’ils savent faire. Et «en 2019, on prévoit quelque chose de plus conséquent, annonce Jean-Marc Scherrer. On aimerait monter le «Roi David» d’Arthur Honegger.» Le projet démarre actuellement, il s’agira d’abord de réunir les fonds nécessaires.

Reste une question: comment se fait-il que les cours facultatifs de musique des écoles secondaires fassent le plein (voir en page 9 notre article sur le concert des groupes de rock des Collèges Stockmar et Thurmann) et que le Lycée ne parvienne pas à réunir huit élèves pour ouvrir une classe? «Je suppose que certains d’entre eux vont à l’Ecole de culture générale, où il y a une filière musique», répond Jean-Marc Scherrer. De plus, «on a parfois entendu des remarques dévalorisantes sur la maturité théâtre, par exemple. Je ne sais pas si cette opinion est partagée au sujet des études de musique, mais en tous les cas, c’est faux: quelle que soit l’option spécifique choisie, les examens à la fin sont les mêmes pour tout le monde. Il ne s’agit pas d’une maturité au rabais.» Qu’on se le dise.

Claire Jeannerat, 8 février 2018, N° 435

C’était il y a un peu plus d’un an dans le Journal L’Ajoie :

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(© Editions L’Ajoie )