Le mois de janvier, quand tout arrive sauf la paye…

DISTRICT Pour pouvoir faire ses cadeaux Noël, le salaire de décembre arrive traditionnellement plus vite durant le dernier mois de l’année. Chouette. Oui, sur le moment. Car quand s’en vient janvier, une fois les fêtes passées, comme ils sont longs, les jours avant la nouvelle paye! Pour vous aider à patienter, voici quelques trucs pour éviter de vous endetter.

Les plaques de la voiture, les assurances, les taxes annuelles… Chaque début d’année, c’est le coup de massue. Il faut payer, encore plus que d’habitude, alors que le salaire, lui n’a pas – ou que peu – augmenté. Certains, pour arriver à boucler le mois, mettront de côté l’une ou l’autre facture, les impôts, l’assurance maladie… Puis les mois se succéderont et la pile d’impayés grandira. À tel point qu’ils décideront peut-être de faire un crédit pour régler tout ça. Mais les intérêts s’accumuleront eux aussi, comme de nouvelles factures… C’est ça, la spirale infernale de l’endettement.

Mais avoir des dettes, au-delà du fait que ça coûte très cher notamment en frais de rappel, n’est pas chose agréable et peut ruiner la santé. Stress, insomnies, angoisses… Par chance, on ne le sait sans doute pas assez, mais il existe des aides. Pas forcément financières, non, des aides pratiques, pour vous soutenir dans vos démarches et vous accompagner jusqu’à ce que votre situation s’assainisse.

Première chose à faire pour éviter l’endettement: un budget annuel. © Caritas

D’abord y voir clair

La première chose à faire quand on est un peu «sous l’eau» financièrement, c’est d’établir son budget pour avoir une vision claire de ce que l’on gagne et de ce que l’on dépense. Dans le Jura, la Fédération romande des consommateurs propose ce service pour une modique somme, dans un endroit neutre, c’est-à-dire les locaux de la FRC à Delémont. Mais l’interlocuteur privilégié dans de telles situations, c’est Caritas Jura qui, en plus du budget, peut assurer un soutien jusqu’au total désendettement. «Nous avons signé un contrat de prestations avec le Canton du Jura, précise la Bruntrutaine Maïka Renaud, conseillère en gestion de dettes, raison pour laquelle nos prestations sont gratuites.» Chaque année, ce sont quelque 150 demandes qui sont déposées auprès de l’antenne jurassienne de l’institution, mais «souvent les gens font appel à nous quand la maison est déjà en feu…», regrette l’Ajoulote. Vous l’aurez compris, plus vite les choses sont prises en main, plus c’est facile de trouver des solutions. Car oui, il y en a.

Quelques trucs et astuces

«La première chose à faire, c’est préserver son minimum vital, c’est à dire payer son loyer, l’électricité et ne pas négliger sa nourriture, conseille Maïka Renaud. Puis il faut mensualiser ses dépenses annuelles. Lors du budget, on regarde les factures que l’on reçoit une fois l’an et périodiquement comme l’assurance de la voiture ou les taxes pour les ordures, mais aussi la franchise et la quote-part de l’assurance maladie, et chaque mois, on met de côté une somme qui permettra de les payer le moment venu. Ensuite, il ne faut pas hésiter à appeler les créanciers pour demander des arrangements de paiement. En général, ils sont tout à fait ouverts à des remboursements échelonnés, et surtout ça évite les frais de rappel ou de poursuite.» Et la conseillère d’insister: «Surtout, évitez à tout prix de contracter un soi-disant «petit» crédit pour payer vos dettes! Car cette dette s’ajoutera simplement à vos factures et vous entrez ainsi dans une nouvelle spirale, celle du surendettement.»

D’autres démarches peuvent aussi permettre de substantielles économies. «Il faut comparer, voire changer chaque année votre assurance maladie de base, ne pas hésiter à prendre la moins chère, car les remboursements sont les mêmes pour tous. Ça vaut vraiment la peine, assure la conseillère en gestion des dettes. Vérifiez si vous avez droit à un subside de la part du canton pour payer vos primes. N’hésitez pas non plus à comparer les offres en matière de télécommunications et n’omettez pas de lire les tout petits caractères du contrat avant signature, car là aussi il peut y avoir de grosses différences de tarifs. Enfin, si vous avez vraiment un petit budget, vous pouvez entreprendre des démarches auprès du Service social pour obtenir d’autres soutiens, comme par exemple le paiement intégral de votre assurance maladie.» Relevons que les personnes au bénéfice d’une rente AI seront suivies par Pro Infirmis, et celles à l’AVS par Pro Senectute.

Un reportage d’Élise Choulat publié le 31 janvier 2019, N°482
Submergé de dettes? Caritas peut vous aider. © Caritas

Des Ajoulots témoignent
Jessica (prénom d’emprunt) vient de faire appel à Caritas. «Notre situation financière était relativement stable, relate-t-elle, jusqu’à ce qu’un membre de notre famille ne tombe malade. Nous n’avons eu plus qu’un seul salaire et durant une année, nous avons mis nos impôts de côté. Sur le moment, nous avions d’autres priorités, mais tôt ou tard, la réalité nous rattrape et nous avons reçu des rappels et des menaces de mise en poursuites… Nous avons donné toutes nos économies, mais ça n’a pas suffi pour tout rembourser.» Soutenue donc par l’institution et après une analyse très précise de la situation, Jessica vient de faire une demande de remise d’impôt. «Nous ne connaissions pas cette possibilité, admet la mère de famille. Il semblerait que sous certaines conditions très strictes ce soit envisageable. Nous n’avons pas encore reçu la réponse, mais déjà rien que le fait d’en avoir parlé, d’avoir pris les choses en mains, on se sent moins stressés..
Sophie (prénom d’emprunt), elle, s’est retrouvée dans une situation encore plus dramatique. Mais en mars prochain, après trois années épaulée par Maïka Renaud, elle terminera son désendettement. «J’ai un peu toujours eu des soucis avec les impôts, se souvient-elle. Un jour, j’ai eu la «bonne» idée de commencer à payer avec des cartes de crédit que, soit dit en passant, l’on obtient très – trop! – facilement. Car quand il faut rembourser, c’est une autre histoire…» L’Ajoulote s’adresse alors à sa banque qui lui suggère… de contacter un organisme de prêt! «Là aussi, c’est facile d’obtenir un crédit. Il suffit de présenter trois feuilles de salaire, d’indiquer le montant de son loyer et de répondre à un questionnaire vraiment ridicule pour qu’on nous prête de l’argent, même des grosses sommes, regrette la jeune femme, agacée. C’est un engrenage, après on a les cartes de crédit et le prêt à rembourser avec des intérêts, et les tranches d’impôt continuent à s’accumuler…» Arrive un jour une facture de dentiste. «C’était devenu ingérable, c’est là que j’ai décidé de m’adresser à Caritas. Mais ça n’a pas été facile de faire le pas. Je pensais que cette institution n’était faite que pour les «cas sociaux»… Et puis, il faut être transparent, se mettre à nu… Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’ils n’étaient pas là pour me juger, mais pour m’aider.» Finalement, Sophie obtient un prêt sans intérêts de la part du Canton du Jura, prêt qu’elle finira donc de rembourser dans deux mois. «C’est fou, mais même avec 850.- par mois de remboursements, je vis mieux qu’avant! Et je n’ai plus le stress d’ouvrir ma boîte aux lettres, je revis!» ECH

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