Le paradis de Maya et ses chiens

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BEURNEVÉSIN L’Ajoie recèle décidément d’innombrables surprises. Saviez-vous que depuis 2018 s’y niche un élevage de bouviers de l’Entlebuch? Maya Kramer et sa chienne Babusch ont accueilli au mois de juin suivant leur première portée ajoulote.

Ils sont six, trois mâles et trois femelles. Par cette chaude journée de juillet où nous leur avons rendu visite, ils sommeillent, bien à l’abri du soleil sous un parasol, guère émus par le regard attendri que leur jette cette inconnue armée d’un appareil photo. Tout le contraire de leur mère, Babusch vom Wolfslaile, qui veille jalousement sur le repos de sa progéniture. On la comprend d’autant plus que ces chiots nés le 15 juin sont ses premiers bébés, la première portée aussi née à Beurnevésin dans l’élevage de bouviers de l’Entlebuch de Maya Kramer.

Maya et ses chiennes Hilly et Babusch étaient arrivées en Ajoie un an plus tôt, en provenance du canton de Thurgovie. Ce qui les a amenées à Beurnevésin? Le hasard, tout simplement: «Je cherchais une maison à vendre n’importe où en Suisse, et je suis tombée sur cette annonce d’une agence immobilière», explique Maya dans un excellent français hérité de sa mère fribourgeoise. Et comme le hasard fait, on le sait, très bien les choses, elle n’aurait pu rêver mieux: «Ici c’est tranquille, il y a le choix pour les promenades, et puis si les chiens aboient les gens ne disent rien, ils en ont tous!»

Une liste d’attente

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Amoureuse des animaux de longue date – elle a toujours eu des chiens et possédait autrefois des chevaux –, Maya Kramer s’est lancée dans l’élevage parce qu’elle «cherchait un hobby pour [sa] retraite», explique-t-elle. Depuis lors, Hilly lui a donné quatre portées, soit une vingtaine de petits qui ont tous rapidement trouvé un nouveau propriétaire. «J’ai toujours une liste d’attente. Les bouviers de l’Entlebuch sont un peu plus rares que d’autres races, ça facilite la vente», observe l’éleveuse. Un peu plus petits que leurs cousins les bouviers bernois, ces chiens ont également le poil plus court, raison pour laquelle «ils ne sentent jamais», assure Maya. Ce sont des chiens adaptés aux familles, qui aiment les enfants et détestent la solitude, précise-t-elle encore.

Un papa allemand

Enfin, cela va sans dire, les chiens de Maya Kramer sont tous munis de papiers, vaccinés, testés et issus des meilleurs croisements possibles. Les six chiots qui s’ébattent dans le tout nouveau parc aménagé à leur intention ont pour père un certain Ben von der Schiessmaurer, domicilié à Haarburg, quelque part entre Stuttgart et Karlsruhe. «Il y a beaucoup plus de choix en Allemagne», précise l’éleveuse, qui n’a donc pas hésité à séjourner quelque temps sur place, le temps que Ben et Babusch fassent plus ample connaissance.

D’ici quelques semaines, Olympia, Oh Sergent Pepper et leurs frères et sœurs quitteront donc la maison de Beurnevésin. Comment vit-elle ces multiples séparations, Maya, elle qui veille quasi maternellement sur ses petits protégés? «On essuie parfois une larme quand ils s’en vont, mais on sait depuis le début que ça se passera comme ça, alors ça va.» Et puis il faut bien faire de la place à la portée suivante, encore que Maya Kramer préfère ménager ses chiennes… et se ménager elle-même. Car entre les jeux, les promenades, les repas, la lessive, et on en passe, «c’est quand même beaucoup de travail», souligne-t-elle. Un hobby de retraitée, peut-être, mais de retraitée passionnée, c’est certain.

Claire Jeannerat

Article paru dans notre édition abonnés n° 508 du 14 août 2019

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