Le restaurant Sur-le-Mont revit depuis seize ans grâce à «Gaby»

La terrasse du Mont-de-Cœuve est très prisée à la belle saison. © Restaurant Sur-le-Mont

CŒUVE Dans un cadre de verdure, le restaurant du Mont-de-Cœuve, comme on l’appelle communément, propose une cuisine simple mais de bon goût concoctée par la patronne, Gabrielle Bürki, avec des produits régionaux. La clientèle, essentiellement locale elle aussi, en redemande.

On dit souvent, et cela se vérifie souvent aussi, qu’il faut être né dans un bistrot pour tenir le coup dans le métier. Il y a pourtant des exceptions à la règle, et Gabrielle Bürki en est une. Native de Buix, employée de commerce de profession, elle a racheté avec son ex-mari le restaurant Sur-le-Mont, à Cœuve, en 2002. Tombé en faillite quelques années plus tôt, l’établissement n’était plus exploité. Un restaurant de 50 places, plus 80 en salle à manger et 60 sur la terrasse couverte, on en connaît qui auraient reculé devant l’ampleur de la tâche. Mais pas Gabrielle Bürki: seize ans plus tard, elle a fait de Sur-le-Mont une affaire qui tourne. Il faut lui poser la question pour qu’elle le dise, car elle n’est pas du genre à s’étendre sur ses succès, mais «c’est plein régulièrement».

Le Mont-de-Cœuve, c’est d’abord un cadre idyllique, à l’écart des grands axes, en pleine campagne. Dans ce contexte, la terrasse est forcément l’un des atouts majeurs du restaurant, et «Gaby» a eu l’excellente idée d’aménager juste à côté une belle place de jeux pour les enfants. Ce qui donne aux parents deux bonnes raisons (au moins) de faire le déplacement: profiter d’un moment de détente pendant que les petits s’amusent en toute sécurité, c’est quasiment la garantie d’une après-midi ou d’une soirée réussie.

Gabrielle Bürki est depuis 2002 l’âme du restaurant Sur-le-Mont, à Cœuve. Claire Jeannerat © Editions L’Ajoie

La friture et les filets en tête du hit-parade

Côté cuisine, Gabrielle Bürki a misé sur un savoir-faire familial et traditionnel. A la carte, on trouve par exemple du jambon à l’os, des fondues (au fromage, Bacchus, paysanne, chinoise ou bourguignonne), des steaks de bœuf ou de cheval, des pieds de porc, le tout accompagné de frites ou de röstis. Mais «ce qui marche vraiment bien, confie la patronne, qui est aussi aux fourneaux, c’est la friture de carpe, qui vient de chez Choulat à Grandgourt, ainsi que les filets de perche et, depuis peu, les filets de truite, de chez Choulat aussi.»

La «grillade du Mont», une assiette qui assortit bœuf, dinde, cheval et salade mêlée, rassemble également de nombreux suffrages à la belle saison. Tout comme les propositions du mercredi (steak de cheval, frites et salade), du jeudi (escalopes de porc à la crème, frites et salade) et du vendredi (entrecôte, frites, salade), à des prix doux, qui offrent une alternative appréciée au menu du jour – et qui sont aussi servies le soir, soit dit en passant.

Des légumes du jardin

Ce qui est valable pour la friture de carpe et les filets de truite l’est aussi pour le reste: les fournisseurs de Gabrielle sont pour la plupart locaux. La viande vient d’une boucherie ajoulote, les pommes de terre (car les röstis sont «maison») d’un agriculteur de Fontenais, les légumes de maraîchers du coin et même, en été, «de l’énorme jardin de ma maman, à Buix.»

On le voit: ce métier qui n’était pas le sien, Gabrielle Bürki l’a embrassé avec enthousiasme et elle s’y épanouit. Certes, il ne faut compter ni son temps ni ses efforts, mais «c’est mon choix, et il y a de bons côtés, surtout la relation avec les clients», constate-t-elle. Il y a aussi le cadre, qu’elle apprécie toujours autant, et les chevaux. Les chevaux? «J’ai toujours voulu en avoir, confie-t-elle, c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu m’installer ici.» Aujourd’hui remariée à un éleveur de franches-montagnes, elle a donc réalisé son rêve.

Restaurant Sur-le-Mont à Cœuve, ouvert tous les jours sauf le mardi, renseignements et réservations au 032 466 46 66 ou à l’adresse surlemont@bluewin.ch, www.juragourmand.ch/sur-le-mont

Un article de Claire Jeannerat, paru dans notre numéro spécial trimestriel N° 444 du 12 avril 2018