Le rêve de gosse de Thibaut Henry

La première réussie de Thibaut Henry en Swiss League. © Mauricette Schnider
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PORRENTRUY Comme Bastien Pouilly et Malo Gfeller, Thibaut Henry fait partie de ces hockeyeurs qui ont, depuis tout petits, porté avec fierté le maillot jaune et noir sur leurs épaules. Aujourd’hui arrivé aux portes de l’élite, le Bruntrutain a eu l’honneur d’être aligné avec la première équipe pour la première fois en novembre 2019.

Aussi loin qu’il s’en souvienne, Thibaut Henry a toujours joué au hockey sur glace. «Je devais avoir 4 ans ou 4 ans et demi. Je ne sais plus trop pourquoi mais j’ai voulu essayer. Depuis, je n’ai plus lâché.» Et le jeune garçon a bien grandi. Aujourd’hui âgé de 17 ans (c’était donc en 2019, ndlr), le Bruntrutain est un hockeyeur en devenir et un étudiant appliqué. Pensionnaire de la structure Sports-Arts-Études au Lycée cantonal de Porrentruy, il est aussi l’un des joueurs majeurs des U20 Top du HC Ajoie. Et si ses frères de 16 et 8 ans patinent eux aussi pour le club de la capitale, Thibaut a, en quelque sorte, montré la voie dans la famille Henry. «Mon père est un fan du HCA depuis toujours, tempère modestement le jeune homme. C’est sûrement de là que nous vient cette passion pour le hockey.»

En attendant son heure. © Mauricette Schnider

Une passion que l’Ajoulot vit à 100 à l’heure, chaque semaine, en parallèle à ses études. «C’est sûr qu’entre les entraînements, les matchs et les déplacements à l’autre bout de la Suisse, c’est très intense. C’est un investissement physique quotidien et, quand on a enfin le temps de se reposer, on doit enchaîner avec les cours et les devoirs.» Mais comme souvent et pour toute chose, les efforts consentis depuis de longues années par Thibaut Henry ont fini par payer, le 10 novembre 2019. «C’était le dimanche de la Saint-Martin. J’avais été convoqué par Gary Sheehan pour m’entraîner avec la première équipe. À la fin de l’entraînement, il nous a laissé entendre, à Malo (Gfeller, ndlr) et à moi, qu’on ferait peut-être partie du contingent le mardi suivant, lors du match à domicile contre Thurgovie.»

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Appréhension et plaisir

Dans la tête du jeune Ajoulot, c’est le feu d’artifice: jouer un match au Voyebœuf, avec le maillot jaune et noir sur les épaules, devant les potes et les proches, c’est un rêve qui est sur le point de devenir réalité. «En même temps, ce n’est rien d’exceptionnel non plus. Je ne suis pas le premier à qui cela arrive», note modestement une fois encore l’intéressé, avant de poursuivre: «Mais c’est vrai que le lundi, quand j’ai reçu la convocation de Gary et que j’ai su que j’allais jouer, ça a été assez fou. Je me suis revu enfant à aller au match et à m’imaginer qu’un jour ce serait peut-être moi…»

Aligné dans le quatrième bloc, aux côtés de notamment de Steven Macquat et de Fabio Arnold, Thibaut Henry vit ses premières secondes sur la glace avec un brin de fébrilité et d’appréhension. «J’étais complètement stressé en fait. J’en étais presque à prier pour ne pas trop jouer, histoire de ne pas faire trop d’erreurs et d’éviter de me planter.» Mais les premiers coups de patins du jeune Ajoulot se passent bien, la confiance monte et, finalement, le plaisir arrive. «J’ai fait une dizaine de shifts et tout s’est super bien passé. Quand la sirène a retenti à la fin du match, j’étais là: « Non, c’est pas possible que ce soit déjà fini…  Je veux encore jouer »», rigole Thibaut Henry. Saluée par le staff de l’équipe fanion du HCA, cette grande première dans l’élite du hockey suisse en appellera peut-être d’autres. «Je n’ai pas envie de trop me projeter. Mais c’est sûr que si Gary a encore besoin de moi, je serai prêt», note le jeune homme, avant d’ajouter: «Cette année, il y a un vrai intérêt de la part de Vincent (Léchenne, ndlr) et Gary pour les juniors. C’est hyper valorisant pour nous!» Affaire à suivre, donc?

Sébastien Fasnacht

Article paru dans notre édition abonnés n° 524 du 5 décembre 2019

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