Le tatouage, par amour pour le dessin

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BUIX Ils sont les seuls à pratiquer ce métier dans le district: Marion et Fabrice sont tatoueurs. En couple à la ville comme au travail, ils accueillent leur clientèle dans leur institut situé au cœur du village de Buix. Nous les y avons rencontrés.

Marion et ses lunettes, Fabrice et sa barbe: les deux têtes de mort du logo du Millenium Institut sont à l’image des patrons du lieu: sympathiques et décalées. Fixée devant la bâtisse sise au numéro un de la route de Montignez, cette enseigne est d’ailleurs le seul signe distinctif de ce qui s’avère être le dernier commerce du village depuis la fermeture du Restaurant Helvétia. Et lorsque vous passez le pas de porte, pas de doute: vous êtes à la bonne place! Canapé en cuir capitonné, ancien flipper, Harley Davidson et portrait d’Elvis Presley participent à l’ambiance rock n’roll du lieu. À l’étage, le grésillement de la machine à tatouer vient compléter le tableau.

Si ça ne fait «que» deux ans que Fabrice et Marion ont installé leur institut à Buix, ils ne sont pas novices dans leur domaine. «Fabrice a travaillé durant 17 ans à Delémont, moi je l’y ai rejoint il y a quatre ans, relate Marion qui, soit dit en passant, a choisi de ne pas dévoiler leurs noms de famille. Mais la vieille ville se meurt, nous n’avions pas de passage. On s’est dit finalement que ça ne ferait pas de différence si on venait s’installer à Buix. Fabrice est un enfant du village et on avait l’opportunité d’aménager cette grange, alors on s’y est installés en 2016.» Et depuis, leur carnet de rendez-vous ne désemplit pas!

Les seuls tatoueurs du district sont à Buix. © Millenium Institut

Un travail d’artiste

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«Nous avons chacun notre spécialité, poursuit la tatoueuse alors que son compagnon termine son travail à l’étage. Fabrice fait des portraits, des dessins réalistes; moi je fais des choses plus graphiques, plus ornementales. Les mandalas et le floral sont actuellement très à la mode.» Car non, le tatouage n’échappe pas au phénomène des modes! «Il y a des incontournables, comme le signe infini et l’envolée d’oiseaux, le papillon, le pissenlit… À une époque, on faisait beaucoup de tribal, puis tout ce qui faisait référence à Johnny Hallyday comme le loup, l’aigle… Aujourd’hui, les gens recherchent des choses un peu plus graphiques ou alors demandent le portrait de leur enfant, un animal de la famille, un proche disparu… Il nous arrive aussi souvent de recouvrir d’anciens tatouages qui ont mal vieilli. Tout le monde se tatoue désormais, c’est devenu un véritable accessoire de mode!»

Un véritable moyen d’expression

Des choses que vous refuseriez? «Les prénoms des conjoints!, répond du tac au tac Fabrice qui nous a rejoints. Et bien sûr tout ce qui est en lien avec certaines idéologies, comme une croix gammée par exemple.» Notons qu’ils ne font pas non plus de maquillage permanent et qu’ils n’acceptent les mineurs que dès 17 ans avec l’autorisation de leurs parents, «et pour des petits symboles», complète Marion. Car, dans le cas d’un dos, d’une jambe ou d’un bras complet, la réalisation du tatouage peut demander plusieurs jours de travail. Mais pour Fabrice, ça ne pose pas de problème, bien au contraire. «Pour moi, c’est un moyen d’expression, c’est une très vieille passion. J’aimais énormément le dessin, mais c’était très difficile d’en vivre. Alors que j’avais 18 ans, je suis allé me faire tatouer, comme n’importe qui. J’ai discuté avec le gars qui a accepté de me prendre avec lui… Car il n’y a pas vraiment de formation, c’est un métier qui n’a jamais été reconnu et qui s’apprend à la pratique.»

Un article d’Élise Choulat, publié le 18 octobre 2018, N°469

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