Léa Bonvallat, sa draisienne solidaire et ses projets

La lauréate du 8e Prix jeunesse Jura 2018. © Léa Bonvallat
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MIECOURT Elle est la lauréate du 8e Prix jeunesse Jura 2018: la Barotchaise Léa Bonvallat, étudiante en design industriel à Lausanne, s’est vue remettre 5000 francs pour son projet de draisienne en bois réalisée par des personnes handicapées. Elle est notre invitée de la semaine.

Journal L’Ajoie: Léa Bonvallat, expliquez-nous peut-être d’abord les caractéristiques de votre petit vélo en bois?

Pour cet objet, le mot d’ordre était la simplicité. Seules 3 machines sont nécessaires pour le construire: une scie circulaire, une perceuse à colonne et une petite machine multi-usage de type «Dremel». La draisienne se compose de tourillons en bois de taille standard disponibles dans le commerce. Elle se présente sous forme de kit à monter soi-même à l’aide d’un mode d’emploi.

Quelle est l’origine de ce projet?

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Suite à un semestre en collaboration avec un atelier protégé du canton de Vaud, j’ai été sensibilisée à l’importance de créer des objets simples. La draisienne a été le résultat de cette expérience. Je suis sensible au choix des matériaux que j’utilise pour mes objets. Le bois a de nombreux avantages: notamment sa robustesse et sa durabilité. Il est également très présent en Suisse ce qui en fait le matériau idéal. Je trouve que les objets en bois ont plus de charme et sont synonymes de qualité. Le concept d’atelier protégé m’a toujours plu: je trouve important de pouvoir intégrer chaque individu dans le monde du travail et de valoriser des personnes en situation de handicap. Je pense également que la réalisation de beaux objets peut encourager les gens à s’intéresser davantage à ce genre d’institution.

Remporter ce prix Jeunesse Jura, ça représente quoi, pour vous, au-delà de l’aspect financier?

C’est la reconnaissance du travail que j’ai accompli jusqu’ici. Ce qui est intéressant dans le design c’est l’interaction qui se crée entre la personne et l’objet. Voir qu’un de mes objets peut avoir un réel impact sur les gens est pour moi une grande satisfaction. Le Jura est un endroit que j’apprécie particulièrement. Ce prix représente un réel encouragement pour moi et me donne envie de continuer à promouvoir cette région.

Ces 5000 francs, vous allez les utiliser comment?

Ils vont principalement servir au développement de ce projet. Notamment pour la réalisation d’autres prototypes et d’achat de matériel. Le développement d’une nouvelle gamme d’objets dans le même esprit que la draisienne pourrait également voir le jour grâce à cette somme. J’espère pouvoir la commercialiser bientôt mais avant cela, il faut trouver un atelier protégé motivé par ce projet, discuter de tous les aspects financiers ainsi que de la production. Plusieurs essais seront surement nécessaires avant de pouvoir lancer la fabrication de manière efficace. Je vais prendre des contacts assez rapidement mais je préfère terminer mon bachelor (juillet 2019) avant de commencer tout ce qui concerne la recherche et le prototypage et, finalement, avant la mise en production.

Vous étudiez actuellement le design industriel à Lausanne. Vous revenez souvent en Ajoie?

Je rentre tous les week-ends pour voir ma famille et mon copain. Le rythme à Lausanne est très soutenu. Revenir au Jura est pour moi un moyen de me ressourcer et de recharger les batteries. Plusieurs fois pour mes projets à l’ECAL, j’ai contacté des habitants de notre région: les gens sont accueillants et toujours motivés à m’aider.

Où et comment imaginez-vous votre avenir?

Un jour, j’aimerais créer mon propre studio de design et proposer des objets qui me ressemblent. Mais avant cela je compte d’abord travailler et faire des stages. Et pourquoi pas peut-être faire une formation complémentaire pour enseigner les activités créatrices manuelles ou textiles dans les écoles. L’idéal serait d’avoir un emploi fixe mais qui me permette de travailler à côté de façon indépendante, sur d’autres mandats. Je pense rester dans le Jura pour l’instant, mais pourquoi pas aller ailleurs en Europe, voire aux Etats-Unis, si l’occasion devait se présenter.

Propos recueillis par Élise Choulat le 13 décembre 2018, N°477

CARTE D’IDENTITÉ

Âge: 22 ans

État-civil: Célibataire

Domicile: Miécourt

Formation: Bachelor en design industriel

Emploi actuel: étudiante à l’École d’Art de Lausanne

Hobbies: dessin, couture, pâtisserie


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