«L’éducation, c’est vraiment la base du développement»

L’association a notamment fait construire un complexe scolaire à Lubumbashi, en RDC. © Les Écoles de l’Espoir
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PORRENTRUY Durant la pandémie de covid, certaines associations ont rencontré des difficultés pour mener à bien leurs actions, faute de financements suffisants. Kasongo Mutombo, président des Écoles de l’Espoir, nous parle de cette période compliquée, mais aussi de son nouveau projet pour l’éducation des enfants en Afrique.

Kasongo Mutombo, quelles sont les activités de votre association?

L’association Les Écoles de l’Espoir est une ONG à but non lucratif, créée en 1998 en Ajoie, dans la commune de La Baroche. Elle se compose uniquement de bénévoles et a pour but de construire des écoles en Afrique, puis de les aider à fonctionner jusqu’à ce qu’elles deviennent autonomes. Notre association met l’accent sur l’éducation, surtout des

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jeunes filles souvent moins bien loties que les garçons. Alors que plus tard, ce sont ces filles qui, devenues mères, devront s’occuper de leurs enfants, en les aidant pour les devoirs, en cuisinant de façon équilibrée… Comme elles n’ont aucune formation, elles ne peuvent pas développer de petits commerces au marché pour nourrir leur famille. De plus, ces femmes ne savent pas comment éviter les grossesses et peuvent avoir beaucoup d’enfants. Enfin, comme la polygamie existe encore dans la plupart des pays africains, les femmes se retrouvent souvent seules à élever leurs enfants, les maris étant absents des foyers. C’est pour toutes ces raisons que notre association soutient l’éducation des filles en leur trouvant un parrainage.

Pourquoi avoir choisi d’œuvrer plus particulièrement dans le domaine de l’éducation?

J’avais déjà travaillé pour un projet de santé au Congo, dans un dispensaire, qui distribuait des médicaments aux malades. Beaucoup d’entre eux revenaient le mois suivant avec les mêmes maladies, ils ne savaient pas comment les éviter. Je me suis donc dit que si nous arrivions à éduquer les gens, nous pourrions éviter cela. Apprendre à lire, à écrire, c’est pour toute la vie… Parmi eux, il y aura des médecins! L’éducation, c’est vraiment la base du développement.

Dans quels pays êtes-vous actif?

L’association est active dans deux pays: la Guinée Conakry, depuis la création de notre organisation en 1998, et la République Démocratique du Congo (RDC), depuis 2018.

Comment avez-vous choisi les territoires dans lesquels vous déployez vos projets?

Nous ne voulons pas nous disperser, c’est pourquoi nous ne sommes présents que dans ces deux pays. Nous avons choisi ces territoires en fonction du niveau d’alphabétisation.

Comment trouvez-vous les fonds pour financer vos activités?

Nous participons généralement à des manifestations comme le Monde des couleurs ou Tropicana pour vendre des repas, des crêpes ou des pâtisseries. Mais pendant les mois de pandémie de covid, où toutes les manifestations et fêtes ont été interdites, cela n’était plus possible. C’est donc uniquement grâce aux dons des membres de notre association que nous avons pu assurer les salaires des enseignants dans nos deux complexes scolaires, en Guinée et en RDC. Je profite d’ailleurs de cette interview pour les remercier toutes et tous. Parfois, nous recevons aussi un peu d’aide de la part des Communes. Mais ce sont surtout nos adhérents qui nous permettent de financer nos projets.

Vous avez récemment reçu un don conséquent d’un club de motards. Pouvez-vous nous en parler?

Lors de son assemblée générale, le Jura Chapter, groupe d’une soixantaine de motards passionnés de belles motos, a validé un don d’un montant non négligeable pour venir en aide à notre association. Comme durant la pandémie, nous n’avons pas vraiment réussi à remplir nos caisses, ce type de dons est très important pour nous. Nous remercions donc ces «blousons noirs» au grand cœur. J’en profite pour rappeler que n’importe qui peut nous soutenir: chaque don, même le plus petit, est toujours le bienvenu.

Quels sont vos grands projets pour cette année?

Notre projet dans un futur proche, et si nous collectons assez d’argent, c’est de construire un bâtiment qui abritera les ateliers professionnels, dans l’école qui existe déjà à Lubumbashi, en RDC. Des formations en mécanique automobile, couture, boulangerie ou en informatique pourraient y être proposées. Cela permettrait aux jeunes qui sortiront de notre école d’apprendre un métier et, plus tard, de trouver une place sur le marché du travail. Au Congo, comme dans la majorité des pays africains, la tendance chez les jeunes, c’est d’étudier jusqu’à l’université. Par conséquent, ces pays comptent de nombreux universitaires, mais ceux-ci ne trouvent pas de travail. C’est pourquoi nous luttons pour inverser la tendance.

Victor Schweizer

Pour soutenir l’association: www.ecolesespoir.ch

 

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