«Les Ajoulots disent frontalement ce qu’ils pensent!»

Jean-Claude Salomon, une vie au service du district et du canton. Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie
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ALLE Enfant de Courtedoux aujourd’hui établi chez les Cras, Jean-Claude Salomon a passé sa vie à tisser des liens entre les clubs, les associations et les sportives et sportifs de tous bords et de tous horizons. Un engagement qu’il poursuit aujourd’hui, par amour pour le sport et la région qui l’a vu naître.

Jean-Claude Salomon, vous avez été chef de l’Office des sports de 1979 à 2012. Aujourd’hui retraité, vous êtes dans les instances dirigeantes de plusieurs clubs, associations et sociétés. Votre engagement n’a donc pas de limite?
Jean-Claude Salomon: Quand j’ai pris ma retraite, j’avais deux choix: soit, avec mon épouse, nous quittions la région pour nous rapprocher de nos petits-enfants, soit nous restions ici et je poursuivais mon engagement pour le sport et le monde associatif. Et c’est mon épouse qui a tranché en disant qu’elle ne souhaitait pas quitter l’Ajoie! Mais attention, je ne me plains pas, bien au contraire (rires).

Et pourtant, à la base, votre épouse n’avait pas une folle envie de s’installer dans le Jura et en Ajoie…
Effectivement! Elle vient de Genève, moi de Courtedoux. À l’époque, nous avions décidé de viser entre les deux et d’habiter dans le canton de Neuchâtel, où j’étais maître de sport. Mais ça, c’était avant l’entrée en souveraineté du canton et avant que l’on me demande de prendre les commandes de l’Office des sports.

Vous êtes donc un Ajoulot pure souche: vous êtes né à Chevenez puis vous avez passé votre enfance à Courtedoux. Quels souvenirs en gardez-vous?
Mes parents étaient les patrons du restaurant du Creugenat. Du coup, comme ils étaient très occupés, on a passé pas mal de temps avec les grands-parents. Mais c’était une belle période, on jouait au foot dans la rue, sur la place de parc du restaurant…

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Vous avez, durant votre carrière, été le pivot du sport jurassien et pas seulement ajoulot. Mais comment définiriez-vous le caractère de vos compatriotes de district?
Professionnellement, on m’a souvent reproché d’être trop légaliste. Trop direct aussi. Et je pense que les Ajoulots ont ces deux qualités: ils sont rigoureux et ils disent frontalement ce qu’ils pensent. Ils sont également ouverts et volontaires.

Quels Ajoulots, ou Ajoulotes, vous ont particulièrement marqué au long de votre parcours?
À l’époque, lorsque le HC Ajoie n’allait pas fort et que le rachat de la patinoire par les communes était au centre des préoccupations du district, j’ai beaucoup côtoyé Charly Corbat et François Lachat. Leur passion, leur engagement et leur dévouement m’ont impressionné et ont forcé mon respect.

Une dernière question: vous avez baigné dans le sport jurassien pendant plus de trente ans. Quel sentiment avez-vous aujourd’hui vis-à-vis de celui-ci? Est-il sur la bonne voie?
J’ai eu la chance de vivre une période faste, avec des clubs dans l’élite nationale dans plusieurs sports majeurs. Au niveau associatif également, nous avions des forces vives, des gens motivés et investis. Aujourd’hui, c’est de moins en moins le cas. La société change, les priorités des gens aussi. C’est regrettable et problématique pour le monde associatif. Mais je crois que nous n’avons pas le choix. Il va falloir passer par là et se réinventer.

Propos recueillis par Sébastien Fasnacht

«LA JEUNESSE, L’AVENIR DE NOTRE MONDE»

Comme à tous les autres «interviewés ajoulots» jusqu’à ce jour, nous avons soumis à Jean-Claude Salomon trois illustrations de Guznag sur la ville de Porrentruy. Après une courte réflexion, notre hôte a choisi ce dessin des escaliers qui relient l’esplanade de Saint-Pierre à la Place des Bennelats. «Ce dessin me touche à cause des deux enfants qui y sont représentés… La jeunesse, c’est l’avenir de notre monde. On doit les encadrer, c’est sûr, mais c’est eux qui seront aux commandes dans quelques années. On doit prendre soin d’eux autant qu’on le peut!» SF

Article paru dans notre édition abonnés n° 488 du 14 mars 2019

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