Les dessous sales de la mode et comment en changer

Une image du documentaire "The True Cost", qui montre la face cachée de l’industrie de la mode. © Life Is My Movie Entertainment
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PORRENTRUY Incroyable mais vrai : il faut 5 mètres carrés de champ de coton et 2700 litres d’eau pour fabriquer un seul T-Shirt. Le saviez-vous? Probablement pas. C’est que si l’information abonde sur les dérives de l’industrie agroalimentaire, il n’en est pas de même pour celle de la mode et du textile. Pour y remédier, cinq Romands ont créé l’association Fair’Act, qui recense les bonnes adresses pour une mode responsable. Explications avec l’Ajoulot de l’équipe, Mathieu Voisard.

«Quatre-vingts milliards de vêtements sont produits chaque année dans le monde.» Mathieu Voisard s’interrompt, comme si cette information qu’il nous livre n’en finissait pas de l’ébahir. De fait, «c’est un chiffre effarant. Il y a forcément des impacts derrière cette production», poursuit-il.

La culture du coton est l’une des plus polluantes au monde.

S’il vit aujourd’hui à Vevey, après avoir étudié à Fribourg, Mathieu Voisard est né et a grandi à Porrentruy où son père tenait le magasin Telin Sports. Concepteur multimédia indépendant, il a découvert les dessous pas toujours très propres de l’industrie de la mode et du textile avec une camarade d’études, alors qu’il suivait une formation de conseiller en environnement auprès du WWF. C’est là qu’est né le projet Fair’Act, porté par cinq Romands qui tous veulent agir «pour une mode responsable» (c’est le slogan de leur association) et contre les impacts socio-environnementaux de l’industrie de la mode et du textile, «l’une des plus polluantes au monde

Plus de 200 adresses en Suisse romande
«On ne se rend pas compte de l’impact quand on achète un T-Shirt à 10 francs dans une grande enseigne», reprend Mathieu Voisard. Ce T-Shirt, il a fallu, tenez-vous bien, 2700 litres d’eau pour faire pousser le coton nécessaire à sa confection; coton qui, s’il n’est pas bio, met en péril la santé des hommes et des femmes qui le cultivent, tout comme est hypothéquée la santé, et même la vie, de celles et ceux qui le fabriquent. Personne n’a oublié les images de cet immeuble au Bangladesh qui abritait plusieurs usines de confection et dont l’effondrement en 2013 a causé la mort de plus de 1000 personnes.

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Pourtant, «86% des Romands changeraient leur mode de consommation s’ils étaient mieux informés sur les enjeux de l’industrie du textile», a révélé une enquête menée par Fair’Act en décembre dernier auprès de 600 personnes. Sensibiliser, c’est donc le premier objectif de l’association. Le second, c’est de proposer des solutions. «Acheter des marques éthiques; privilégier le commerce local, les créateurs suisses; faire attention aux labels; aller dans les vide-dressings, les trocs de vêtements, les magasins de seconde main; prendre soin de ses habits, aller chez la couturière ou le cordonnier pour les faire réparer; les donner, ou les éliminer correctement. Il y a toutes sortes de solutions», énumère Mathieu Voisard. Le site internet de Fair’Act, conçu par ses soins (il est le responsable web et graphisme de l’association) répertorie un maximum de celles qui existent en Suisse romande. Plus de 200 adresses y étaient recensées fin 2020, dont un certain nombre dans le district de Porrentruy.

Claire Jeannerat

Article paru dans notre édition abonnés n° 328 du 25 février 2017

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