Les petits trains d’un grand collectionneur

Patrick Riat paraît bien petit au milieu de son immense maquette. Danièle Gelin © Éditions L'Ajoie
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PORRENTRUY Patrick Riat collectionne depuis de nombreuses années les trains miniatures. Une annexe de quelques 80 mètres carrés, construite tout exprès dans sa villa, abrite une impressionnante maquette sur trois niveaux. Elle compte à peu près 200 locomotives et 2000 wagons, selon son collectionneur de propriétaire qui à vrai dire ne sait pas vraiment.

«C’est souvent comme ça quand j’ai des visites, c’est toujours pareil». Ça ne marche pas ? «Non ça ne marche pas». Patrick Riat grommelle et plaisante, puis disparaît sous la maquette pour réapparaître un peu plus loin, là où on ne l’attendait pas. «Il y a toujours quelque chose qui ne va pas, vous savez. J’appelle ça la psychose des visites», explique-t-il tout en s’affairant.

Des locomotives aux noms prestigieux

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Sa collection, Patrick l’a démarrée il y a environ cinquante ans, lorsqu’il était enfant et qu’il allait visiter sa grand-mère à Belfort. C’est en sa compagnie, à la cueillette de la camomille au bord de la ligne d’essais d’Alstom, que le virus l’a pris. De là est née une passion pour les trains miniatures qui se concrétise aujourd’hui par une belle collection.

Une vue de la maquette de Patrick Riat. Danièle Gelin © Éditions L’Ajoie

«J’ai le Moscou-Vladivostok, énumère notre passionné, et regardez celui-ci, il faisait la ligne du Gothard vers l’Italie. Celui-ci circulait en Allemagne pendant les années cinquante, il était destiné aux industriels parce qu’il roulait plus vite, à 160 km/h. Pour l’époque c’était rapide. J’en ai d’autres qui viennent des États-Unis, là le Baltimore, et la merveille des merveilles, la Big Boy, c’est un monstre». Les locomotives surnommées Big Boy furent les plus grosses locomotives à vapeur jamais construite, nous apprend-t-il. «Celle-ci est la Flèche d’Or, qui reliait Londres-Lille-Paris», reprend-t-il. Toutes ces locomotives sont en état de marche. Patrick Riat pointe ses préférées du doigt, expliquant que chaque machine a son histoire ou un petit nom charmant. «Tenez, celle-ci s’appelle la Cygne, c’est beau, non?»

Des églises et des nudistes

À l’âge adulte, Patrick Riat commence à construire des réseaux, avec à chaque fois des extensions supplémentaires. Celui-ci est le quatrième repris à zéro. Il fonctionne via le wifi, avec une console où toutes les possibilités sont offertes. Il faut un peu de connaissances en électronique et en électricité: les miniatures marchent sur du 16 volts. Mais «vous pouvez toucher, vous ne risquez rien, plaisante-t-il. Tout y est, le mouvement, la lumière et le son, jusque dans les clochers des églises.» Car en y regardant de plus près, on découvre sur la maquette des trésors de détails, des églises, des curés, des bâtiments, des fleurs, des voitures, des pompiers, des personnages minuscules et même quelques nudistes sur une montagne baptisée la montagne de Zeus.

Le souci des détails. Danièle Gelin © Éditions L’Ajoie

«Vous voyez, reprend notre interlocuteur, quand je clique ici, le train est censé aller sur la porte 25 par exemple, le trajet est préenregistré… sauf problème. Tous les rails confondus mènent à un réseau principal, un parcours qui fait le tour de la maquette en vingt minutes. Ils roulent à gauche hein, parce que les trains roulent à gauche, sauf en Allemagne.»

Chef d’entreprise dans sa vie professionnelle, Patrick Riat trouve dans sa collection et sa maquette «un refuge. Ici je ne pense à rien d’autre. Regardez, celui-là va partir». Les wagons s’allument et, subtilité, en prêtant l’oreille on entend même les portes se refermer avant l’annonce en gare. Puis le train s’ébranle, lentement, comme dans la réalité.

Danièle Gelin

Article paru dans notre édition abonnés n° 326 du 21 février 2017

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