Les sept péchés capitaux d’Yves Hänggi

L'artiste, Yves Hänggi, inaugure son nouvel atelier à Porrentruy. Crédit: Muriel Billig-Hänggi
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PORRENTRUY Yves Hänggi est illustrateur, peintre et graphiste et vit à Porrentruy, ville dont il a reçu le prix de la Culture en 2019. L’an passé, l’artiste a passé six mois à la Cité internationale des arts, à Paris. Une résidence d’artiste qui lui a permis d’être repéré par la prestigieuse revue Les Arts Dessinés…

A ccélérateur de la création artistique, les résidences d’artistes servent aussi à faciliter les rencontres, d’une part avec le public, d’autre part avec les médias. L’exemple d’Yves Hänggi en est la parfaite illustration! «J’ai reçu une bourse du Canton du Jura pour séjourner à la Cité internationale des arts qui se situe en plein cœur de Paris, près de la Seine. Des conditions idéales pour créer. Cette résidence regroupe plus de 300 artistes du
monde entier, c’est l’occasion de tisser des liens extraordinaires. J’ai ainsi fait la connaissance du rédacteur en chef des Arts Dessinés, que j’ai invité à une exposition de mes créations qui se tenait à Paris à ce moment-là.» Fort de cette rencontre, ce dernier a
ainsi pu publier son travail dans Les Arts Dessinés, une revue de référence dans le monde de l’illustration.

Huit pleines pages

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Dans chaque numéro publié par Les Arts Dessinés, un artiste différent est invité à interpréter, à sa façon, la thématique des sept péchés capitaux. Dans l’opus sorti en juin, Yves Hänggi a présenté une série inédite  de dessins illustrant l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse. Une carte blanche très appréciable!
Un parti pris audacieux et original qui lui a permis de se démarquer de ses illustres prédécesseurs. «J’avais envie de surprendre, sans forcément aborder frontalement le
thème. Ces dessins m’ont demandé beaucoup de travail. Le processus s’est fait par étapes: d’abord il fallait trouver l’idée, une cohérence, un style graphique, une ligne directrice,
un cadrage. J’ai mené beaucoup de recherches et rempli des dizaines de pages d’esquisses pour arriver à ce résultat.» Un résultat foisonnant, haut en couleur et riche en détails,
à l’image de son univers qui se nourrit d’illustration alternative contemporaine, de bande dessinée indépendante, de figuration libre, d’art populaire et d’art singulier.

Dessiner au gré des voyages

De mémoire, Yves Hänggi a toujours dessiné, mais il a longtemps combiné sa passion avec des activités plus rémunératrices: «J’étais organisateur d’événements culturels, puis en 2015, j’ai pris la décision de laisser tomber ces mandats pour me consacrer entièrement à la peinture et au dessin. Plus qu’un métier, c’est une aventure! J’arrive à en vivre,
mais c’est une activité en dents de scie. Il faut monter des projets, chercher des collaborations, organiser des expositions, tenter de publier… C’est ce qui est passionnant.» Son travail a fait l’objet d’expositions en Suisse, en France, en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis et à Madagascar, et a été publié chez plusieurs éditeurs indépendants suisses et français. Sa dernière exposition, Les Yeux ivres, a été présentée en février à la Halle Saint-Pierre, à Paris. Aujourd’hui, il se verrait bien exposer ses œuvres
au Musée international des arts modestes (MIAM), dans le sud de la France, à Sète. «J’aimerais pouvoir montrer davantage mon travail à l’étranger, sortir des frontières suisses. Ma publication dans Les Arts Dessinés marquera peut-être le début de nouvelles aventures, c’est une excellente carte de visite», conclut joyeusement Yves Hänggi.
Jusqu’ici, Tom Tirabosco, auteur de bandes dessinées installé à Genève, était l’unique Suisse à avoir apposé sa signature dans Les Arts Dessinés.

Caroline Libbrecht

www.yveshanggi.ch

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