Les Tchérattes, cette course mythique

Au départ d’Épauvillers, quand les jambes ne sifflent pas (encore) trop. Georges Henz © Les Tchérattes

ÉPAUVILLERS Vingt-deux kilomètres et demi carrément «mal plats», à avaler le plus vite possible et à la force des mollets, c’est le menu des traditionnelles Tchérattes, l’un des grands rendez-vous de la saison de course à pied. Retour sur la naissance de ce parcours pas comme les autres.

Épauvillers, début des années 80. Michel et Nicolas Maître sont des coureurs passionnés. Ils parcourent de long en large les sentiers de leur Clos du Doubs natal. Jusqu’au jour où leur vient une idée.  «On avait trois parcours de prédilection. Des boucles d’environ 50 minutes chacune, se souvient Michel Maître. On a discuté et on a décidé de les mettre ensemble et ainsi créer une course unique, longue et raide, qui irait du sommet au bas du Clos du Doubs!» Les Tchérattes viennent de naître.

La première édition est un succès! Cent vingt coureurs se pressent sur la ligne de départ et c’est l’enfant du pays, Arnould Beuchat, qui repart avec le trophée. Nous sommes en 1981. «A l’époque, il n’y avait qu’un parcours. Les coureurs étaient principalement attirés par la dureté du parcours et par le paysage.» Un peu comme aujourd’hui, en somme. «Absolument! Au fil des ans, les Tchérattes ont gardé ce côté atypique. Pour Épauvillers et la région, c’est également devenu un événement central, une grande fête de village», note Michel Maître.

La population d’Épauvillers décuple

Au bout de cinq ans, pour des raisons professionnelles et familiales, les frangins Maître prennent de la distance avec la course qu’ils ont créée. Le groupe sportif du cru attrape le témoin au vol et pérennisera les Tchérattes. «Aujourd’hui, un jour de course, la population d’Épauvillers décuple! On arrive facilement à 1500 personnes sur le site!» s’enthousiasme Michel Maître, désormais revenu aux affaires et facilement reconnaissable dans l’aire de départ et d’arrivée puisque c’est lui qui tient le micro. Course populaire, mais prisée des plus grands spécialistes régionaux de la discipline, les Tchérattes, c’est aussi un esprit. «C’est l’esprit de la course à pied. Il y a le côté compétition, c’est clair, mais il y a aussi et surtout une bonne ambiance, que l’on tient à conserver» indique Michel Maître.

Des Belges, des Français et des Anglais

Et si la recette des Tchérattes fonctionne depuis 1981, c’est grâce à l’implication de ses nombreux bénévoles d’une part et grâce aux nouveautés proposées aux sportifs au fil des ans. A Épauvillers, les quelque 650 coureurs et vététistes inscrits chaque année ont donc le choix entre plusieurs options, qu’ils soient néophytes ou expérimentés. «Il y a différents parcours, pensés en fonction de la taille des mollets des participants. C’est important car il y a des gens qui ne courent qu’une fois par année, aux Tchérattes! C’est ça aussi l’esprit de la course.» Un esprit régional qui rayonne sur l’ensemble du Clos du Doubs, et ce, depuis toujours. «La course à pied est un peu comme une grande famille. Dès les premières éditions, nous avons toujours eu à cœur de tisser des liens avec les coureuses et les coureurs, quel que soit leur pays d’origine! Nous accueillons donc régulièrement des Anglais, des Belges, des Français» détaille Michel Maître. Et quand on lui demande quelle édition des Tchérattes est la plus chère à ses yeux, la réponse fuse dans un éclat de rire: «C’est toujours la dernière! En attendant la suivante!» Rendez-vous donc le 4 août prochain, à Epauvillers.

Un article de Sébastien Fasnacht, paru le 19 juillet 2018, dans le N°458