Mais au fond, c’est quoi un Plan directeur régional?

Sébastien Fasnacht © Éditions L’Ajoie
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DISTRICT Le Plan directeur régional fait actuellement couler pas mal d’encre et de sueur au cœur des conseils communaux ajoulots. Document fondamental pour dessiner les coutours futurs du district, il doit être soumis au canton l’an prochain pour approbation.

Assis à la table d’un café de la vieille ville de Porrentruy, François Minger pose devant lui un épais dossier. Si nos calculs sont bons, à l’intérieur devrait se cacher ce que l’on cherche depuis quelques jours, soit la définition exacte et précise du mot «Plan directeur régional», ou PDR pour les intimes. Mais avant de nous laisser nous lancer à corps perdu à l’assaut de cette jungle épineuse et touffue, lieu de prédilection d’aventuriers courageux que l’on nomme aussi urbanistes ou aménagistes du territoire, il nous prévient de la dangerosité de transformer un tel concept en une définition simpliste et rédutrice. «Plutôt que de le résumer, il vaudrait peut-être mieux le détailler et l’expliquer», nuance-t-il. Loin de doucher notre enthousiasme, le maire de Courtedoux, par ailleurs directeur du Comité de pilotage de ce fameux Plan directeur régional, vient d’attiser notre curiosité.

Une volonté de fédérer à saluer

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Commençons donc par le commencement. Le PDR est, comme son nom l’indique, un plan censé répartir de manière cohérente les richesses démographiques et économiques d’une région. «C’est effectivement un outil qui va permettre aux communes d’Ajoie d’élaborer ensemble des stratégies afin de pouvoir grandir et se développer ensemble.» Découlant directement de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire, le Plan directeur régional est aussi une obligation. «Pour répondre aux exigences fédérales, la loi cantonale prévoit que les pôles régionaux que sont Porrentruy, Delémont et Saignelégier se dotent chacun d’un tel plan», précise Daniel Rieder, chef du Service cantonal du développement territorial. Mais en Ajoie, plutôt que d’élaborer une stratégie uniquement pour Porrentruy et sa couronne, il a été décidé, d’un commun accord entre les vingt et une communes, que le plan soit élaboré à l’échelle du district. «C’est assez exceptionnel pour être salué et souligné», poursuit Daniel Rieder. «Mais cela induit aussi une certaine complexité: il est plus compliqué à se mettre d’accord à vingt et un qu’à cinq ou à six.»

Redorer le blason du district, un objectif du PDR. (SF © Editions L'Ajoie)

 

Stratégies et fiches thématiques

Autre élément fondamental pour bien en saisir le sens, le Plan directeur cantonal est un outil d’aménagement du territoire. Il est donc censé permettre de régler tous les problèmes en la matière auxquels font face aujourd’hui les villages du district. «Pour résumer, il n’est pratiquement plus possible aujourd’hui d’ouvrir de nouvelles zones à bâtir dans les communes, note François Minger. Et ce que le PDR veut aussi démontrer, c’est que l’extension des zones à bâtir n’est pas une solution pour les communes. Nous devons aujourd’hui trouver d’autres manières de faire, d’autres alternatives et c’est là qu’intervient le PDR.» Réhabiliter les centres anciens, densifier les zones existantes, mieux répartir les habitants et les industries à l’échelle d’une région plutôt que d’une commune, voici ce que propose donc le Plan directeur régional. Oui, mais comment? «Nous devons nous mettre d’accord aujourd’hui sur les stratégies à mettre en place dans le futur et sur les moyens d’y arriver. Dans cette optique, nous avons défini les grands thèmes importants pour les communes ajoulotes et qui figurent dans la loi cantonale sur l’aménagement du territoire. Il y a l’urbanisation, les transports, la gestion des déchets, l’environnement, la nature et le paysage ainsi que le tourisme», explique François Minger.

Un plan effectif en 2021

Au final, le Plan directeur régional sera composé de fiches thématiques qui, assemblées les unes aux autres, donnera une vision claire de ce qui peut être fait ou non sur le territoire ajoulot, toujours dans une optique d’y répartir de manière pertinente les richesses économiques et démographiques futures. Ces fiches seront élaborées par le Comité de pilotage, composé de représentants d’autorités communales du district. «Notre projet doit être prêt relativement rapidement. Nous devons rendre notre copie au Canton dans le courant de l’année prochaine pour approbation, afin qu’il puisse devenir effectif en 2021», note François Minger.

«Ce n’est pas un programme de législature»

Si l’on résume, le Plan directeur régional pourra à terme être comparé à une grande boîte à outil à disposition des communes du district. Certains outils pourront être utilisés de manière indifférenciée par chacune d’entre elles pendant que d’autres, plus spécifiques, répondront aux besoins de certaines seulement. Mais tous ces outils auront le même but, une fois encore, permettre de modeler le territoire ajoulot afin qu’il réponde de la manière la plus pertinente possible aux défis économiques et démographiques de ces quinze prochaines années. Et Daniel Rieder de préciser, en forme de conclusion: «Il faut bien comprendre qu’un Plan directeur régional n’est pas un programme de législature. Il aura certes une influence à différents degrés sur l’avenir du district, mais il ne va résoudre que des problématiques liées au territoire et à son organisation.» Pour prendre un exemple concret, et si l’on a bien tout saisi ce qu’il ressort du volumineux dossier toujours posé devant François Minger, ce n’est donc pas le Plan directeur régional qui va permettre de faire venir immédiatement plus de monde en Ajoie. Par contre, c’est l’outil qui sera pertinent pour répartir au mieux et entre autres les nouveaux habitants potentiels dans les différentes communes du district.

Sébastien Fasnacht

Cet article a été publié dans notre édition abonnés du 26 septembre 2019. 
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