Malo Gfeller: premiers gros coups de patins

Malo Gfeller lors de son tout premier match en Swiss League. © Mauricette Schnider
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DISTRICT Comme Bastien Pouilly, Malo Gfeller est l’un des jeunes hockeyeurs ajoulots qui monte. À tout juste 16 ans, cet étudiant de Courgenay signait en novembre 2019 ses débuts en Swiss League. Une première expérience sur la glace d’un Voyebœuf qui l’a littéralement vu grandir.

Mardi 12 novembre 2019. Dans les vestiaires du Voyebœuf, plus précisément dans la pièce où sont d’habitude traités les blessés, Malo Gfeller et Thibaut Henry ajustent leur équipement. Dans quelques minutes, ils grifferont la glace d’un match de Swiss League pour la toute première fois. Une première fois à domicile, devant les potes et la famille. «Je crois que j’aurais été beaucoup moins tendu si le match avait eu lieu à Thurgovie, rigole Malo Gfeller. Là, c’était à la fois super excitant mais aussi assez bizarre de ne pas être dans les gradins avec les copains mais sur la glace.» Prêts et équipés, les deux juniors rejoignent leurs aînés dans le vestiaire principal. «Ils ont été incroyables. On a été super bien reçus. J’étais assis à côté de Bastien (Pouilly, ndlr) et il m’a vraiment bien épaulé. Vous savez, on parle sans arrêt de cette équipe qui gagne tout en ce début de saison, mais quand vous voyez l’ambiance qui règne dans le vestiaire, ce n’est pas un hasard à mon avis!»

Une famille de hockey

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Du haut de ses 16 ans, Malo Gfeller a littéralement le hockey dans le sang. Fils de Laurent Gfeller, un joueur qui a marqué le HC Ajoie des années 90, et frère de Colin Gfeller, joueur en devenir actuellement dans le contingent du HC Bienne, le jeune Ajoulot donne ses premiers coups de patins au Voyebœuf alors qu’il a à peine 4 ans. «Je m’en souviens bien, c’est mon père qui coachait les petits et mon frère faisait déjà du hockey. Je m’y suis mis parce que j’étais jaloux que mon frère ait mon papa que pour lui…»

Quatorze ans plus tard, la jalousie et la rivalité naturelle qui peuvent exister dans une fratrie sont oubliées. «On s’entend super bien avec Colin. On partage nos expériences, on se motive, on réagit quand l’autre fait un bon match ou une grosse action, c’est plutôt chouette.» Et même son de cloche à l’échelon familial supérieur. «Mon papa a vécu ce que l’on vit actuellement avec mon frère, du coup, il nous comprend et nous écoute sans nous pousser. Et ma maman, elle est tout simplement là pour nous! Même si parfois, et on peut le comprendre, elle en a un peu marre que ça parle hockey sans arrêt à la maison…», souligne Malo dans un sourire.

Un choix cornélien

En parallèle à ses quatre à six présences hebdomadaires sur la glace, Malo gère de front un cursus scolaire avec option biochimie au Lycée cantonal de Porrentruy. Un choix qui a été tout sauf facile à faire. «À la fin du collège, donc au début de l’année, j’ai eu une opportunité pour intégrer la filière de formation du HC Bienne. Évidemment, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai fait toute la préparation physique et puis j’ai commencé à me poser des questions.» Loin de ses potes d’enfance et de sa famille, Malo cogite. «C’était pas simple. Pour moi, le hockey est une chose mais les amis, qui sont aussi des hockeyeurs pour la plupart, et les études, c’est aussi hyper important.» Au final, après une longue réflexion, Malo décide de quitter Bienne et l’équipe nationale U16 pour rejoindre le HCA et commencer le Lycée. «J’ai vraiment hésité. C’était un déchirement de faire un trait sur tout ça. Mais aujourd’hui, je ne regrette rien. Bien au contraire!»

Une nouvelle convocation?

Retour sur la glace du Voyebœuf, ce fameux 12 novembre. Aligné à trois ou quatre reprises par tiers-temps, le jeune Malo signe une bonne prestation. «Le score était serré, je ne pensais pas jouer autant», analyse, à froid, le défenseur jaune et noir avant de poursuivre: «Depuis le début de la saison, on sent vraiment que Gary (Sheehan, l’entraîneur principal, ndlr) nous suit et s’intéresse à nos performances. C’est hyper motivant!» De là à espérer une nouvelle convocation avec la première équipe? «On verra. Si ça arrive, c’est tant mieux. Après, vous savez, je n’ai que 16 ans…»

Sébastien Fasnacht

Article paru dans notre édition abonnés n° 523 du 28 novembre 2019

 

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