Mario Botta peaufine sa copie

BONFOL Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas beaucoup que ça n’avance pas, bien au contraire! Le projet de réaménagement de l’ancienne décharge de Bonfol par l’architecte tessinois Mario Botta progresse. Malgré un retard important sur les prévisions de 2017, il devrait vivre ces prochains mois des étapes décisives en vue de sa réalisation.

Souvenez-vous: c’était au printemps 2017, le célèbre architecte tessinois Mario Botta était à Bonfol pour présenter son projet de réaménagement de la décharge industrielle du village, désormais totalement assainie par la chimie bâloise. Une réalisation d’exception devisée à 4,6 millions de francs comprenant l’un des murs de l’imposante halle d’excavation aujourd’hui démolie, et prévoyant la construction d’une tour de 40 mètres de haut, le tout intégré dans un ensemble boisé constitué, entre autres, de deux grands cercles de chênes de 400 mètres de circonférence chacun. Bref, un imposant projet pour parler du passé tout en misant sur l’avenir et la durabilité.

Aucune opposition!
Mais voilà, plus de deux ans ont passé et rien de concret n’a encore été entrepris sur place, alors que l’association Escale Bonfol, initiatrice du projet, prévoyait les premiers coups de pioche courant 2018. «On a pris beaucoup de retard, admet Yannis Cuenot, responsable du secteur «Land Art» au sein d’Escale Bonfol. Car on a dû faire pas mal de démarches aux niveaux cantonal et fédéral pour obtenir les autorisations nécessaires pour débuter le chantier. Il y a toute une procédure à suivre, c’est très compliqué, et même parfois aberrant… Par exemple, on a dû demander à la Confédération le droit de défricher… pour un site où il n’y a plus d’arbres depuis soixante ans!»

 

L’architecte tessinois présentant son projet pour l’ancienne décharge de Bonfol en avril 2017. Élise Choulat © Éditions L’Ajoie

 

Sur le plan communal, la population a par deux fois donné son aval au projet: en novembre 2018 en ratifiant une nouvelle convention avec la chimie bâloise prévoyant la conservation d’un des murs de l’ancienne halle d’excavation des déchets; et le 15 mai dernier en modifiant l’affectation du sol. Un pas important a également été franchi ce printemps: «On a déposé les plans publiquement en avril et on n’a reçu aucune opposition, ni de privés, ni d’organisations proches de l’environnement. Certaines nous ont même assurés de leur soutien!, se réjouit le responsable. Maintenant on est en fin de procédure. On n’attend plus que l’aval du Canton pour officialiser tout cela, et comme il nous avait déjà donné un préavis favorable…»

Prochaines étapes imminentes
Après près de dix ans de travail, l’association Escale Bonfol est donc enfin à bout touchant. «La chimie bâloise a fixé à fin 2019 le délai pour établir le permis de construire, précise Yannis Cuenot. Actuellement, on est en train de faire la démarche pour l’entier du dossier, y compris la construction de la tour. On est donc dans les temps.» Le projet a été scindé en deux phases, une première de deux millions de francs pour l’aménagement du mur et de ses environs. «On y a aussi intégré l’accès au site en draisine sur la voie de chemin de fer, initialement prévu dans la seconde phase», précise Yannis Cuenot. Viendra ensuite la construction de la tour estimée à 2,6 millions de francs. «À terme, on imagine lancer une recherche de fonds participative auprès de la population. Mais actuellement, on essaie d’obtenir un maximum de financements publics, et on va créer le 4 juillet prochain une fondation chargée de récolter des fonds privés. Elle regroupera des personnalités jurassiennes et suisses dont je ne peux encore vous dévoiler les noms. En parallèle, nous allons mettre en place un comité de patronage avec d’autres personnalités – Bertrand Piccard, René Prêtre, Elisabeth Baume-Schneider notamment – qui ont été d’accord de mettre leur image au service de cette cause.» Et Mario Botta dans tout cela? «Son implication donne une réelle crédibilité à ce projet porté par quelques irréductibles Helvètes du bout de la Suisse, sourit le responsable. Tout dernièrement, il a remis l’ouvrage sur le métier, il est en train de peaufiner ses plans et on n’est pas à l’abri de nouvelles surprises. On devrait avoir de ses nouvelles d’ici deux mois.»

Élise Choulat

 

POUR EN SAVOIR PLUS…

 

LES PLANS DU PROJET:

 

LE MUR ACTUEL: